Berlusconi au crépuscule de son règne ?

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Elisa Bertholomey
Le 14.06.2011 à 17:31
Berlusconi au crépuscule de son règne ?
© AFP

Deux désaveux en moins d’un mois. Le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, n’a plus la côte auprès de ses électeurs. Déjà lourdement défait lors des élections municipales des 29 et 30 mai derniers qui virent la gauche remporter Naples et son fief de Milan, il vient d’essuyer un autre revers : des quatre questions soumises à référendum ce week-end, aucune n’a emporté l’adhésion des électeurs.

Plusieurs thématiques étaient abordées : l’ouverture au privé de la gestion et de la distribution de l’eau, le retour au nucléaire et l’immunité judiciaire des membres du gouvernement et du président du Conseil. La gifle est cinglante : pour chacune des questions, entre 94,1 et 95,8% des votants se sont prononcés contre. « C’est un désaveu pour Silvio Berlusconi car comme lors des élections municipales, il s’est inclus personnellement dans le vote. Du coup les Italiens ont voté pour ou contre Berlusconi », analyse Stefano Montefiori, correspondant du Corriere della Sera à Paris.

La fin du soutien de la Ligue du Nord ?

Pour être valide, un référendum populaire nécessite la participation d’un quorum d’au moins 50% + 1 électeurs. Pour la première fois en 16 ans, la participation aux référendums a été élevée, 57%, et ceci alors que Berlusconi avait appelé les citoyens à boycotter le scrutin. Des hommes politiques de droite sont même allés voter, désavouant ainsi leur leader. Un véritable échec pour le président du Conseil qui se trouve maintenant en position délicate pour gouverner. Certains parlent d’élections législatives anticipées (les prochaines se tiendront en 2013). Mais pour il Cavaliere, pas question d’y penser. D’autant que son principal allié, la Ligue du Nord, laisse peser la menace de ne plus le soutenir. Le parti régionaliste pourrait négocier son soutien au Peuple de la liberté (PDL), parti de Berlusconi. « La Ligue du Nord va essayer de peser pour une baisse des impôts et pour la suppression immédiate des missions militaires en Libye, Tunisie… », poursuit Stefano Montefiori. Berlusconi aura peu de marge de manœuvre : la Ligue du Nord est un allié précieux alors que le gouvernement sera soumis à un vote de confiance du Parlement, le 22 juin prochain.

Peut-on pour autant signer l’acte de décès de l’ère Berlusconi ? « Nous en sommes au crépuscule », précise Stefano Montefiori, pour qui « politiquement, c’est la fin de Berlusconi ». Le « pacte de confiance » entre les Italiens et leur président du Conseil est rompu : « chaque fois que les citoyens s’expriment, c’est contre lui ».

Pour Fabio Capelli, correspondant de la RAI à Paris, « il est encore trop tôt pour parler de la fin de Berlusconi. C’est une figure charismatique mais encombrante, son départ est plus compliqué à gérer que pour d’autres hommes politiques ». Surtout, la claque reçue par Berlusconi lors des dernières élections ne signifie pas la mort de la droite italienne et le retour de la gauche au premier plan. « C’est un revers pour Berlusconi mais pas pour le centre-droit qui a juste à se trouver un autre leader », confirme Fabio Capelli. Le journaliste croit peu en une renaissance de la gauche « Il n’y a pas d’alternative pour le moment. La gauche a gagné les municipales et les référendums certes, mais elle n’a toujours pas de leader. »