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Affaire Morandini : « Il y a une opération de destruction de la rédaction d’i-Télé » dénonce David Assouline

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François Vignal (images : Jérôme Rabier)
Le 18.10.2016 à 14:55

Le sénateur PS David Assouline apporte son soutien aux grévistes d’i-Télé, opposés à l’émission de Jean-Marc Morandini. « J’espère qu’ils vont obtenir gain de cause » affirme le sénateur PS. « L’information doit être celle que veut Vincent Bolloré » dénonce-t-il.

Grève, deuxième jour. Les journalistes, d’i-Télé ont décidé de reconduire à une large majorité leur grève pour protester contre la présence à l’antenne de l’animateur Jean-Marc Morandini, mis en examen pour « corruption de mineur aggravée ». Nouvel épisode d’une crise qui dure depuis plusieurs mois à la rédaction d’i-Télé, qui l’oppose à Vincent Bolloré, patron de Vivendi, maison maire de Canal+ et donc d’i-Télé.

Si les politiques ne se bousculent pas pour le moment sur le sujet, certains commencent à prendre la parole. « Résistez » lance ce matin dans Libération le député PS Patrick Bloche. Interrogé par publicsenat.fr mardi matin, le sénateur socialiste David Assouline apporte aussi son soutien aux grévistes. « J’espère qu’ils vont obtenir gain de cause » affirme le sénateur qui suit les sujets liées aux médias. Il est l’ancien rapporteur du projet de loi sur l’audiovisuel.

« Opération de normalisation de l’information »

« Clairement, il y a une opération, qui a commencé l’an dernier, de destruction de la rédaction d’i-Télé et de la normalisation à Canal en général sur tous les aspects connus et reconnus qu’avait Canal : l’impertinence, l’investigation, la critique, de liberté de ton » pointe le sénateur PS de Paris. « Cette façon de dire que vous pouvez partir avec un gros chèque, presque d’acheter (…) le fait que les récalcitrants puissent disparaître de cette rédaction est une méthode rare et absolument inacceptable. Si de telles choses s’imposaient dans les medias et la presse, c’en serait fini de l’indépendance et du pluralisme de la presse et des journalistes » ajoute-t-il.

David Assouline pointe du doigt les « méthodes assez brutales » de Vincent Bolloré. « L’objectif est qu’on obéisse au boss et le boss c’est lui, c’est l’actionnaire. Alors que nous avons un problème de médias dans ce pays : souvent, les médias privés sont détenus par des actionnaires qui n’ont rien à voir avec le monde de l’information. Et accepter que les rédactions soient sous la coupe du bon vouloir d’un actionnaire majoritaire qui fait des ports en Afrique ou du BTP peut être un danger. On nous dit qu’on fait des procès d’intention, ça n’a jamais eu lieu. Et bien voila, ça a lieu ». S’il reconnait « les qualités d’industriels de tous ceux qui créent de l’emploi dans notre pays », il « pense que le cordon sanitaire entre ce monde là et la presse n’a plus lieu ». Il ajoute : « Clairement, ça s’apparente à une opération de normalisation de l’information. L’information doit être celle que veut Vincent Bolloré ».

« Des politiques ont peur du pouvoir de Bolloré »

Comment explique-t-il le fait qu’il y ait peu de responsables prêts à prendre position ? « Certains, dans le monde politique, ont la même conception des choses que Vincent Bolloré, ou alors, ils ont peur de son pouvoir. Parce que le pouvoir des grands industriels et financiers existe dans ce pays. Il ne faut avoir peur de rien. Il ne faut pas être injuste avec personne, mais dire ce qu’on pense avec ses convictions, et là je le dis fort » lance David Assouline.

La grève des journalistes d’i-Télé a été reconduite pour 24 heures. Outre la suspension de l’émission de Jean-Marc Morandini, ils dénoncent l’absence de dialogue de la rédaction, le manque d’un projet éditorial clair et le manque de moyens. La première de « Morandini Live » s’est elle passée lundi comme si de rien n’était. Un nouveau numéro devrait être à l’antenne aujourd’hui à 18 heures.