Balladur, un « baron de plus » pour Fillon, ironise Valérie Rosso-Debord

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François Vignal
Le 21.09.2012 à 19:08
Balladur, un « baron de plus » pour Fillon, ironise Valérie Rosso-Debord
Valérie Rosso-Debord, déléguée générale adjointe de l'UMP.
© AFP

Valérie Rosso-Debord, déléguée générale adjointe de l'UMP et soutien de Jean-François Copé pour la présidence de l’UMP, dénonce la « tentative de bluff » de François Fillon, qui a annoncé avoir reçu 45.000 parrainages d’adhérents. Mais « ce sera comme au PS, on se retrouvera tous après », affirme-t-elle. Entretien.

Quel campagne Jean-François Copé va-t-il mener jusqu’au scrutin pour la présidence de l’UMP ?
Il va faire une campagne de terrain, de proximité, une campagne basée sur le lien avec les adhérents UMP, la volonté d’avoir fait le tour des fédérations d’ici au 18 novembre. La deuxième étape, c’est la sortie de son livre, « Pour une droite décomplexée », fin septembre. Il décline ses idées et ses propositions pour l’UMP et la reconquête aux municipales de 2014.

L’histoire des parrainages, c’est un coup dur ?
Non, on a les parrainages et on peu en apporter la preuve. Nous ne sommes pas certains, pour ne pas dire autre chose, que nos amis compétiteurs puissent le faire. On a eu d’un côté une tentative de bluff sur un chiffrage. Nous, nous avons réellement le nombre de parrainages que nous avons annoncé. D’ailleurs Laurent Wauquiez (soutien de François Fillon, ndlr) a indiqué que l’objectif n’était pas de savoir celui qui en avait le plus…

L’ex-premier ministre Edouard Balladur a annoncé son soutien à François Fillon, un soutien de plus. Cela peut-il jouer ?
C’est un soutien de baron de plus. Ça démontre ce qu’on dit : d’un côté, il y a le candidat des barons et de l’autre le candidat des militants. Et il ne faut pas croire que les militants écoutent les prescripteurs.

Sur le fond, y a-t-il une différence entre Jean-François Copé et François Fillon ?
Il y a plus une différence de façon d’être. Jean-François Copé est maire de Meaux, où il y a 53% de logements sociaux, où le FN fait un score important. Il a l’habitude de se battre, d’aller à la conquête. François Fillon, lui, est député de Saint-Germain-des-Prés. Et François Fillon a clairement dit que s’il était président de l’UMP, il laisserait à ses lieutenants l’organisation du parti. Or c’est bien trop important, le président doit s’en occuper, aller au contact.

François Fillon a du mal à aller au contact selon vous ?
Il sort de 5 ans de Matignon, il a quitté la Sarthe pour Saint-Germain, il n’est plus franchement dans une dynamique de banquets républicains. Je ne suis pas sur que le contact avec la base militante le passionne.

L’affrontement Copé/Fillon risque-t-il de fragiliser l’UMP ?
Non, ce sera comme au PS. On se retrouvera tous après sans problème. Ce qui nous rassemble est bien plus important que ce qui nous divise.

Après que Libération a affirmé que le gouvernement planchait sur un retour de la TVA sociale, supprimée cet été, Matignon explique que cette option « n’est pas privilégiée à ce stade ». Si l’exécutif décidait son retour, seriez-vous satisfaite ?
Je dis bonjour l’hypocrisie. Ils se sont ingéniés à défaire ce que le gouvernement avait bien fait puis ils ont été rattrapés par la réalité économique et politique. Ils vont se rendre compte que ce qui avait été fait, avait été bien fait. On méconnaît l’insondable légèreté et l’amateurisme du gouvernement socialiste. Et c’est très grave. S’ils font ça, ils démontreraient à quel point ils étaient impréparés, qu’ils ont agi par posture idéologique et non dans l’intérêt de la Nation. C’est une vraie faute.

Marine Le Pen souhaite l’interdiction du voile et de la kippa dans la rue. Quelle est votre réaction ?
C’est méconnaître l’histoire de notre pays qui a amené à la loi de 1905. Elle n’est pas contre les religions. Cette loi doit permettre à tout un chacun de vivre ensemble sur le territoire. Prétendre interdire toute expression religieuse est une méconnaissance de l’histoire et une vraie erreur. Ou alors il faut qu’elle revoit ses cours d’histoire ou c’est un coup médiatique. Mais ce n’est pas opportun.