Back to Top
×En naviguant sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites.En savoir plus
Mode zen

Quitter le mode zen

Benbassa prend son « bâton de pèlerin » pour faire reconnaître l’Etat palestinien

+A -A
Tristan Quinault Maupoil
Le 30.10.2014 à 14:12
Benbassa prend son « bâton de pèlerin » pour faire reconnaître l’Etat palestinien
Esther Benbassa, sénatrice EELV du Val-de-Marne
© Public Sénat

Un vote pourrait avoir lieu début 2015 au Sénat. Mais l’ambassade d’Israël en France a envoyé une lettre à tous les élus et pris rendez-vous avec les présidents des groupes politiques pour éviter l’inscription d’un tel vote à l’ordre du jour.

C’est une « coïncidence de calendrier ». Le jour où la Suède est devenue le premier pays européen à reconnaître l’Etat palestinien, Esther Benbassa a présenté jeudi sa proposition de résolution pour que la France suive l’exemple scandinave.

« C’est nécessaire, urgent et incontournable qu’il y ait des négociations », a expliqué la sénatrice EELV du Val-de-Marne. Celle-ci veut pousser les deux peuples à discuter. Sa proposition est faite pour « être un aiguillon pour toutes les tendances politiques ».

134 pays reconnaissent déjà l’Etat palestinien. En France « ça ne passera pas facilement », a prévenu l’écologiste, très en pointe sur ce sujet. Esther Benbassa, qui a vécu en Israël, dit avoir « reçu de très fortes pressions de l’ambassade israélienne à Paris » pour ne pas présenter son initiative. Tous les sénateurs ont reçu une lettre signée par l’ambassadeur de l’Etat Hébreu. « De l’interventionnisme » exercé par le diplomate pour éviter que la résolution soit à l'ordre du jour.

Esther Benbassa pense que sa résolution, cosignée par les sénateurs EELV, pourra être discutée lors de la niche parlementaire des écologistes, « début 2015 ». Auparavant, la sénatrice veut « taper à toutes les portes et prendre (son) bâton de pèlerin » pour rallier à elle des élus d’autres partis. Outre les communistes, des sénateurs UDI et des radicaux de gauche se seraient montrés réceptifs à la demande de l’écologiste. Un rendez-vous avec Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, est envisagé.

« C’est une question taboue en Europe. En Allemagne on ne peut pas parler des Palestiniens à cause de l’histoire, y compris chez la gauche allemande. On marche sur des œufs », a-t-elle regretté.