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Les infos de Public Senat 

LES INFOS DE PUBLIC SENAT

2 mars 2010

Peillon à propos d’Arlette Chabot : "J’ai été très maladroit"

 

Rappelez-vous…c’était le 14 janvier dernier. Vincent Peillon qui devait participer à l’émission « A vous de juger » (France 2) sur l’identité nationale avait finalement décidé de pratiquer la politique de la chaise vide. L’eurodéputé estimait en effet que consacrer la première émission politique de l’année à ce thème avec Eric Besson et Marine Le Pen était « indigne et inacceptable ». Vincent Peillon en avait même appelé à la démission d’Arlette Chabot, la patronne de l’information de France 2.

Dans l’émission Déshabillons-les sur Public Sénat (diffusion mardi 16 mars à 22h30), l’eurodéputé socialiste reconnaît ses erreurs. « J’ai commis des fautes. J’ai été très maladroit sur la démission d’Arlette Chabot. C’est mon fils de 13 ans qui m’a dit tu ne devrais pas mettre ça. C’était mon seul conseiller. Je pensais qu’il était surtout bon en football. En fait il est meilleur que moi en politique ».

Regardez la vidéo :

 

 

 

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26 février 2010

"Vincent Peillon s’est fait le moto-crotte de la diffamation sur Internet"

 

Jean-Marc Fédida, avocat d’Alain Madelin, annonce qu’il va porter plainte pour diffamation contre Vincent Peillon. Le socialiste a fait référence hier à un article de 1965 dans lequel les noms d’Alain Madelin et Patrick Devedjian sont cités dans un fait divers. Pour l’avocat, il s’agit de « faits imaginaires ». Entretien.

Les faits qu’évoquent Vincent Peillon concernant Alain Madelin sont-ils véridiques ?

C’est une pure diffamation. L’article buzze sur Internet depuis plusieurs semaines et Vincent Peillon s’est fait le moto-crotte de la diffamation sur Internet.

S’agit-il d’une condamnation prescrite, comme pour la première qui concerne Ali Soumaré ?

Il n’y a aucune comparaison entre les deux positions. Que je sache, Alain Madelin n’est candidat à rien. Utiliser des faits imaginaires datant d’il y a 45 ans en se fondant sur un article qui serait paru à cette époque relève d’une conception de l’étiage du niveau du débat politique. C’est une technique politique abjecte. C’est surprenant de la part de quelqu‘un qui se prétend agrégé de philosophie. Les déclarations de Vincent Peillon, parce qu’elles mettent en cause une personnalité qui ne se situe pas dans la campagne électorale, sont bêtes et méchantes.

L’article du Petit varois est donc faux selon vous ?

Cet article est un buzz sur Internet qu’on a observé depuis quelques mois. Il ne repose sur aucune espèce de faits, de réalité.

Que comptez-vous faire ?

Tout ces propos sont diffamatoires. Il s’agit d’une atteinte à honneur et à la considération d’une personne qui ne se situe pas dans le débat politique. J’ai reçu pour instruction de la part d’Alain Madelin d’engager une action. Ce sera fait la semaine prochaine. Je vais saisir le tribunal de Paris d’une action en diffamation contre Mr Peillon au nom de Mr Madelin.

Recueilli par François Vignal

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26 février 2010

Bertrand répond à Peillon : "La polémique est la seule façon de faire parler de lui"

 

L’affaire Ali Soumaré, ou l’affaire à double détente. Après avoir troublé le camp socialiste, les dommages collatéraux concernent l’UMP. Il y a eu l’erreur sur l’homonymie. Les questions sur la façon dont l’UMP s’est procurée les documents. Aujourd’hui, c’est au tour du PS de contre-attaquer.

Ce matin, le socialiste Vincent Peillon a ressorti une vieille coupure de presse relatant un fait divers datant de 1965. Deux jeunes avaient été condamnés en correctionnelle pour une affaire de « vol d’une Simca 1000 (…) vol d’un moteur de bateau (…) vol de pièces d’identité (…) usage de fausses plaques d’immatriculation et enfin détention d’un pistolet 6,35 ». L’article du Petit Varois, que Public Sénat s’est procuré, donne les noms de ces deux « jeunes dévoyés » : Patrick Devedjian, actuel ministre de la Relance, et Alain Madelin, ancien ministre de l’Economie et des Finances. Au moment des faits qui leurs sont imputés, tout deux étaient membres du groupe d’extrême droite Occident.

Interrogé ce matin par Public Sénat, le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, répond au socialiste Vincent Peillon : « Mr Peillon, la seule façon de faire parler de lui, c’est quoi ? La polémique », lance le patron de l’UMP, qui insiste : « Mr Peillon est abonné à la polémique. Alors laissons la polémique à Mr Peillon ».

Regardez la réponse de Xavier Bertrand :

 


 

Rappelons qu’hier, le porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre a proposé que tout candidat à une élection doivent rendre public son casier judicaire et qu’une personne condamnée pour violences contre des personnes soit déclarée inéligible.

images : Aurelien Romano (texte : F.V.)

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25 février 2010

José Bové : « L’affaire Soumaré pue »

 

Frédéric Lefebvre, porte parole de l’UMP, veut qu’« il y ait un avant Soumaré et un après Soumaré ». Il propose que tout candidat rende public son casier judiciaire. « Ça ne me dérange absolument pas », affirme José Bové, interrogé par Public Sénat, tout en soulignant que l’idée est « contraire au droit ». Selon le député européen, « l’UMP s’est pris les pieds dans le tapis » avec l’affaire Soumaré. Entretien.

Frédéric Lefebvre propose qu’un candidat à une élection ne puisse se présenter « sans rendre public son casier judiciaire ». Une bonne idée ?

Sur le principe, ça ne me dérange absolument pas. Mais je sens un peu de démagogie là-dedans. Le problème, c’est que ce n’est pas la personne condamnée qui a son casier en main. Il y a ce qu’on appelle le casier 1, qui rassemble l’ensemble des condamnations, mais il n’est qu’à la disposition des magistrats. Quand on se présente à une élection, il y a une obligation, c’est de ne pas être inéligible. Dans le droit français il est reconnu que quand une personne a exécuté sa peine, la personne ne doit plus rien à la société. Donc dans cette opération mains propres, Frédéric Lefebvre fait une proposition contraire au droit français pour essayer de retourner la situation à l’avantage de l’UMP.

Le porte-parole de l’UMP fait une autre proposition : rendre inéligible un candidat « condamné pour violences contre des personnes ». Qu’en pensez-vous ?

Là aussi c’est la question de l’oubli. Etre inéligible à vie, ça n’existe pas dans le droit français. Alain Juppé a été condamné dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris à un an d’inéligibilité et a ensuite eu droit de se représenter à Bordeaux. Balkany, Emmanuelli, c’est la même chose. Je pourrais vous citer un magistrat, très célèbre en France, qui a essayé de faire dérailler des trains quand il avait 13 ans. Est-ce qu’un jour, on va lui dire « vous ne pouvez pas être magistrat » ? Qu’est ce que ça veut dire ?

Vous avez été condamné à plusieurs reprises. Imaginons que la mesure sur le casier judiciaire soit appliquée. Vous y plieriez-vous ?

Ça ne dépend pas de nous. C’est une décision qui doit émaner du Conseil constitutionnel. Moi ça ne me pose pas de problème, j’ai toujours assumé mes condamnations. Elles ont fait partie de mon combat. Mais la question, c’est le droit à l’oubli. Est-ce qu’une condamnation de plus de 10 ans doit être formulée ? Le droit est très clair là-dessus.

Quel est votre sentiment sur l’affaire Soumaré ?

Cette affaire pue. La question est de savoir comment l’UMP et la liste de Mme Pécresse ont pu se procurer le casier qui ne doit être que dans les mains des magistrats ? Si on attaque un candidat qu’aucune instance n’a déclaré inéligible, dans ce cas à la prochaine élection on va accuser Balkany, Juppé… Le débat politique, ce n’est pas le débat des caniveaux. Sinon on ne donnera pas cher de la politique.

Est-ce que l’affaire se retourne contre l’UMP ?

Cette histoire est gravissime. Il y a une triple faute. Une faute politique en attaquant de cette manière, une faute sur une erreur de nom et une faute en faisant de la surenchère comme le fait Frédéric Lefebvre.

Ali Soumaré aurait-il dû prévenir le Parti socialiste de ses condamnations passées ?

Ce genre de question concerne les choix internes au PS, mais ne regarde pas la société. Le risque aujourd’hui est plus pour l’UMP. Elle s’est pris les pieds dans le tapis en menant une campagne qui n’est pas digne.

Propos Recueillis par François Vignal

 

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23 février 2010

Charasse : confidences autour d'une nomination...

 

Il ne s’y attendait plus, s’était déjà fait une raison. Et avait même dit au chef de l’Etat qu’il ne devait pas se sentir les mains liées par la promesse qui lui avait faite. Mais un miracle – républicain – a eu lieu : Michel Charasse est bien nommé au Conseil constitutionnel. Par Nicolas Sarkozy. C’est le président lui-même qui l’a prévenu ce matin par téléphone. « Je t’ai choisi », lui a-t-il dit.

Dans la salle des conférences du Sénat qui jouxte l’hémicycle, le sénateur du Puy-de-Dôme était à la fête cet après-midi. Et en séance photo, devant une statue. Il la regarde : « Elle s’appelle le sceau du secret »… Le cœur un peu gros de quitter la Haute assemblée, Michel Charasse est la star du moment. Les poignées de main chaleureuses se succèdent aux franches accolades. Les sourires aux confidences.

Charasse multiplie les poses devant le photographe. Un sénateur le vise avec son i phone. « Maintenant que je vais avoir le temps, faudra que tu m’appelles pour aller à la chasse », plaisante Charasse. Qui ajoute : « Toutes ces années ici où je me suis tapé les débats budgétaires et je ne pouvais pas aller à la chasse ! »

Nicolas Sarkozy l’a choisi, mais l’ancien ministre de François Mitterrand prévient : il n’a fait « aucun sermon d’allégeance ». « Je défends la République ». « C’est une personnalité indépendante et compétente », rappelle à Public Sénat Catherine Tasca, vice-présidente PS du Sénat. De quoi avoir un allié au Conseil constitutionnel ? « Non. Mais je pense qu’il n’oubliera pas ses origines ».

Je lui dis "tu ne veux pas de femmes ?" . Et il m’a dit "ça ne fait rien"

Pour le moment, c’est le ministre de l'Espace rural et de l'Aménagement du territoire, l’ancien sénateur Michel Mercier, qui vient le féliciter à son tour. La conversation, décontractée, s’engage : « Je pensais bien que ça ne se ferait pas. Je m’étais fait à l’idée ». Michel Mercier : « Hier soir c’était déjà bien avancé ».

Le sénateur raconte alors au ministre sa conversation du jour avec Nicolas Sarkozy : « Il m’a appelé ce matin, il m’a parlé de 45 choses différentes, il ne m’a pas donné de détails. (…) Je lui ai dit un truc : " Tu sais Nicolas, le Président ne peux jamais se lier les mains (…) Si tu ne peux pas l’honorer, je n’en ferai pas une maladie et je n’en mourrai pas. Simplement, fais attention à la nomination, à bien équilibrer les choses " (…) Je lui dis " tu ne veux pas de femmes ?". Et il m’a dit " ça ne fait rien ". Mais Je l’avais mis à 100% à l’aise ». Et Charasse de finir en expliquant que faute de nomination, il était « en train de préparer une mission à Haïti comme rapporteur budgétaire ».

Regardez Michel Charasse au Sénat :

 


 

Texte : François Vignal

images : Céline Djermag

19 février 2010

L’autre affaire Quick…


« Quick, nous c’est le goût », dit le slogan de la chaîne de fastfood. Un goût qui pourrait rester amer. Si la vente de hamburgers halals a occupé les gazettes cette semaine, Quick est au centre d’une autre affaire plus gênante. Gênante aussi pour la Caisse des dépôts et consignation. En 2006, via sa filiale d’investissement appelée CDC capital investissement, rebaptisée depuis Qualium Investissement, elle achète l’entreprise au milliardaire belge Albert Frère. Cet homme d’affaire, proche de Nicolas Sarkozy, faisait partie des convives du fameux diner du Fouquet’s, le soir de l’élection du Président. Et a reçu la légion d’honneur des mains du chef de l’Etat.

En 2006, la filiale d’investissement de l’institution financière publique a acquis, via les fonds qu’elle gère, la société Quick pour la somme de 800 millions d’euros. Au même moment, Albert Frère s’apprêtait à investir dans la fusion entre EDF et Suez. Or le prix de vente pourrait avoir été surévalué.

Une affaire classée sans suite en France

Un homme en particulier porte de forts soupçons sur les conditions de vente. C’est le français Jean-Marie Kuhn. Après avoir été actionnaire de sociétés d’Albert Frère, cet homme d’affaire lorrain s’est brouillé avec le milliardaire. Il décide de s’intéresser aux conditions d’acquisition de la chaîne de restauration rapide. Puis de porter plainte en France. Classée rapidement sans suite, il porte l’affaire devant les tribunaux belges l’été dernier. En décembre, le procureur du roi de Charleroi se joint à la plainte. « Kuhn s’est fait avoir par Frère. Depuis il lui cherche des poux dans la tête », décrypte un connaisseur du dossier.

Jean-Marie Kuhn n’a pas attendu que le tribunal se prononce pour porter ses accusations. Elles sont lourdes. Dans un entretien accordé au quotidien suisse Le courrier, il parle de « scandale d’Etat » : « L'enjeu est donc d'importance puisqu'il touche non seulement au groupe Albert Frère, mais aussi au pouvoir politique et peut-être à un financement occulte de la campagne présidentielle qui a porté Nicolas Sarkozy à l'Elysée ».

« Un dossier très sensible »

La semaine dernière, un sénateur socialiste, Martial Bourquin, s’empare à son tour de l’affaire et pose une question écrite à la ministre de l’Economie Christine Lagarde. « La CDCCI (filiale d’investissement de la caisse des dépôts, ndlr) fait actuellement l'objet d'une action judiciaire menée en Belgique concernant l'achat de la société Quick en 2006 », écrit-il. Reprenant les chefs d’inculpation de la justice belge, il ajoute que « des soupçons de faux et usage de faux, faux bilans et infractions au code des sociétés, pèseraient lourdement sur cette transaction ». Le sénateur fait référence à « des documents officiels datant de 2004 (qui) sembleraient établir que l'entreprise aurait pu être surévaluée de 150 millions d'euros par rapport à sa valeur d'achat par la CDCCI », devenue depuis Qualium.

« C’est un dossier très sensible », explique à Public Sénat Martial Bourquin, qui veut « que cet imbroglio soit démêlé ». Le sénateur s’étonne fortement du choix de la filiale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC). « Aux états généraux de la restauration, je me suis penché sur Quick car ils ne sont pas exemplaires dans la répercussion de la baisse de la TVA. Là, quand j’ai appris que la CDCCI avait investi dans Quick, j’étais sidéré. C’est un gros employeur et il devrait y avoir des répercussions de la baisse de la TVA. A fortiori quand la CDC, bras armé de l’Etat, a la majorité du capital…» Pour le socialiste, la CDC devrait avant tout se concentrer « sur ses missions historiques : les grands chantiers de l’Etat et aujourd’hui l’aide au PME, qui souffrent cruellement d’accès au crédit ».

« Il ne peut pas y avoir de soupçons de surévaluation au profit d’Albert Frère »

Interrogé par Public Sénat, le Président de Qualium Jean Eichenlaub, récuse les accusations et tient à apporter des précisions. « Ni la CDC, ni Qualium n’ont jamais acheté ni détenu une seule action de Quick. Ce sont les fonds qui sont gérés pour compte de tiers, qui ont acheté ces actions Quick. Qualium est une filiale contrôlée capitalistiquement par la caisse des dépôts et consignations, mais autonome au niveau de sa gestion. Je suis responsable des fonds que gère Qualium et de sa politique d’investissement, indépendamment de la CDC », précise-t-il.

Pour Jean Eichenlaub, Qualium reste dans sa mission en investissant dans Quick : « Nous somme autonomes dans nos choix et on s’inscrit comme un investisseur de long terme, socialement responsable et économiquement rentable. Si je trouve un projet qui englobe ces trois valeurs, j’y vais. Ces valeurs s’inscrivent dans celles de la caisse ».

Quant au prix d’achat de Quick en 2006, 800 millions d’euros, il n’est pas surévalué selon lui, si l’on considère la revente de l’immobilier : « Nous avons vendu l’immobiliser quelques mois après entre 200 et 250 millions d’euros. Le prix est donc plutôt 550 millions d’euros ». Il ajoute qu’« il ne peut pas y avoir de soupçons de surévaluation de la valeur d’acquisition au profit d’Albert Frère. Nous avons tout vérifié, l’opération s’est faite de façon complètement transparente. » Jean Eichenlaub a pris la tête de Qualium en octobre 2009, succédant à René Maury. C’est lui qui dirigeait la CDCCI lors de l’opération.

La Caisse des dépôts et consignations entend aujourd’hui revendre Quick. Combien ? Là aussi Martial Bourquin attend des réponses : « Je veux savoir combien la filiale d’investissement a acheté Quick et combien elle va le revendre ». A écouter Jean Eichenlaub, Qualium espère réussir son coup : « Quick est une belle affaire, éventuellement magnifique le jour où on l’aura bien vendu ». La somme de 900 millions d’euros pourrait être envisageable.

Le sénateur attend d’autres réponses de Bercy. Notamment « si une enquête (a été) diligentée par les services » du ministère de l’Economie et des Finances. Si celle de la justice française a été classée sans suite avec une vitesse pour le moins rare, le sénateur, comme Jean-François Kuhn, attendent les conclusions de la justice belge.

François Vignal



17 février 2010

Dominique Paillé : entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin "il n’y aura pas photo"


Surement une brique de plus dans la construction du candidat Villepin. Un sondage Ifop à paraître demain dans Paris Match donnera le sourire à l’ex-premier ministre. Et pourrait crisper Nicolas Sarkozy. A la question « des deux personnalités laquelle préférez-vous ? », 57% des sondés répondent Dominique de Villepin, 38% le chef de l’Etat. Après un tour en Bretagne hier pour tâter le cochon façon Chirac, et Brigitte Girardin qui nous confiait vendredi que Villepin présenterait après les régionales « les grandes lignes d’un programmes », son destin présidentiel de dessine chaque jour un peu plus.

Interrogé par Public Sénat, le porte-parole adjoint de l’UMP, Dominique Paillé n’en a cure : « Ça me laisse indifférent. Ce sondage n’a aucun sens ». Pour lui, « il y a celui qui bosse et celui qui pérore »…

Etes-vous surpris par le résultat de ce sondage ?

Je ne suis ni surpris ni non-surpris. Ça me laisse indifférent. Ce sondage n’a aucun sens. Car on ne demande pas une décision, mais une opinion vague. Ce qui m’intéresse, c’est ce que les Français peuvent décider quand ils sont dans l’isoloir. Quand ils ont une décision à prendre, ils s’interrogent sur le bilan et le projet de celui sur lequel ils sont invités à voter. En l’occurrence, ils ne font jamais confiance à ceux qui sont beaux parleurs, mais à ceux qui sont de vrais acteurs, dans le sens de celui qui mouille sa chemise et se bat. Mais si un jour les Français sont en position d’avoir un choix entre les deux hommes, il n’y aura pas photo. Les Français sont des gens sérieux et avisés.

Mais quelle explication donneriez-vous à ce sondage ?

Aucune. Ça ne correspond à rien. Cela peut être la traduction de l’humeur du moment.

Pensez-vous qu’il y a une prime pour celui qui n’est pas aux affaires ?

Il y a celui qui bosse et celui qui pérore. Celui qui bosse mouille sa chemise. Il y a toujours un peu d’ingratitude pour celui qui est aux fourneaux. Mais au moment de renouveler leur confiance, les Français ne se trompent pas.

Recueilli par François Vignal


12 février 2010

Le parti de Villepin au printemps ? "Non, mais les grandes lignes d’un programme"


Villepin et ses soutiens ne s’en cachent plus, ils pensent de plus en plus à 2012 et la présidentielle. Encore faut-il s’organiser et rassembler. C’est ce qu’ils font avec le Club Villepin. Mais pour mener campagne, un parti politique est indispensable. Le Club n’étant qu’une association, un parti pourrait voir le jour. Quand ? Un mail envoyé à tous les membres du Club Villepin par sa présidente, Brigitte Girardin, est peut-être un début de réponse. On y lit notamment ceci : « Je vous invite à renforcer notre mobilisation pour que nous soyons en mesure d’organiser au printemps un rassemblement fondateur autour de Dominique de Villepin (…) Dès maintenant, invitez vos amis, vos proches à nous rejoindre afin que nous puissions faire de cet évènement un succès incontestable », écrit l’ex-ministre.

Joint par Public Sénat, Brigitte Girardin reconnaît qu’« on ne va pas à la présidentielle sans une structure de parti politique, pour des questions de financement. Si Dominique de Villepin se présente en 2012, il devra avoir une structure juridique pour régler ces questions. Mais pour le calendrier, c’est lui qui appréciera.»

Un parti déjà créé à Matignon

Ce « rassemblement fondateur autour de Dominique de Villepin » prévu pour le printemps ne sera qu’une grande réunion, assure la présidente du Club Villepin. Une réunion, prévue « entre les régionales et l’été », semblable à celle qui avait déjà rassemblé les partisans de l’ex-premier ministre à la Maison de l’Amérique latine fin octobre. Quel sens donner alors aux termes de « rassemblement fondateur » ? « Dominique de Villepin tiendra sûrement un discours fondateur », explique Brigitte Girardin, « fondateur sur ce qu’on souhaite proposer au Français ».

Pour l’heure, plusieurs groupes de travail planchent sur les sujets qui préoccupent les Français. « On travaille sur le fond. A la Maison de l'Amérique latine, Dominique de Villepin avait tenu une sorte de discours de politique générale. Au printemps, on s’approchera des grandes lignes d’un programme ».

Le parti viendra après. Ou plutôt reviendra. Le Canard Enchaîné expliquait en décembre dernier que Dominique de Villepin dispose déjà d’un parti, « Courage République ». Girardin confirme : « En effet, il l’avait créé quand il était à Matignon. Mais c’est une coquille vide non activée. Il suffit de changer de nom… » Et voilà le premier étage de la fusée Villepin pour 2012. Dans ces conditions, les statuts du Club ne devraient pas changer. « C’est une association, et ça le restera », précise sa présidente. Pour lancer le parti, « ce sera en fonction du contexte ». Histoire de trouver la bonne fenêtre de tir.

François Vignal


Anne Hidalgo : "Peut-être faudrait-il que les Verts s’occupent un peu plus des candidats UMP"



Anne Hidalgo
, première adjointe de Bertrand Delanoë et tête de liste PS à Paris pour la campagne des régionales en Ile-de-France, dénonce la « fébrilité des candidats UMP », après la proposition du tête de liste en Seine-Saint-Denis de créer des wagons réservés aux femmes pour la sécurité. Il est depuis revenu sur ses propos. Anne Hidalgo répond par ailleurs aux groupes Verts et UMP du conseil de Paris qui l’accusent d’utiliser les moyens de la ville pour sa campagne. Entretien.

Bruno Beschizza, tête de liste UMP de Seine-Saint-Denis pour les régionales en Ile-de-France, s’est déclaré pour la mise en place de wagons vidéo surveillés réservés aux femmes le soir, avant de revenir sur ses propos, expliquant que « ces rames (étant) bien sûr ouvertes à tous ». Quelle est votre réaction ?

Sur sa proposition initiale, je ne pense pas qu’une société qui dit « il faut des wagons pour les femmes et les garçons » soit la bonne solution. Je me suis toujours battue pour l’égalité et la mixité. Ça relève d’un combat d’arrière-garde. C’est une mesure qui oppose les Français les uns aux autres. Je ne suis pas pour la séparation des sexes dans les transports en communs. Mais oui, je suis pour la sécurité.

A vouloir tout instrumentaliser, Bruno Beschizza s’est hasardé à faire des propositions qui ne tiennent pas la route. C’est choquant du point de vue de la laïcité. Car la laïcité, c’est aussi travailler sur l’égalité, ne pas accentuer la différence entre les sexes.

Les propos de Bruno Beschizza sont-ils un couac ?

Oui, un de plus. On assiste là à une forme de fébrilité des candidats UMP. On avait déjà eu Chantal Jouanno qui proposait l’automatisation de la ligne 14 (qui l’est déjà, ndlr). Bruno Beschizza revient sur ses propos. Tout ça n’est pas très préparé, pas très sérieux.

Mais ne faut-il pas trouver les moyens de lutter contre l’insécurité dans les transports ?

La région a investi dans ce domaine. C’est un sujet important dans lequel nous entendons proposer des mesures efficaces. Jean-Paul Huchon a investi dans la construction de commissariats, dans la vidéo protection dans les transports publics. On assume notre implication.

Les groupes Verts et UMP du conseil de Paris vous accusent d’utiliser la ville, et notamment son site Internet, pour faire votre campagne. Que leur répondez-vous ?

Je vais continuer à être première adjointe au maire de Paris et continuer à assumer. Les intimidations des uns et des autres ne vont pas m’empêcher de faire les réunions qui permettent d’avancer sur le projet des Halles par exemple. J’ai tenu une conférence de presse avec des adjoints Verts et PC la semaine dernière. Je vais continuer. Je suis effectivement dans une activité très soutenue et je n’entends pas fléchir. Je ne m’amuse pas à mélanger les genres pendant la campagne des régionales. Pour les déplacements de campagne, j’ai une voiture qui me conduit avec un militant payé par la fédération de Paris. Je me sens très à l’aise. Peut-être faudrait-il que les Verts s’occupent un peu plus des candidats UMP qui font campagne depuis leur cabinet ministériel.

Propos recueillis par François Vignal



Mardi 2 février 2010

Frêche menace de saisir la justice, Montebourg "l'attend dans le pré avec les témoins à l'aube"

Alors que le bureau national du PS doit officiellement investir la liste d'Hélène Mandroux ce mardi pour les régionales en Languedoc-Roussillon, Georges Frêche contre-attaque et menace de saisir la justice "pour non respect du vote des militants".
Réponse chevaleresque d'Arnaud Montebourg, secrétaire national du PS à la rénovation: "qu'il aille on attendra dans le pré avec nos témoins à l'aube"


Regardez la vidéo:

 



Vendredi 29 janvier à 12h59

 

Villepin en appel : « C’est dangereux pour tout le monde », selon Georges Tron

 

Dominique de Villepin devra retourner devant le juge, le parquet ayant décidé de faire appel de la relaxe prononcée hier. « Il n’y a pas d’ambigüité sur le caractère politique de la décision », selon le député villepiniste Georges Tron, interrogé par Public Sénat.fr. Estimant que « c’est un mélange de crainte et d’acharnement personnel » mais aussi de haine, de la part de Nicolas Sarkozy, il dénonce un « calendrier dangereux pour tout le monde, pour la majorité », alors qu’un pourvoi en cassation prolongerait l’affaire jusqu’en 2012. Entretien.

Le procureur Jean-Claude Marin a décidé de faire appel. Une décision politique ?

Je n’imagine pas, dans cette affaire, que le procureur prenne tout seul la décision de faire appel. Il n’y a pas d’ambigüité sur le caractère politique de la décision. D’ailleurs l’appel était réclamé hier soir par les proches du chef de l’Etat et vertement approuvé ce matin par les mêmes.

Avez-vous été surpris de la décision du parquet ?

Nous n’avons pas été surpris, tant nous avions imaginé tous les scenarios. Pourtant les attendus du tribunal étaient clairs : ils exonèrent Dominique de Villepin de toutes responsabilités. C’est tellement clair que ça a surpris tant du côte du parquet que de l’Elysée.

Dominique de Villepin inquiète-t-il Nicolas Sarkozy ?

Il y a quelque chose, quelque part, qui relève d’un sentiment personnel de Nicolas Sarkozy. C’est un mélange de crainte et d’acharnement personnel.

De haine personnelle aussi ?

Oui je pense. Mais si sur le plan juridique, c’est assez incongru, sur plan politique, c’est aller à l’encontre de ce qu’espèrent les élus et militants. Des députés sarkozystes nous ont dit hier clairement, comme Chantal Brunel qui l’a dit publiquement, qu’il fallait aller vers l’apaisement et se réjouir que cette page se tourne.

Quand un procureur requiert une peine mais que le juge prononce la relaxe, n’est-il pas classique que le parquet fasse appel ?

Mais ce n’est pas classique d’avoir le président de la République partie civile. Ce n’est pas classique de voir les collaborateurs du chef de l’Etat appeler de leurs vœux la décision de faire appel, sachant que le Président donne ses instructions à la garde des Sceaux.

Le procès en appel pourrait avoir lieu fin 2010-début 2011. Est-ce un moyen de mettre de nouveaux bâtons dans les roues à Dominique de Villepin à l’approche de 2012 ?

L’instrumentalisation de la justice se retourne toujours contre ceux qui l’utilisent. Si c’est un calcul, c’est un calcul extrêmement dangereux. On sera dans une logique d’un procès lancé début 2011, avec une audience courant 2011, et éventuellement la cassation pour 2012. Ce calendrier est dangereux pour tout le monde, pour la majorité en particulier, pour celui qui sera notre candidat. Cela créera une division interne qui aura des transpositions sur le plan politique. Est-il bon d’avoir une majorité qui se divise sur la place publique ? C’est absurde.

Diriez-vous que l’acharnement de Nicolas Sarkozy contre Dominique de Villepin le rend aveugle ?

Je ne dirais pas cela. Mais ça rend difficilement compréhensible certaines attitudes.

Recueilli par François Vignal

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