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Annonce de Bel : entre stupéfaction et agacement au Sénat

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Par Public Sénat
Le 05.03.2014 à 16:53

Entre deux scandales à l’UMP, le président du Sénat Jean-Pierre Bel a annoncé qu’il renoncerait à un second mandat. La décision a pris tout le monde de court, même dans son camp.

Quelques heures après la déclaration fracassante de Jean-Pierre Bel, c’est la surprise qui se lit sur tous les visages au Sénat. « J’ai vérifié que ce n’était pas un hoax (une fausse rumeur) car cela m’a complètement surprise,» glisse la sénatrice UMP du Val de Marne, Catherine Procaccia. Seuls les sénateurs socialistes ont été mis au courant juste avant la révélation dans une tribune du Monde de la fin de carrière de Jean-Pierre  Bel à l’automne prochain. « Il fait le choix d’un homme libre. C’est le choix de sa vie. Quand on s’est autant engagé pour que les hommes et les femmes puissent choisir leur vie, on on peut aussi choisir son propre destin » explique le sénateur et porte-parole socialiste David Assouline. « Il n’a jamais envisagé que toute sa vie et jusqu’à sa mort, il serait dans un engagement politique. Ce n’est pas sa conception des choses, c’est tout à son honneur. »
Pourtant, rien ne laissait transparaître une décision si surprenante qu’elle laisse ses opposant pantois. « C’est quand même très curieux qu’un homme, jeune, n’ayant fait qu’un mandat de  3 ans se désengage sans donner d’explications » s’interroge l’UMP Roger Karoutchi à propos de ce chef « beaucoup plus secret qu’il n’y parait ».

« Rajouter de la confusion »

Reste que le timing choisi fait jaser dans la majorité. « Cette décision, en pleine campagne des municipales, à six mois du renouvellement du Sénat est une surprise sur tous » détaille le sénateur socialiste de la Côte d’Or François Patriat, assez critique envers le président du Sénat. « Pour moi c’est prématuré. Cela va créer une période d’incertitude, d’appétit. En plein municipales, c’est jouer avec le feu  pour rajouter de la confusion à un moment qui n’en a pas besoin. »

 

Mais pour David Assouline, cette période de latence est bienvenue. « Quand quelqu'un doit partir, on le juge sur ce qu’il a fait mais aussi sur les conditions de sa relève, explique-t-il. Il nous met dans la situation d’avoir le temps de construire quelque chose et de trouver celui ou celle qui va incarner, dans le cadre d’une nouvelle victoire, la suite de son œuvre. »

Un homme discret

Son « œuvre » est justement assez peu discutée. Pour le porte-parole du PS, « il restera comme l’homme qui a  conduit la gauche à être majoritaire au Sénat. »  Mais, en homme discret, Jean-Pierre Bel n’aura pas laissé une marque indélébile chez les sénateurs. « Il s’en est tenu à sa ligne d’honnêteté et de simplicité mais en politique c’est difficile d’exister quand  on ne veut pas être sur le devant médiatique en permanence. » explique François Patriat. « C’était un président de groupe ferme, très opposant mais avec qui on pouvait travailler. Comme président du Sénat, je l’ai trouvé moins impliqué » note Roger Karoutchi. Et Catherine Procaccia d’enfoncer le clou. « Quand vous voyez tous les textes repoussés, je n’ai pas eu le sentiment qu’il manageait le groupe PS ni la majorité ». En trois ans de mandature, il n’aura jamais réellement réussi à  gérer une majorité aussi plurielle que fragile. « Il ne faut pas incriminer une personne, intervient le sénateur socialiste du Loiret Jean-Pierre Sueur. Il y a une majorité de 6 voix et il y a 4 groupes dans la majorité ».

Les élections sénatoriales partielles auront lieu en septembre prochain et nul doute que la gauche devra choisir rapidement le successeur de Jean-Pierre Bel. Une chose est sûre, en cas de victoire de la gauche, le poste devrait aiguiser de nombreux appétit.