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Ayrault habille son action d’« un nouveau modèle de société »

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François Vignal, envoyé spécial à Toulouse
Le 27.10.2012 à 20:27
Ayrault habille son action d’« un nouveau modèle de société »
Le premier ministre Jean-Marc Ayrault et le premier secrétaire du PS Harlem Désir, au congrès du PS, à Toulouse.
© AFP
Le premier ministre a cherché à donner du sens à l’action du gouvernement, lors de son discours au congrès du PS de Toulouse. Martine Aubry a tenu un dernier tour de piste, au moment où Harlem Désir prend les rênes du parti.

Ils sont tous là, ministres et dirigeants du PS pour la grande messe socialiste, à Toulouse. « Ici, si tu cognes, tu gagnes. Ici, même les mémés aiment la castagne », chantait Claude Nougaro à propos de la ville rose. Mais pour les socialistes, Toulouse ne sera pas Reims, le congrès de toutes les divisions. Les deux maîtres mots du 76e congrès du Parti socialiste, celui dee l’après victoire, sont « rassemblement » et « fierté » d’être socialiste. Tous derrière le gouvernement pour faire « bloc ». Un « pack » de soutien, selon les mots du nouveau premier secrétaire Harlem Désir. Une quasi unanimité juste mise à mal par Emmanuel Maurel. « Nous sommes là pour faire réussir le vrai changement (…) pas pour limiter la casse », grince le nouveau leader de l’aile gauche du PS.

« J’entends certains commentaires qui nous disent que ce congrès ne va servir à rien », a lancé Martine Aubry dans un dernier tour de piste. Au contraire, la maire de Lille est « heureuse sur la façon dont les choses se sont passées, notamment sur les nouvelles modalités » de désignation du premier secrétaire. Elles ont été critiquées pour leur manque de démocratie, et encore ce samedi par le député de Paris Jean-Marie Le Guen. Interrogé par publicsenat.fr, il a dénoncé un congrès « surréaliste ».

Aubry s’en va mais ne dit pas adieu

Si Martine Aubry s’en va, elle ne dit pas adieu pour autant. « Ma génération a peut-être encore des choses à apporter au pays. (…) Je suis partie, mais j’espère que d’autres aussi le feront… Je continuerai à être une militante. Quand je crois à quelque chose je ne lâche jamais, jamais. Sur le non-cumul, encore un petit effort, on va y arriver ! » lance Martine Aubry. Ovation de la salle.

Alors que Ségolène Royal demandait la veille de « passer aux actes », Martine Aubry demande de ne pas céder « à la rengaine d’enjoindre le gouvernement de faire tel ou tel réforme le plus vite possible ». Mais si l’ex-première secrétaire demande d’« arrêter de parler dans la presse », elle ne se prive pas à la tribune de « donner (son) avis ». Sur la compétitivité – « une hausse de la TVA, ce n’est pas un choc de compétitivité, mais un choc de pouvoir d’achat » – ou le droit de vote des étrangers : « Ce serait une grande tristesse si nous n’arrivons pas à l’appliquer pour 2014. Mais je le dis : les Français ont besoin de savoir qu’on pense d’abord à leur emploi (…) mais aussi qu’on en a encore plus besoin de la générosité en période de crise que le repli sur soi ». Un peu plus tôt, Benoît Hamon a souligné que « cet engagement là n’est pas ouvert à la négociation ».

Ayrault : « Nous devons tenir bon »

Dans son discours, Jean-Marc Ayrault n’a pas parlé du droit de vote des étrangers. Mais le premier ministre a cherché à donner du sens à son action. Il a trouvé une formule : « C’est un nouveau modèle de société », un modèle « adapté aux enjeux de notre siècle ». Derrière ces mots ambitieux, Jean-Marc Ayrault couvre toute l’action du gouvernement. Un habillage pour mieux présenter et défendre les réformes de l’exécutif.

Jean-Marc Ayrault reprend aussi l’expression de « nouveau modèle social »… que Nicolas Sarkozy avait employée durant la campagne lors de son discours du Trocadero. « Ce nouveau modèle français, nous avons commencé à lui donner un socle. C’est le redressement de nos comptes publics, c’est la priorité à emploi », continue le chef du gouvernement, qui applique son concept à toutes les sauces : le nouveau modèle français, « c’est mettre la finance au service des entreprises et des particulier », « c’est un nouveau modèle fiscal qui impose le capital au même niveau que le travail », « c’est une nouvelle organisation territoriale », « c’est la transition énergétique », « c’est la négociation sociale », « c’est une protection sociale de qualité », « c’est plus d’égalité, le mariage pour tous et le droit à l’adoption », « c’est la laïcité partout », « c’est le non-cumul des mandats » lance Ayrault. Nouvelle standing ovation de la salle… « Nous devons tenir bon, rassurés par notre sérénité, notre détermination, maintenir le cap jusqu’au bout », affirme Ayrault.

Avant de quitter l’estrade, il salue d’un « cher Martine » l’ex-patronne du PS pour son « travail accompli » et exprime « toute (sa) confiance » et son « soutien » à Harlem Désir. Sous les applaudissements de la salle, il descend, serre la main du nouveau premier secrétaire, avant de remonter seul. La main sur le cœur, Jean-Marc Ayrault remercie ses camarades socialistes. Il redescend pour aller chercher Harlem Désir, pour un rappel comme au théâtre. La salle applaudit. Les deux hommes lèvent les bras. Un semblant d’enthousiasme dans un congrès qui en a manqué.