La BPI sera proche des territoires, « pas un machin parisien lointain »

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François Vignal et Sophie Normand (sujet vidéo)
Le 17.10.2012 à 18:41

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C’est « l’acte de naissance du premier engagement » de François Hollande. Ce midi, dans le grand bâtiment de Bercy, le ministre de l’Economie Pierre Moscovici, flanqué de ses ministres de tutelle, détaille la structure de la future Banque publique d’investissement (BPI). « Une genèse rapide et un beau bébé », salue le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qui voit dans la BPI « l’un des bras armé du redressement productif de notre pays ».

Dotée d’une force de frappe de 42 milliards d’euros, la BPI permettra dès l’année prochaine de financer les PME prometteuses ou d’y investir. Le projet de loi sera voté avant la fin de l’année. Son objectif est de rassembler sous un même guichet toutes les structures existantes : la banque publique de financement des PME et de l'innovation Oseo, le FSI (Fond stratégique d’investissement) et la CDC Entreprises, filiale de la Caisse des dépôts. A terme, la BPI intégrera Ubifrance, qui aide les entreprises françaises à l’exportation, précise la ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq.

« N’en faisons pas un pompier » 

« C’est une banque globale, différente, un outil stratégique », lance Pierre Moscovici. L’objectif n’est pas d’aider les entreprises en train de couler, mais d’aider les filières d’avenir et stratégiques, comme dans le numérique, « la transition écologique » ou l’économie sociale et solidaire. « Ce n’est pas un outil défensif, c’est un outil offensif. (…) N’en faisons pas un pompier », précise Moscovici, sans écarter la possibilité d’aider au cas par cas une entreprise qui « n’aurait pas de fonds propres ».

Le ministre de l’Economie met en avant le caractère « décentralisé » de la nouvelle structure publique : « C’est une banque des régions ancrée dans les territoires, pas une construction parisienne en apesanteur ». Il insiste : « Ce n’est pas un machin parisien lointain. Nous voulons que 90% des décisions financières soient prises en région ». Pierre Moscovici préférait pourtant à l’origine une organisation centralisée… Un réseau de directions régionales sera mis en place avec un guichet unique par région. Un comité national d’orientation sera dirigé par le président de l’Association des régions de France, le président PS d’Aquitaine Alain Rousset. Le premier conseil d’administration sera organisé en janvier « dans une capitale régionale et pas à Paris », annonce encore le ministre de l’Economie.

« Anne Lauvergeon sera sans aucun doute amenée à jouer un grand rôle au service de l’Etat »

C’est Jean-Pierre Jouyet, directeur général de la CDC, qui présidera la Banque publique d’investissement, sans avoir de fonctions exécutives. Nicolas Dufourcq, actuel directeur général de Capgemini et créateur de Wanadoo, a « vocation » à en devenir le directeur général. Il a été préféré à l’ex-patronne d’Areva, Anne Lauvergeon, reçue mardi en fin de journée à Matignon. « Elle sera sans aucun doute amenée à jouer un grand rôle au service de l’Etat », glisse Pierre Moscovici après sa conférence de presse, saluant ses « grands talents ». « A EDF ? », demande un journaliste. Réponse ambivalente du locataire de Bercy : « Oui… (silence) Non ! »