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Attentats de Bruxelles : recueillement au Sénat et polémique après le tweet de Le Roux

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Simon Barbarit
Le 22.03.2016 à 15:21

Les sénateurs apportent leur soutien à la Belgique, endeuillée à son tour par une série d’attentats. Alors que le Sénat s’apprête à voter solennellement la révision constitutionnelle, la droite sénatoriale a vivement réagi à la polémique lancée sur Twitter par le patron des députés PS, Bruno Le Roux.

Minute de silence au groupe PS et  Républicains du Sénat ce matin, où il flottait comme un triste air de déjà vu. 4 mois après les attentats parisiens du 13 novembre, la Belgique compte ses morts (26 à l’heure où nous écrivons ces lignes) suite aux deux attentats qui ont frappé l’aéroport de Zaventem et une station du métro Bruxellois. « Nous prenons conscience que ces tragiques évènements peuvent frapper partout en Europe. Aujourd’hui il n’y a qu’une pensée à avoir, c’est la solidarité avec les victimes » commente le sénateur de Paris David Assouline. « Le 13 novembre, nous étions tous Paris, aujourd’hui 22 mars nous sommes tous Bruxelles » interprète le président du groupe socialiste Didier Guillaume.  

Nicolas Sarkozy  exprime sa solidarité aux victimes des attentats de Bruxelles

Même émotion au groupe les Républicains qui accueillaient ce matin le président du parti Nicolas Sarkozy. « Je veux dire toute mon émotion pour les victimes, pour leur famille et toute ma solidarité avec le gouvernement belge, les autorités belges, le peuple belge frappé aujourd’hui. Hier, c’était Abidjan, en Côte d’Ivoire. Avant-hier, c’était la Turquie. Personne n’est à l’abri. Ça va demander une prise de conscience quant à la fermeté de notre réponse extrêmement rapide » a déclaré à son arrivée l’ancien chef de l’Etat.

Bruno Le Roux fait le lien entre la révision constitutionnelle et les attentats de Bruxelles

C’est dans ce contexte tragique que le Sénat doit voter solennellement cet après-midi une version différente du projet de loi constitutionnelle que celle adoptée par l'Assemblée nationale. Les divergences entre les deux chambres portent sur l’article 2 qui fixe la déchéance de nationalité pour les terroristes. La Haute Assemblée à majorité à droite a réservé la déchéance de nationalité aux seuls binationaux, pour éviter des apatrides, là où l'Assemblée l'avait ouverte théoriquement à tous les Français afin de ne pas créer de « discrimination ». Les chances de réunir les parlementaires en Congrès nécessaire à la révision constitutionnelle sont donc grandement hypothéquées. Ce qui n’ a pas échappé au président du groupe PS à l’Assemblée nationale. Quelques minutes après les explosions meurtrières à Bruxelles, il tweete : « attentats terroristes et protection de notre pays, la droite sénatoriale qui bloque la révision constitutionnelle est irresponsable ».

La droite sénatoriale outrée par le tweet de Bruno Le Roux

Si l’effet escompté était de faire plier les sénateurs de droite, c’est raté. Bruno Le Roux a récolté un tollé général. « Indigne », a commenté Nicolas Sarkozy devant les sénateurs LR. « J’ai cru d’abord que c’était un faux tweet » avoue le sénateur de Paris Roger Karoutchi avant d’ajouter : « dans une période ou le gouvernement appelle à l’unité nationale, on a les dirigeants du Parti socialiste, qui certes n’existe quasi plus, qui sont dans une espèce de provocation permanente. Qu’ils se calment. Qu’ils se calment dans l’intérêt des Français, l’intérêt du PS, tout le monde s’en fout ». Même son de cloche pour le patron des sénateurs Les Républicains Bruno Retailleau : « ce n’est simplement pas à la hauteur. Comment peut-on faire de la politique politicienne, au moment où des familles sont endeuillées, sont dans la souffrance, où on compte des morts » s’interroge-t-il.

Luc Carvounas demande la fin « des petites phrases »

Au groupe PS, les sénateurs étaient quelque peu gênés pour commenter la sortie de Bruno Le Roux. Sans le citer, Luc Carvounas, proche de Manuel Valls se limite à un timide rappel à l’ordre  et intime « aux présidents de groupe » aux chefs de partis de droite comme de gauche de cesser « les petites phrases ». « Le 16 novembre dernier le président de la République nous a invité à faire preuve d’unité nationale sur un sujet extrêmement grave (…) et moi je vois quoi ? Des petites phrases, des petites phrases de tous. Est-ce que c’est ça qu’attendent de nous les Français ? Ça suffit parce que la seule unité nationale que nous arrivons à faire, c’est celle de notre incapacité à être responsable ensemble. Et nous mettons ensemble une pièce dans la machine du Front national ». Il faut aller à Bruxelles pour trouver une réaction socialiste plus sévère, celle de Guillaume Balas, député européen et coincé en raison des attentats à la gare du Midi. Il enjoint le député PS à se taire.

Didier Guillaume, le patron des socialistes de la Haute Assemblée ne veut lui pas croire que son homologue à l’Assemblée nationale ait pu faire le lien entre le vote du Sénat sur la révision constitutionnelle et les attentats de Bruxelles. Une ligne de défense adoptée par l’intéressé en fin de matinée. Sur LCP, Bruno Le Roux assure qu’il « n'avait pas connaissance des attentats » au moment de la rédaction de son tweet. Mais en 140 signes, le mal est fait…