Back to Top
×En naviguant sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites.En savoir plus
Mode zen

Quitter le mode zen

Ambiance électrique au Sénat : les élus des Bouches-du-Rhône «mettent le feu»

+A -A
François Vignal et Marie Bremeau (images)
Le 30.05.2013 à 16:47

Le projet de métropole à Marseille ne passe pas dans les Bouches-du-Rhône. Plusieurs élus, dont des sénateurs PS et UMP, se sont rassemblés devant le Sénat contre le texte de Marylise Lebranchu. Signe de la tension : une altercation entre la ministre et la sénatrice PS Samia Ghali.


 

« Demain, il va y avoir du théâtre », annonçait hier le sénateur PS René Vandierendonck. Pour ne pas dire du sport. Le rapporteur du premier texte sur la décentralisation, celui sur les métropoles, ne s’est pas trompé. Le projet de loi du gouvernement prévoit d’instaurer un nouvel échelon territorial notamment à Paris, Lyon et Marseille, qui donne des pouvoirs renforcés. Or les élus des Bouches-du-Rhône n’en veulent pas, à l’exception ou presque du sénateur-maire UMP de Marseille Jean-Claude Gaudin. 109 des 118 maires concernés par la future métropole s’y opposent. Ils étaient plusieurs dizaines en début d’après-midi, dont des sénateurs, à manifester leur opposition devant le Sénat. Ils n’ont pas obtenu de salle au sein de la Haute assemblée.

« Je vais mettre le feu ! »

Ce jeudi, pour le début de l’examen en séance, on se croirait presque sur la Canebière. Dans la salle des conférences, qui jouxte l’hémicycle, les élus de tous bords attendent la ministre de la décentralisation Marylise Lebranchu.

« Je vais dire un certain nombre de choses qu’on n’a jamais entendu dans l’hémicycle. Un sénateur socialiste qui va dire tout le bien qu’il pense d’un gouvernement socialiste », prévient le sénateur PS des Bouches-du-Rhône Roland Povinelli, avec l’accent en prime. Il ajoute : « Je vais le mettre moi le feu. Parce qu’on veut nous tuer. On n’est pas Jésus-Christ. Et si on nous tue, on ne peut pas ressusciter nous ». Ambiance. L’avertissement est clair.

13 heures. Fin de la séance pour ce matin. Jean-Pierre Sueur, président de la commission des lois du Sénat, arrive et croise le groupe. « Tu es meilleur que Lebranchu. Sueur ministre ! » lui lance Povinelli, décidemment très en verve. Le sénateur du Loiret, gêné : « Arrête. Non, non, madame Lebranchu est excellente ».

« Ministre ou pas, j’en n’ai rien à foutre moi ! »

La ministre de la décentralisation vient à son tour à la rencontre des élus des Bouches-du-Rhône. Un élu : « Vous nous rendez la vie dure madame la ministre ». Marylise Lebranchu : « Et vous aussi vous me rendez la vie dure ». Une réunion improvisée s’organise pour tenter de trouver un terrain d’entente. Direction le groupe socialiste, au troisième étage. Les élus s’enferment avec la ministre plus d’une demi-heure salle François Mitterrand. Au final, c’est l’échec. « Il n’y aucune avancée, sinon un peu d’enfumage », peste Robert Dagorne, maire d’Eguilles.

A la sortie le ton monte entre la sénatrice PS de Marseille Samia Ghali et Marylise Lebranchu. « Tais-toi un peu. Tais-toi un peu, ok », lui lance très fermement la ministre… La candidate à la primaire pour la mairie de Marseille ne se laisse pas faire. Elle quitte les lieux : « Ministre ou pas, j’en n’ai rien à foutre moi ! ». Selon nos images, le sujet de la discussion porte sur la demande de rendez-vous des élus auprès de Jean-Marc Ayrault. « Le chef de cabinet du premier ministre a refusé de nous avoir alors que le chef de cabinet du Président nous avait reçu », affirme Georges Cristiani, maire de Mimet.

Malgré l’altercation, la ministre garde le sourire devant la caméra. « Je pense que le nœud de cette affaire, c’est qu’on ne réussit pas à s’écouter. (…) Quand on me demande si telle dotation sera maintenue et que je réponds oui, en face, ça ne change rien. (…) Au fond, nous avons fait des propositions, on avance, on fait évoluer le projet et à chaque fois en face, le blocage reste le même. C’est cela qui est délicat à manager. (…) Je ne suis pas capable de vous dire de quoi ils ont peur », affirme Marylise Lebranchu.

Guérini : « Dieu reconnaîtra les siens »

Un sénateur habituellement peu présent au Sénat a fait pour l’occasion le déplacement : Jean-Noël Guerini, président du conseil général des Bouches-du Rhône. « Je vais me régaler » lâche-t-il d’un sourire carnassier à la sortie. La question de la métropole marseillaise pourra-t-elle jouer un rôle lors des prochaines élections sénatoriales de septembre 2014 ? « Dieu reconnaîtra les siens » lance le sénateur. A bon entendeur...

 
Sur le même thème :

Décentralisation : le Sénat «a élagué la forêt vierge»

Avant le début de l’examen du premier des trois textes sur la décentralisation, qui crée les métropoles, le Sénat a profondément modifié le projet de loi du gouvernement. Une fronde sénatoriale avec laquelle l’exécutif a dû composer.