Bartolone élu au perchoir, mais les écologistes déjà grognons

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François Vignal
Le 26.06.2012 à 18:13
Bartolone élu au perchoir, mais les écologistes déjà grognons
Claude Bartolone, au centre de l'image.
© AFP
« Je sais d’où de viens. J’assume tout ce que je suis. Un fils de prolétaire. (…) Je dois tout à la République ». C’est par ces mots que Claude Bartolone a salué son élection à la présidence de l’Assemblée. Bémol : le désaccord entre PS et Verts sur les présidences de commission.

La 14e législature de l’Assemblée nationale est ouverte. Comme prévu, un nouveau président a été élu : c’est Claude Bartolone. Le député socialiste de Seine-Saint-Denis a été désigné la semaine dernière par les collègues socialistes pour être leur candidat au perchoir. Il a été élu à la majorité absolue par 298 voix face à son prédécesseur UMP Bernard Accoyer (185 voix), candidat de l’opposition. C’est le 12e président sous la Ve république.

« Un fils de prolétaire, un enfant de Tunis, né de père Italien et de mère Maltaise »

Après un hommage à ses prédécesseurs avec une « pensée particulière pour Philippe Seguin et Raymond Fourni », Claude Bartolone a tenu un discours emprunt d’émotion en forme de défense et de rappel des valeurs de la République. « Je sais d’où de viens. J’assume tout ce que je suis. Un fils de prolétaire, un enfant de Tunis, né de père Italien et de mère Maltaise qui en 1960 dut transiter en 24 heures d’une rive à l’autre de la méditerranée. Rien ne me destinait à m’élever. (…) Rien sauf la République, ses valeurs, son écoles. (…) Je dois tout à la République », a lancé le nouveau président.

Au moment où le Front national fait son retour à l’Assemblée, Claude Bartolone a aussi rendu hommage aux « parlementaires qui ont refusé de donner les pleins pouvoir à Pétain ». Soulignant que « toutes les voix seront entendues » au sein du Palais Bourbon, celui qui reste socialiste a rappelé que l’Assemblée « suivra la feuille de route que nous ont confié nos compatriotes ».

Place aux femmes dans les commissions

Place aux femmes. Elisabeth Guigou, qui visait le perchoir, devient présidente de la commission des affaires étrangère, Patricia Adam  occupe celle de la défense, Catherine Lemorton les affaires sociales. Jean-Jacques Urvoas préside la commission des lois, François Brottes les affaires économiques et Patrick Bloche les affaires culturelles. Christian Ekert devient rapporteur général du Budget de la commission des finances, présidée par un UMP, qui devrait être Gilles Carrez. Françoise Clergeau devient questeure.

Deux heures plus tôt, le doyen d’âge de l’Assemblée, l’UMP François Scellier, 76 ans, a eu « le privilège » d’ouvrir la session, devant tous les députés réunis, dont 218 nouveaux élus. « Je rends hommage à ma maman, qui vient d'avoir 100 ans et qui me regarde à la télévision », a déclaré le député du Val-d’Oise.

Quand après tirage au sort, le socialiste marseillais Patrick Mennucci est nommé secrétaire suppléant pour le vote, l’hémicycle se fait plus bruyant…  A la tribune, c’est la benjamine de l’Assemblée, Marion-Maréchal Le Pen, 22 ans, et l’une des deux élus FN, qui doit rester près de l’urne durant le vote. Certains députés lui serrent la main. D’autres évitent. Jean-François Copé, lui n’a pas eu le choix : du fait de l’ordre alphabétique, il est assis pour cette session d’ouverture à côté de Gilbert Collard, l’autre député FN. Alain Marleix, député UMP du Cantal, se retrouve à côté de son fils, Olivier.

Particularité de cette nouvelle Assemblée : elle tweete beaucoup plus que la précédente. L’arrivée de nouveaux élus, plus jeunes, n’y est pas pour rien. Denis Baupin, l’un des nouveaux députés Europe Ecologie-Les Verts :

Axelle Lemaire, jeune député PS qui a refusé le poste de ministre délégué aux Français de l’étranger, prend une photo depuis sa nouvelle place :

L’enjeu de la journée était à chercher dans la désignation des présidences de commissions, des vice-présidences de l’Assemblée et les trois postes de questeurs, qui ont la haute main sur les finances de l’Assemblée. Et pas toujours facile de se mettre d’accord. La tension est montée entre écologistes et les socialistes. Les députés PS ont refusé de donner au nouveau groupe Europe Ecologie-Les Verts la présidence de la commission du développement durable, qu’ils réclamaient. Après de longues discussions, les socialistes ont préféré leur laisser la commission non-permanente des affaires européennes. Résultat : les écologistes ont décidé de voter blanc « au vu du mode de gestion de la majorité » lors du vote pour le perchoir. Après le déplacement de la ministre Nicole Bricq de l’Ecologie au Commerce extérieur, c’est un nouvel accro au sein de la majorité. Le co-président du groupe EELV, François de Rugy, interrogé sur l’antenne de LCP-AN, y voit des « signaux de fermeture à l’égard de l’écologie et donc des écologistes ». C’est le début de la session. Et aussi des problèmes.