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Aubry promet une «autre France» si le PS gagne en 2012

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F.V.
Le 11.12.2010 à 14:01

Publicsenat.fr VOD

Pour la convention du PS sur l’égalité réelle, qui constitue le socle du programme socialiste pour 2012, Martine Aubry a présenté les propositions de son parti sur les questions économiques, sociales et fiscales. La première secrétaire a assuré qu’« on ne s’engueule plus au Parti socialiste ».

Pas encore tout à fait un programme, mais beaucoup de propositions. Le Parti socialiste a tenu ce samedi sa convention sur l’égalité réelle, la dernière d'une série de quatre - rénovation, nouveau modèle de développement, international - dans la perspective du projet socialiste pour 2012. Devant 700 délégués et militants, Martine Aubry a assuré que le PS « a commencé à dessiner une autre France » et promis que les socialistes mèneront une politique « juste et ambitieuse » en cas de victoire à la présidentielle.

La première secrétaire promet une « autre France » qui est « une France plus forte », avec une « économie fondée sur un nouveau modèle. (…) Entre les nostalgiques des années 60 et les libéraux, nous devons inventer un autre modèle ». A l’économie du « tout avoir », elle oppose l’économie « du bien-être » que le PS veut proposer.

« TVA éco-modulable »

Pour « combattre la financiarisation de l’économie » et « en finir avec le diktat des marchés » et « des banques », le PS veut créer une taxe de 0,05% sur les transactions financières. De quoi rapporter « 200 milliards d’euros ».

Martine Aubry veut « remettre la fiscalité à l’endroit (…), éviter le rafistolage et le matraquage » de la droite. Elle dénonce la « fausse bonne nouvelle de la suppression du bouclier fiscal » couplé à celle de l’impôt de solidarité sur la fortune. Elle propose une « TVA éco-modulable ». Et entend redonner l’autonomie financière aux collectivités.

« La désindustrialisation n’est pas une fatalité »

Pour Martine Aubry, « la désindustrialisation n’est pas une fatalité ». « La France a besoin d’un nouvel interventionnisme », d’où la « création d’un pôle d’investissement industriel ». Evoquant les salariés de France Télécom, elle souligne que « la mise sous pression des salariés est intolérable et inefficace ».

Soulignant l’importance des questions d’éducation, elle lance : « Nous devons redonner aux enseignants la force de leur métier ». « Nous savons bien aujourd’hui que l’égalité ce n’est pas l’uniformité », souligne la première secrétaire. Il faut donc « adapter les moyens à chacun ». Elle lance aussi l’idée qu’« il faut travailler  plus longtemps dans la semaine et peut-être dans l’année ».

Les médecins devront « quelques années à la République »

La jeunesse aussi, avec « une allocation d’étude pour les jeunes en formation ». Les personnes âgées, avec la dépendance : « C’est la solidarité nationale et non les assurances privées (…) qui doit prendre en charge la dépendance ». Les médecins devront « quelques années à la République ». Ils devront d’abord aller « là où il y a des besoins » en zones rurales ou dans les quartiers.

Faisant allusion aux « atteintes » faites à la presse, au fait que « le gouvernement n'ait pas renoncé à supprimer le juge d'instruction, le seul juge indépendant aujourd'hui », la patronne du PS a prévenu : « nous ne pouvons pas accepter que M. Hortefeux, une fois de plus, attaque les magistrats sur une décision qu'ils ont prise vis-à-vis des policiers », alors que le ministre a critiqué un jugement concernant sept policiers à Bobigny.

Quelques mots aussi sur la place de la France dans le monde. « La France, qui n’a plus de voix. (…) Le président de la République a abimé l’acquis historique du général de Gaulle ». Elle dénonce « l’entrée dans l’OTAN, qui n’était ni souhaitée ni souhaitable » et fait la promotion d’une union « euro-africaine ».

« Nous avons trop de propositions ? C’est formidable. On en a tellement manqué »

Face aux critiques au sein même du PS sur le manque de hiérarchisation de ces propositions, Martine Aubry répond : « Nous avons trop de propositions ? C’est formidable. On en a tellement manqué ».

Martine Aubry, en capitaine, fixe le cap : « Il nous reste 500 jours avant  l’élection présidentielle. Pour réussir 2012, nous devons réussir 2011 ». Pour cela, « le succès aux cantonales ne sera pas pour rien dans la possible, la souhaitable, l’historique alternance au Sénat à l’automne. C’est l’objectif, nous allons y aller ».

Et de donner rendez-vous « en mai », où « les Français sauront ce que nous allons faire dans le 3 premiers mois en 2012, ce que nous allons faire dans les 5 ans ». « Les idées précèdent les ambitions ».

« Le PS est uni »

Mais « réussir en 2011, c’est aussi designer notre candidat à la présidentielle ». Pour cela, elle a rappelé que le calendrier « voté par les militants » devait être respecté.

Comme à l’université d’été de La Rochelle, Martine Aubry a affirmé que « le PS est uni ». Faisant un peu de méthode Coué, elle lance : « Ça énerve un peu les journalistes, on ne s’engueule plus au Parti socialiste. On est d'accord sur l'égalité réelle, on est content quand on est tous sur le terrain au même temps », assure Martine Aubry, faisant référence à son déplacement en banlieue le même jour que Ségolène Royal.

Comme pour mieux montrer ce souci d’unité, Aubry prend la peine de citer Manuel Valls et Arnaud Montebourg, tous deux candidats déclarés à la primaire, mais aussi Laurent Fabius, Vincent Peillon, Benoît Hamon, ou même Gérard Collomb, qui critique régulièrement la première secrétaire. En revanche, ni François Hollande, ni Dominique Strauss-Kahn n’ont droit à un petit mot. Tout comme Ségolène Royal.