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Bettencourt : la publication des enregistrements pirates devant la justice
Liliane Bettencourt et son gestionnaire de fortune Patrice de Maistre ont demandé jeudi à la justice, via leurs avocats respectifs, de faire cesser immédiatement la diffusion par Le Point et Mediapart des enregistrements pirates réalisés au domicile de l'héritière de L'Oréal.
Les journalistes de Mediapart qui ont diffusé des extraits écrits et audio de ces écoutes réalisées par le maître d'hôtel de Liliane Bettencourt « sont non seulement très fiers de ce qu'ils font "les principes ne les étouffent pas" mais ils annoncent encore que chaque jour, ils vont publier de nouveaux extraits jusqu'à épuisement des 24 CD », a déploré l'avocat de Monsieur de Maistre, Madame Pascal Wilhelm, devant un juge des référés parisien.
« Nous ne comptons pas museler la presse », mais elle ne peut « receler des informations qui relèvent de la vie privée », a-t-il martelé.
« Si vous n'interdisez pas ce procédé qui consiste à être le complice des enregistreurs de notre vie privée, cela va devenir le sport national! », a mis en garde l'avocat : « Quiconque est en conflit avec son employeur, avec sa mère, saura qu'il peut enregistrer des propos de manière clandestine et les mettre sur internet ».
« La cocasserie de l'histoire », c'est que ce soit Mediapart qui publie ces écoutes, Mediapart dont le directeur de publication Edwy Plenel a engagé des procédures dans l'affaire des écoutes de l'Elysée, un dossier où « les fondements étaient les mêmes ».
« Sous ces aspects anecdotiques, cette affaire concerne les fondamentaux de notre démocratie », a renchéri l'avocat de Madame Bettencourt, Monsieur Georges Kiejman : « Vous devez dire trop c'est trop, sinon demain la France sera (...) le pays où tout le monde peut dénoncer tout le monde ».
L'avocat du Point, Madame Renaud Le Gunehec, a de son côté dénoncé la « stratégie d'étouffement » à l'oeuvre dans cette affaire.
Ces enregistrements représentent « un véritable objet d'information dont il est légitime qu'il soit rendu public », a renchéri le conseil de Mediapart, Monsieur Jean-Pierre Mignard, ajoutant : « nous avions raison de (les) retranscrire » car leur révélation « a amené des responsables à prendre des mesures, qui sinon, soyons-en certains, n'auraient jamais été décidées ».
Outre l'interdiction de diffusion, Patrice de Maistre et Liliane Bettencourt réclament 140.000 euros. Décision jeudi prochain.




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