Back to Top
×En naviguant sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites.En savoir plus
Mode zen

Quitter le mode zen

« Attention à ne pas nourrir l’antiparlementarisme » prévient Gérard Larcher

+A -A
François Vignal
Le 28.01.2015 à 18:40

Le président du Sénat, Gérard Larcher, met en garde avant la diffusion d’un numéro de Pièces à conviction sur le Sénat. Il pointe l’« omerta collective (qui) ne fait que nourrir les populismes » suite à la polémique sur la remise d’un prix au FN Steeve Briois par le Trombinoscope.

On reparle du « Sénat bashing ». France 3 consacre ce mercredi soir le dernier numéro de son émission Pièces à conviction au Sénat. Son titre : « Nos très chers sénateurs ». Le sujet évoque aussi bien les avantages des sénateurs, l’IRFM, les salaires des fonctionnaires du Sénat, dont certains peuvent être élevés, que l’affaire de détournement de fonds présumé qui concerne le groupe UMP. Rien de nouveau en soi. Le documentaire se concentre uniquement sur le Sénat et ne se penche pas sur le train de vie des députés ou celui de l’Assemblée nationale en générale.

S’il n’a pas vu le sujet, le président du Sénat, Gérard Larcher, a mis en garde : « Attention à ne pas nourrir un antiparlementarisme qui est au fond de notre société français », a-t-il affirmé lors d’une conférence devant l’Association de la presse parlementaire. Il pointe l’utilisation « de caméras cachées ». « Il y a des méthodes sur lesquelles il faut faire attention, parce qu'un beau matin on se réveillera avec un désir général de pas de Parlement du tout, « on serait tellement tranquille de ne pas avoir de Parlement, ça irait tellement plus vite », mais ça, ça ne serait pas l'enrichissement de la démocratie », a mis en garde Gérard Larcher. Il rappelle avoir été « le seul Président à avoir eu une journée de grève » venant des fonctionnaires du Sénat. « On ne peut pas me reprocher d’avoir essayé de remettre les choses en ordre de marche ».

Le Sénat refuse la fusion Public Sénat/LCP-AN

Le bureau du Sénat s’est ce matin prononcé contre la fusion de Public Sénat et LCP-Assemblée nationale, que souhaite Claude Bartolone. Les sénateurs ont voté unanimement les propositions du rapport confié à la sénatrice UMP Isabelle Debré sur le sujet. « Le processus de fusion est dans l’état écarté, faute de projet d'entreprise, faute de projet social, faute de projet éditorial aussi» a expliqué Gérard Larcher. Le président du Sénat souhaite cependant « aller beaucoup plus loin (…) dans les mutualisations » entre les deux chaînes. Le sénateur des Yvelines a souligné qu’une fusion, qui nécessiterait une loi, entrainerait peu d’économies mais causerait un plan social. En l’absence de fusion, le Sénat va lancer « le processus de recrutement d’un président » de Public Sénat. Le mandat de Gilles Leclerc, actuel président de la chaîne, arrive à son terme le 31 mai 2015.

Les sénateurs n’auront qu’une délégation de vote sur les textes phares

Concernant la gouvernance du Sénat, il a rappelé qu’un groupe de travail transpartisan réfléchissait sur le sujet. Il a donné rendez-vous le 11 mars pour les annonces. Mais Gérard Larcher souligne que ça « ne pouvait pas être que des mesures cosmétiques ». Il a rappelé qu’hier, les sénateurs ont voté électroniquement sur la réforme territoriale, en n’ayant qu’une seule délégation de vote par élus. Une première, qui vise à lutter contre l’absentéisme en séance. Si le président du Sénat ne souhaite pas voir cette nouveauté – en réalité une disposition du règlement qui n’avait jamais été utilisée – appliquée sur « tous les votes », elle le sera sur les textes phares. « La transition énergétique sera votée de cette manière », a-t-il annoncé. Hier, lors du vote sur la loi NOTRe, les sénateurs étaient plus nombreux qu’à l’accoutumé : environ 250.

D’autres pistes de modernisation sont à l’étude. « Il serait peut-être bien de gagner en dynamique sur les explications de vote », a-t-il souligné. Surtout, Gérard Larcher a fait le procès de la réforme constitutionnelle de 2008 qui veut que les parlementaires travaillent en séance sur le texte de la commission. « C’est quand même un échec », selon Gérard Larcher, « on est quand même dans la répétition permanente entre la commission et la séance publique ».

« Ou le FN n’est pas conforme du tout aux valeurs de la République et il faut l’interdire. Ou bien il est conforme »

Interrogé sur la polémique suite à la remise du prix d’élu local de l’année au maire FN d’Henin-Beaumont, Steeve Briois, par le Trombinoscope, Gérard Larcher s’est démarqué de son homologue de l’Assemblée, Claude-Bartolone. Le président du Palais Bourbon a boycotté la remise de ce prix décerné par un ensemble de journalistes français et étrangers. Elle avait pourtant lieu à l’Assemblée nationale. « Je suis en total désaccord avec le FN. Il n’empêche que j’ai respecté la décision prise. (…) Il faut être logique : ou ce mouvement politique n’est pas conforme du tout aux valeurs de la République et il faut l’interdire. Ou bien il est conforme. Il faut le combattre, c’est le rôle des démocrates, mais il ne faut pas l’ignorer. Cet espèce d’omerta collective ne fait que nourrir les populismes », selon Gérard Larcher.

Interrogé aujourd’hui par LCP-AN, Claude Bartolone justifie son boycott. « Ce n'est quand même pas moi qui ai inventé cette phrase d'un simple "détail de l'histoire". Et je vous le dis franchement, hier, je ne me voyais pas participer à une démonstration dans les salons de l'Assemblée nationale qui semblait honorer un membre d'un parti dont le président d'honneur avait tenu cette phrase insupportable », a justifié le président PS de l’Assemblée.