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«On aura des émigrants, mais la population européenne n’en veut pas»

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César Armand
Le 26.04.2011 à 14:58

Ce matin, à l’heure du sommet franco-italien sur la question de l'immigration en Europe, s’est tenue au Sénat une table ronde sur la lutte contre les discriminations. Parmi les intervenants, Nils Muiznieks, président de la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance, qui juge que l’intégration sera « une question clé pour l’avenir de l’Europe ».

Pour ce Letton, en effet, la question des migrations n’est pas « un nouveau défi » et qu’il n’y a pas de « solutions faciles » dans ce contexte d’« ambiance très négative ». « On aura des émigrants, mais la population européenne n’en veut pas, alors que le business, si. », ajoute-t-il. Par ailleurs, pour combattre le fléau de la haine, il lâche quelques pistes : « appliquer la loi même contre les ministres » - Brice Hortefeux appréciera - et « faire respecter les codes de déontologie existant au Parlement européen » avant d’appeler à ne pas supprimer la Halde, à lutter contre le racisme sur Internet, et à scolariser les gens du voyage.

De son côté, Régis de Gouttes, membre du Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) annonce l’adoption d’une recommandation sur les discours xénophobes et racistes des politiques. « Rien de contraignant » assure-t-il, mais 174 Etats-membres ont accepté de « poursuivre tout propos raciste ». Il ne s’agit pas de se substituer à la juridiction des pays, mais « lorsqu’une personne a tout épuisé, elle peut saisir (leur) comité » à ce sujet.

« Schengen n’est pas un dogme »

Quant à Pierre-Richard Prosper, ex-ambassadeur américain, actuel vice-président du CERD, il juge que l’immigration est « un important problème » et qu’il faudrait « promouvoir les droits de l’homme ».

François Zimeray, Ambassadeur pour les droits de l’homme, détaché du Quai d’Orsay, dans cet esprit, estime que « ce n’est pas parce qu’on nomme un problème qu’on le fait exister ». « Schengen n’est pas un dogme (…) Agiter le drapeau du racisme ou du renoncement à l’Europe c’est caricatural », poursuit-il.

Eric Molinié, le président de la Halde jusqu’au 30 avril, est plus nuancé : « Le gouvernement montre l’exemple. Il faut prendre le problème à bras le corps. » « La politique c’est préparer le cadre pour demain, mais c’est aussi réagir vite », complète-t-il.

Enfin, Emmanuel Decaux, vice-président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, face à ces flux migratoires, considère qu’« il ne faut pas se replier sur soi, mais donner plus d’Europe ». Il plaide aussi pour des « initiatives positives, ne ressemblant ni à un refus ni à un rejet ».

Nils Muiznieks, président de la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance,  confie que, sur les statistiques ethniques, « ça commence à bouger en France »...