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Bayrou : «Il y a d'immenses réserves d'emploi» en France

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Thomas Leroy
Le 12.04.2012 à 16:51
Bayrou : «Il y a d'immenses réserves d'emploi» en France
© AFP
Alors qu'il stagne dans les sondages, François Bayrou présentait aujourd’hui sa réforme pour relancer l’économie française et endiguer le chômage. « Il y a d’immenses réserves d’emploi et la France a des atouts pourvu qu’elle les joue ! »

 « Surement la loi la plus importante de la législature » promet-il d’emblée. François Bayrou est venu apporter sa solution pour « l’emploi et le pouvoir d’achat » lors d’une conférence de presse ce matin à son QG parisien. Une « loi-cadre » de plusieurs dizaines d’articles qu’il souhaite faire voter rapidement s’il est élu président.

Quelques mesures de la loi-cadre

- un label « Produit en France » pour indiquer « le pourcentage de la valeur totale réalisée en France »

- un crédit d’impôt innovation en complément du crédit d’impôt recherche notamment pour les PME

- des banques nationales de développement et des filières régionales pour contribuer au financement des entreprises

- un commissariat stratégique à la production française chargé d’encadrer et de développer la production française. Il pourra mettre en sursis « un engagement international qui présente un risque important pour la production ou l’emploi en France »

« Trois problèmes principaux sont liés, explique le candidat centriste. L’emploi, le pouvoir d’achat et le surendettement de la France. » Son crédo, le « made in France », censé résoudre les difficultés de compétitivité des entreprises françaises.

L’objectif « essentiel », c’est de « recommencer à produire chez nous. » La logique est simple. La France doit se spécialiser dans certains domaines qu’elle a trop longtemps laissés à ses voisins, plus  ou moins lointains. « Prenons l’exemple de la filière du bois, explique François Bayrou. Il y a 16 millions d’hectares de forêts en France et 550 000 personnes qui y travaillent. L’Allemagne a 11 millions d’hectares et 750 000 personnes affectés. Nous avons donc 30% de terrains en plus et 30% de salariés en moins (…) alors que la filière du bois en France est déficitaire. »

Même constat pour le textile, le numérique ou encore le tourisme. « Il y a d’immenses réserves d’emploi et la France a des atouts pourvu qu’elle les joue ! »

Pour remédier à cette solution, de nombreuses mesures sont prévues dans cette loi cadre. Stimuler l’emploi local grâce à un crédit d’impôt innovation, simplifier les démarches administratives pour les PME ou  encore redéfinir les critères attribution des marchés publics. Autant de règles pour relancer l’économie française.

Inconvénient : le made in France coûte cher et les prix risquent d’augmenter. « On n’aborde la question que par le prix souligne François Bayrou. Mais ceux qui recherchent le prix bas, ce n’est pas la majorité » des Français. Une perche tendue aux classes moyennes. « 2/3 des français sont prêts à payer plus cher pour des produits français, » explique le leader du Modem reprenant une étude du Credoc de 2010. A condition que ce surplus ne dépasse pas 10% précise l’étude.

Hollande et Sarkozy sont dans « le déni de la crise »

Interrogé évidemment sur son éventuel ralliement au second tour, François Bayrou continue de brouiller les cartes, renvoyant les favoris dans leurs buts. Dans le Figaro Magazine, Alain Juppé estime que le centriste pourrait « sûrement » être Premier ministre en cas de victoire de Sarkozy. En réponse, le président du Mouvement Démocrate précise que sa réforme « sera beaucoup plus efficace » s’il devenait président de la République.

 « La seule majorité stable est la majorité centrale » qui réunirait « les réformistes de gauche, du centre et de droite » martèle François Bayrou. « C’est aveuglant d’évidence (…) Si j’accepte cette question, j’accepte que la politique soit fatalement dans la bipolarisation. »

Lui qui a promis une consigne de vote pour le second tour pourrait bien faire marche arrière. « Nous ne vivons pas dans le même monde » que Hollande et Sarkozy qui sont tous deux dans le « déni de la crise ».

Plus que jamais, François Bayrou jouera le premier tour en solitaire. Pour le moment les sondages ne sont pas favorables. Reste à savoir s’il prendra réellement le risque d’un ralliement quitte à y perdre la crédibilité qu’il a acquis en 2007.