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Ayrault garde le cap sur le nucléaire et l'emploi, la croissance revue à la baisse

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Le 28.08.2012 à 09:23

 

Jean-Marc Ayrault a adopté lundi soir sur France 2 une posture combative sur l'emploi, malgré l'annonce d'un chômage record touchant près de 3 millions de personnes, mais a concédé que son gouvernement allait devoir revoir à la baisse la prévision de croissance pour 2013.

Le Premier ministre, qui multiplie depuis plusieurs jours les interventions médiatiques après un mois d'août très discret, a répondu aux questions de David Pujadas au JT de 20H00.

Avec une cote de popularité en baisse, comme celle de François Hollande, M. Ayrault arrivait en terrain miné, notamment après l'annonce en fin d'après-midi de l'explosion en juillet du nombre de demandeurs d'emploi, marquée par la hausse la plus élevée depuis trois ans.

Sur ce sujet, qui figure en tête des préoccupations des Français, le chef du gouvernement a concédé que "remonter la pente (serait) difficile". "Mais chaque jour, nous menons la bataille", a assuré M. Ayrault, récusant tout fatalisme.

"Nous avons pris chantier par chantier et nous avons des résultats", a estimé le Premier ministre en citant plusieurs exemples d'entreprises pour lesquelles des milliers d'emplois ont été sauvés.

Il s'est toutefois refusé à fixer des objectifs chiffrés de réduction du chômage. "Le résultat vous pourrez le mesurer chaque jour mais vous pourrez aussi pouvoir le mesurer à la fin du quinquennat (...) notre action s'inscrit dans la durée", a affirmé M. Ayrault.

Dans le même temps, il a dû concéder que la prévision de croissance du gouvernement pour 2013 (+1,2%) n'était pas tenable et allait devoir être "réduite un peu". Le chef du gouvernement a promis que le budget pour l'an prochain serait "honnête, sincère, réaliste et volontariste", mais n'a pas souhaité dire de combien cette prévision de croissance serait révisée à la baisse.

"Moi je suis volontariste, moi je ne me résigne à rien", a affirmé Jean-Marc Ayrault, mais "en même temps je regarde la réalité en face".

"Homme d'autorité et de dialogue"

Sur la baisse des prix du carburant, promise pour cette semaine par le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, M. Ayrault a précisé qu'une baisse de 2 à 4 centimes "n'est pas trop loin de la réalité". Selon lui, la série de mesures que va dévoiler le gouvernement cette semaine correspondra à un dispositif "de blocage", promis par François Hollande durant la campagne, "pour éviter que les prix repartent à la hausse".

En chef de la majorité, il s'est aussi employé à apaiser les tensions avec les écologistes nées du plaidoyer du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, en faveur du nucléaire, une "filière d'avenir".

Non, a-t-il assuré, le gouvernement ne change pas de cap et l'objectif de M. Hollande de réduire de 75 à 50% la part du nucléaire dans le bouquet énergétique à l'horizon 2025 reste d'actualité.

"J'ai parlé avec Arnaud Montebourg (...) Je lui ai rappelé la position du gouvernement, il en a parfaitement convenu", a dit le Premier ministre. "Ce qu'il m'a dit, c'est qu'il (le ministre) avait simplement parlé de la filière nucléaire, industrielle, technologique", a expliqué M. Ayrault.

Le Premier ministre a aussi voulu répondre à ceux qui doutent de ses capacités à diriger le gouvernement en soulignant qu'il "faudrait s'habituer" à ce qu'il est, à savoir "un homme d'autorité mais de dialogue".

Dispose-t-il de l'autorité nécessaire? "Parfois on me reproche d'en avoir trop", a-t-il rétorqué. Occupe-t-il pleinement le poste ? "Absolument. Il faut s'habituer à ce que je suis. Je suis un homme à la fois d'autorité mais de dialogue et avec un objectif qui est d'animer et de faire vivre un collectif, une équipe", a insisté M. Ayrault.