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#1 29/10/2008 08:28:35

Piere Ygrié
Membre

Trés haut débit en zones rurales

Bonjour ,

Parmi les mesures de lutte contre le piratage ( 160 millions de téléchargements de films par an) figure,semble-t-il la réduction des débits pour « punir » les contrevenants !
Les internautes en bas débit comme moi sont d’ores et déjà punis sans avoir péché !

Voici la réaction d’un "internaute des champs" qui se bat avec son association Les Webs du Gévaudan,pour que notre place numérique soit indépendante de notre place physique dans l’économie de la connaissance ne serait-ce que pour crédibiliser les grands discours officiels sur les vertus de cette économie !



Plan numérique 2012 : Réaction des Webs du Gévaudan (papier adressé aux élus lozériens le 24 octobre)



►Le plan numérique 2012 ,dont l’annonce  lundi dernier a été quelque peu occultée par l’actualité immédiate, présente des avancées certaines dans de nombreux domaines :prise de conscience que l'économie numérique est un gisement encore trop peu exploité en France ( part de l'économie numérique dans le PIB de 6%, contre 13% aux Etats-Unis et 17% en Corée),création d’un « droit opposable » pour bénéficier d’un accès Internet haut débit à compter du 1er janvier 2010 à un tarif »abordable » (moins de 35 euros) ,couverture en haut débit de 100% des Français d’ici 4 ans ,actualisation tous les deux ans du débit minimal et du tarif maximal ,attribution de nouvelles fréquences aux opérateurs télécoms pour « bouster » la téléphonie et l’Internet mobiles ,mise en place d’ « ambassadeurs numériques »pour accompagner les PME et les seniors ,encouragement du télétravail et de l’administration électronique ( avec demande au secteur public de montrer l’exemple ! ),création d’une carte d’identité électronique pour sécuriser les communications et les transactions ,lutte contre la cybercriminalité ,développement de la production et de  l’offre et de contenus numériques, mise en place d’un répertoire national des œuvres numériques protégées ,développement des espaces publics numériques et des cyberbases ,création d'un conseil national du numérique ,réduction au niveau européen des délais nécessaires pour changer d'opérateur mobile en conservant le même numéro (mais ce n’est pas la principale préoccupation des zones rurales !)  etc…

►Il n’en présente pas moins de graves lacunes pour le développement du très haut débit en zones rurales :
-définition du haut débit contestable :
Le haut débit est une notion évolutive, le haut débit d’un jour devenant rapidement le bas débit du lendemain .Si le 512 k a pu être naguère considéré ,à notre avis à tort(débits asymétriques),comme du haut débit ce n’est plus le cas aujourd’hui .Avec le développement exponentiel des contenus (doublement tous les dix huit mois) la barre « bas débit/haut débit » va se relever très rapidement ! Le « droit opposable » du plan n’est donc qu’un droit à un « service minimum » mais en aucun cas un droit au haut débit tel que nous l’entendrons demain !
-accès inégalitaire au très haut débit
.Dans le plan aucune obligation n’est faite aux opérateurs d’installer des réseaux de fibre optique en zones rurales, ces réseaux étant naturellement « réservés » dans la logique de marché, aux territoires « rentables » ! Aucun budget n’est apparemment prévu par l’Etat qui s’en remet aux collectivités territoriales (région,département,communes… ) mais sans leur donner des moyens supplémentaires à cet effet ! A défaut de budget on aurait pu prévoir un système de péréquation alimenté soit par une taxe sur les opérateurs soit par le prélèvement de quelques euros supplémentaires sur tous les abonnés haut débit ( amortissement du « fibrage » de toute la France amortissable en 30 ans !) .Rien de tout cela n’est prévu à notre connaissance ! ….à moins que l’effort d’ « investissement massif dans le très haut débit de l’ordre de 30 milliards d’euros » annoncé hier à Annecy par Nicolas Sarkozy  ne concerne essentiellement les zones où le marché n’installera pas « naturellement » la fibre ?? Il sera très intéressant de suivre l’affectation de cet investissement .

►Or l’économie de la connaissance sera basée demain sur le très haut débit et non sur le haut débit ! Le gouvernement l’a d’ailleurs compris lorsqu’il encourage le développement de la production et de l’offre et de contenus « lourds » ( vidéo sur Internet, presse ,jeux vidéo ,logiciels.) .Mais il ne va pas jusqu’au bout de sa propre logique !
Nous aurons tous besoin de très haut débit (x) non seulement sous l’angle « consommation » (besoins culturels , besoins économiques , besoins « santé » , besoins de réflexion sur des sujets d’actualité …) mais aussi sous l’angle « production » (besoins de « participation citoyenne », besoins d’échanges   ) d’où l’importance de la symétrie et de la « puissance » des réseaux !
.

►Ce  plan supprimera la fracture numérique au sens où on l’entend habituellement ( « gap » entre haut débit et bas débit)  mais il ne fait rien ,semble-t-il,  pour empêcher le « gouffre numérique »  qui se prépare (gap « haut débit/très haut débit ») !

La Lozère a besoin d’un plan très haut débit pour acquérir une visibilité numérique susceptible d’attirer les travailleurs de l’économie de la connaissance et compenser la faiblesse de ses infrastructures physiques .Symbole de la ruralité s’il en est,  notre département pourrait devenir un territoire symbolique de la ruralité moderne (mariage du terroir et de l’Internet) pour peu qu’on lui donne un accès égalitaire à l’économie de la connaissance via des infrastructures pérennes en fibre optique .La volonté politique du département n’est pas en  cause , ce dernier s’étant doté d’une dorsale numérique sur l’A75 et tentant, de « pousser la fibre » le plus loin possible ,y compris en utilisant des techniques innovantes beaucoup moins coûteuses (aérien)  .Mais les limites d’une telle volonté sont vite atteintes dans un département dont le budget est ridiculement faible

Dans le cadre d’un aménagement équilibré du territoire le département symbole de la ruralité mérite mieux .Ce qui pourrait être fait en Lozère avec du très haut débit  pourrait être exemplaire pour bon nombre de territoires ruraux .Dés l’annonce d’un plan très haut débit par le gouvernement début 2007 les Webs du Gévaudan appelaient l’attention des pouvoirs publics sur les « oubliés » du très haut débit (http://www.lozere-online.com/websdugeva … it-en-2015  ) .Dans ce qu’il (ne) prévoit (pas) pour le très haut débit en zones rurales le plan numérique 2012 confirme nos craintes .


►Il convient donc,à notre avis ,de mobiliser l’ensemble des Lozériens pour :

1- au niveau local (tous publics) : Convaincre élus et citoyens que nous aurons tous besoin de très haut débit ,Prendre conscience que l’égalité d’accès à l’économie de la connaissance ,porteuse de croissance et de « mieux être », se fera par le très haut débit et non par le haut débit , Inciter chaque collectivité à constituer le réseau fibre de son territoire :conception , étapes pour le constituer, supports retenus (enterrés, aérien) …des guides « fibre » sont consultables sur les sites des régions Aquitaine (http://tic.aquitaine.fr/fibre  ) et Alsace (  http://www.e-alsace.net/documents/fck/f … que_RA.pdf ) ;S’assurer que les investissements nécessaires pour assurer à tous les Français le haut débit en 2012  s’inscrivent bien dans un schéma directeur « très haut débit » du territoire Donner la priorité absolue aux investissements pérennes,c'est-à-dire à la fibre ! Solliciter une aide maximale de la région pour un département exemplaire des « avant pays » du Languedoc Roussillon !

2-au niveau national  (élus nationaux et gouvernement) : Demander un droit à la fibre pour tous les citoyens ,Demander une mutualisation des réseaux .Demander la mise en place d’un système de péréquation en faveur du très haut débit en zones rurales . A l’heure où l’on trouve des centaines de milliards que l’on espère récupérer quand la conjoncture sera meilleure n’est-il pas temps de « renverser » la question  habituelle ( « quel serait le coût d’un fibrage généralisé du territoire » ? )  par une autre : « Combien ferait économiser à l’économie française, dans une logique de développement durable et de mieux être des populations, le fibrage généralisé de la France ? » Mais pour répondre sereinement à la question il faut,comme dans d’autres domaines, que la puissance publique s’implique pour décider de mettre quelques garde fous aux règles de « sainte concurrence » tout au moins pour les territoires « hors concurrence » ?   

Depuis l’antiquité le développement des territoires s’est fait grâce aux infrastructures d’échanges .Pour compenser la faiblesse de ses infrastructures physiques la Lozère a besoin d’une visibilité numérique maximale que seule lui donnera le très haut débit .La géographie étant ce qu’elle est l’amélioration des infrastructures physiques a ses limites,celles des infrastructures numériques non pour peu que la volonté politique soit au rendez vous !



Pierre Ygrié
Webs du Gévaudan
24 octobre 2008

Hors ligne

 

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