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Assaut d'amabilités et pas d’attaque frontale pour le débat Copé-Fillon

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Le 25.10.2012 à 23:43

 

Les prétendants à la présidence de l'UMP, François Fillon et Jean-François Copé, se sont retrouvés jeudi soir pour un débat télévisé -inédit à droite- avec quelques piques mais surtout des échanges d'amabilités et pas d'attaque frontale.

A un peu plus de trois semaines de l'élection, le 18 novembre, par les militants, du nouveau président du parti, les rivaux étaient les invités sur France 2 d'une version "Spéciale UMP" de son émission "Des paroles et des actes", présentée en direct par David Pujadas.

MM. Fillon et Copé se sont succédés pendant une demi-heure chacun pour un grand oral face aux journalistes. Avant un "débat à l'américaine" de 30 minutes, où les deux hommes, debout derrière des pupitres placés de biais, ont, sans s'interpeller, rebondi sur les déclarations de l'autre.

Un des points phare du face à face a été le long interrogatoire de M. Fillon sur la stratégie du "ni-ni" en cas de duel gauche/FN. L'ex-Premier ministre, qui avait jusque là émis des réserves, a finalement rejoint la position de M. Copé en soulignant qu'on ne pouvait "pas demander aux électeurs de l'UMP de voter pour un Parti socialiste en train de conduire le pays dans le mur".

Pendant cette séquence, ils se sont donnés du "François" et du "Jean-François", échangeant des sourires et multipliant tous deux les références à Nicolas Sarkozy, ce qui n'a pas empêché quelques piques.

D'emblée, les deux hommes se sont placés sur un registre différent, l'ex-Premier ministre se posant en homme de "rassemblement" et mettant en avant ses cinq années passées à Matignon. Le secrétaire général de l'UMP a mis en exergue son expérience de maire de la ville populaire de Meaux et s'est adressé directement aux militants UMP en se présentant en homme du "terrain" et en chef de guerre à "l'esprit de résistance".

Soulignant avoir "dirigé le gouvernement de la France" dans "des conditions particulièrement difficiles", M. Fillon a jugé qu'il était de son "devoir" de mettre son "expérience au service de (son) parti".

Il s'est présenté comme l'homme du "rassemblement" avant d'assurer que "c'est aux militants de savoir quel est le meilleur" président pour l'UMP. "Leur choix sera le bon".

"Rassemblement oui, mais pas à l'eau tiède"

"Rassemblement oui, mais pas à l'eau tiède", a clairement semblé lui répondre M. Copé tout en affirmant qu'il ne voulait pas "personnaliser" le débat quand il a récemment dit que les Français ne voudraient pas, en 2017, d'un "Hollande de droite".

Invité à réagir au qualificatif "fuyant" qui lui est souvent accolé, M. Fillon a rétorqué: "fuyant les projecteurs, les émissions inutiles, people", oui mais "fuyant les responsabilités jamais". Il s'est targué d'avoir été le "ministre qui a porté les réformes difficiles sans jamais reculer".

"Arrogant", Jean-François Copé ? Un défaut dont l'affublent surtout "ceux qui ne (l)'aiment pas", a répondu en souriant l'intéressé, qui a préféré mettre en avant sa "pugnacité". "Plus à droite" que son adversaire ? "Je suis" le tenant d'une "droite décomplexée", a-t-il dit tout en revendiquant d'être le premier à l'UMP à reconnaître les sensibilités.

Interrogé sur la polémique qu'il a suscitée avec son anecdote du "pain au chocolat", M. Copé a assumé, assurant que c'était "une histoire vraie" et qu'il l'avait racontée non pour stigmatiser l'islam mais pour dénoncer "des voyous qui instrumentalisent la religion".

Alors que son ancien ami François Baroin, rallié à M. Fillon, avait lâché dans la matinée "j'ai une autre ambition pour l'UMP que +petits Blancs, pendant le ramadan, restez chez vous+", M. Copé a jugé ces critiques "excessives" et "un peu ridicules", y voyant l'expression d'une "droite complexée, dans la fausse pudeur".

Interrogé lui aussi sur le "racisme anti-Blancs", François Fillon n'a pas, lui, critiqué son rival, se contentant de confier qu'il "ne l'aurait pas dit comme ça".

Les deux hommes ont réaffirmé de concert leur opposition au projet de mariage homosexuel. M. Fillon a promis que la droite remettrait en cause la réforme si elle revenait au pouvoir en 2017, M. Copé a annoncé qu'il ne célébrerait pas une telle union et la déléguerait à ses adjoints.

 
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