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Accords et désaccords entre Copé et Fillon

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François Vignal
Le 11.12.2012 à 17:01
Accords et désaccords entre Copé et Fillon
© AFP
Jean-François Copé et François Fillon se voient en tête-à-tête pour la cinquième fois mardi soir. S’ils semblent d’accord sur une direction ouverte et de nouveaux statuts, un gros point de blocage reste sur la date d’un nouveau vote. Accoyer et Larcher proposent une consultation des parlementaires.

L’UMP en est à sa quatrième semaine de crise. Et François Fillon et Jean-François Copé à leur cinquième tête-à-tête ce soir. « On va voir si à la cinquième rencontre, il y a une fumée blanche qui sort », lance le sénateur UMP Roger Karoutchi, qui a été directeur de campagne de Copé. Rien n’est moins sûr. Si les rencontres ont permis certaines avancées, reste un gros point dur : la date d’un nouveau vote des militants. « Dans leur conversation, j’ai cru comprendre qu’ils étaient plutôt en accord sur une direction ouverte à toutes les sensibilités, sur la réforme des statuts », explique Roger Karoutchi, mais ils ne sont « pas d’accord » sur la date du vote. François Fillon propose avant l’été 2013. Jean-François Copé souhaite un scrutin après les municipales de 2014.

En début d’après-midi, l’ancien président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer, qui fait partie des « non alignés », a fait une annonce : en accord avec le sénateur Gérard Larcher (pro Fillon), il propose un vote de tous les parlementaires UMP (députés, sénateurs, députés européens) sur le principe d’un nouveau vote d’ici l’été 2013. Le vote aura lieu mardi prochain, à midi. Les sénateurs UMP, très majoritairement pour l’ex-premier ministre, ont déjà voté en ce sens il y a deux semaines.

Larcher menaçant

Après une réunion au Sénat en fin de journée, les sénateurs fillonistes se sont déclarés favorables à la consultation des parlementaires. Après la réunion, alors que François Fillon filait à l’Assemblée pour sa rencontre avec Copé, les pros Fillon du Sénat montraient les dents. « Les parlementaires apportent 42.000 euros par an au parti. C’est celui qui paie qui commande », a prévenu l’ex-ministre Henri de Raincourt. Gérard Larcher, habituellement mesuré dans son expression, tape du poing sur la table : « Il ne faut pas prendre à la légère » la consultation, lance l’ex-président du Sénat. Il ajoute, menaçant : « Nous tirerons toutes les conséquences de l’absence éventuelle de respect » du vote de mardi prochain. Au Sénat, une scission comme à l’Assemblée reste cependant exclue pour le moment. Les fillonistes sont largement majoritaires au groupe. Reste l’hypothèse de créer une association R-UMP, comme l’avait dit Henri de Raincourt il y a quinze jours.

A la mi-journée, le nombre de signataires de la proposition Accoyer était d’une cinquantaine, selon l'entourage de l’ex-président de l’Assemblée. Nathalie Kosciusko-Morizet, l'une des chefs de file des non-alignés, s'est aussi déclarée « favorable » à l'initiative. Si elle correspond aux fillonistes et aux non-alignés, pas sûr qu’elle convienne aux copéistes. « Chaque semaine, on voit son lot d'initiatives, certaines heureuses, d'autres moins, peu importe, mais c'est Copé et Fillon qui sont en responsabilité. C'est d'eux que viendra la solution et pas d'ailleurs », a réagi le président du groupe des députés UMP, Christian Jacob, proche de Jean-François Copé.

« C’est comme au Vatican »

Dans chaque camp, on a l’impression d’avoir fait des concessions. « Jean-François Copé a divisé son mandat par 3 en disant après les municipales », souligne Roger Karoutchi. De son côté, François Fillon ne propose plus un vote dans les trois mois mais d'ici l'été prochain. Pour le sénateur UMP Henri de Raincourt, pro Fillon, « le compromis est très simple : nous pensons qu’il faudrait voter avant l’été 2013 ». L’ex-premier ministre a affirmé qu’il ne sera « probablement » pas candidat en cas de revote.

« Ça avance », note Jean-Pierre Raffarin, soutien de Copé, soulignant que le principe du revote se base sur de nouveaux statuts. Mais là aussi, ce point devient sujet de discussion. « La réforme des statuts ne se fait pas en une minute. (…) Normalement, c’est d’abord la commission des statuts, puis le conseil national de l’UMP qui les valide. C’est trois mois », note Karoutchi. Il continue : « Imaginons qu’on aille assez vite, avec une réforme des statuts à Pâques. Ça veut dire qu’on ne vote pas avant juin ou septembre 2013. Est-ce qu’on peut se permettre à 6 mois des municipales d’être encore tous sur nos campagnes internes ? » demande Roger Karoutchi. Qui préfère encore blaguer : « Si on pouvait demander au gouvernement de rapprocher les municipales à mars 2013, ça nous réglerait tous nos problèmes ! »

En fin d’après-midi, à 17h30, François Fillon devait retrouver ses soutiens de la Haute assemblée pour faire le point, avant sa rencontre avec Copé à 19 heures. Si le blocage est encore loin d’être levé, Henri de Raincourt croit encore en une sortie de crise : « C’est comme au Vatican, on ne sait jamais ni le jour ni l’heure où la fumée blanche va apparaître. L’essentiel, c’est qu’on ait la certitude qu’elle sorte un jour ». Les parlementaires UMP vont peut-être brûler quelques cierges.