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Accueil des migrants en Grèce : les sénateurs pointent les failles du dispositif

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Simon Barbarit (reportage: Faustine Saint-Geniès)
Le 16.02.2016 à 18:22

Suite à un déplacement d’une délégation de sénateurs en Grèce, venus observer le fonctionnement d’un centre d’enregistrement de réfugiés (hotspot) et le nouveau système de « relocalisation » décidé à l’automne dernier par le Conseil européen, un débat aura lieu ce soir en séance publique.

« Le système des hotspots peut marcher, mais il n’y a pas de volonté politique européenne pour anticiper la situation », c’était le constat fait le mardi 16 février par François-Noël Buffet, rapporteur LR de la mission de suivi pour l’accueil des réfugiés. De retour de Grèce, accompagné de 8 autres sénateurs de la commission des lois, il a été l’un des observateurs privilégiés de la nouvelle procédure européenne de « relocalisation » des réfugiés et du dispositif des hotspots lancés en septembre dernier.

Hotspot : un dispositif encore balbutiant

En pleine crise migratoire et alors que l’Europe a vu en 2015 l’arrivée d’un million de réfugiés, dont 500 000  passés par l’Ile de Lesbos, les Etat membres s’étaient mis d’accord pour soulager l’Italie et la Grèce. En effet, selon le règlement de Dublin, chaque pays de l’Union est obligé d’examiner la demande d’asile d’un réfugié entrant sur son territoire. Suspendu temporairement depuis l’été dernier, il lui est substitué le mécanisme de « relocalisation ». Les demandeurs d’asile sont désormais répartis ou « relocalisés » selon certains critères (démographique, PIB) dans tout l’espace Schengen. S’il se fait sur la base du volontariat de chaque Etat membre, le système de « relocalisation » se heurte actuellement à plusieurs écueils. « Il souffre surtout d’un problème d’attractivité » note François-Noël Buffet.

A leur arrivée dans le hotspot, les migrants sont identifiés, enregistrés, avec prise d’empreintes digitales et orientés soit vers une demande d’asile soit vers un retour dans le cas des migrants économiques. Première faille dans le dispositif, pour le sénateur LR. « Pour ceux qui sont déboutés de leur demande d’asile, on leur donne un sauf conduit avec injonction de quitter le territoire. Sauf qu’ils disposent d’un délai d’un mois pour le faire et pendant ce temps ils peuvent circuler librement sur le territoire européen. Dans les faits, ils ne rentrent donc jamais » assurait-il. Pour les migrants, il est donc bien plus aisé pour le moment de se rendre dans l’Etat membre de leur choix avec ce sauf conduit plutôt que de se soumettre aux lourdeurs du dispositif de relocalisation. Un système qui nécessite notamment de la part du demandeur d’asile, des compétences linguistiques, des liens familiaux, culturels ou sociaux avec le pays d’accueil. La preuve par les chiffres, au 24 janvier dernier, seules 208 personnes ont été effectivement « relocalisées » dont 94 en France, encore bien loin de son engagement de 30 750 réfugiés sur deux ans.

L’identification insuffisante de migrants

Le hotspot de Lesbos souffre également d’un manque de moyens, problématique pour l’identification des migrants. La police grecque aidée et les agents de Frontex doivent s’assurer de la nationalité de chaque migrant. Les informations recueillies ne sont pas recoupées avec « celles contenues dans le Système d’information Schenguen (ISIS) ou celle détenues par le Europol » pointe le compte rendu du déplacement sénatorial. « Il y a aussi le problème de la fraude documentaire avec de vraies faux passeports syriens mis en circulation. Pour s’assurer de la nationalité d’une personne, les agents de Frontex ont un dispositif d’interrogatoire particulier, mais ce n’est pas suffisant » complétait François-Noël Buffet.

Même si 3 hotspots supplémentaires vont s’ouvrir en Grèce ce mois-ci, le rapporteur de la mission de suivi pour l’accueil des réfugiés milite pour que d’autres s’ouvrent à l’extérieur de l’Union, en Syrie, en Turquie, au Liban ou en Jordanie. « Il faut aussi que la Grèce accepte l’idée de créer des centres de rétention pour les migrants économiques. Les autorités turques doivent également jouer le jeu et lutter plus activement contre les réseaux de passeurs. 80% des passeurs interpellés à Lesbos sont d’origine turques ».