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Quitter le mode zen

Les sénateurs socialistes quittent l'hémicycle pour dénoncer un budget « foulé aux pieds»

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Sophie Vandermolen (Images : Stéphane Hamalian)
Le 29.11.2016 à 17:08

Le groupe socialiste mené par son président Didier Guillaume a décidé de quitter l’hémicycle pour protester contre le choix de la majorité de ne pas examiner le projet de loi de finances 2017. La droite a décidé de déposer une motion préalable qui rejette d’emblée le budget 2017 dès le début des débats. La discussion générale qui avait commencé le 24 novembre ont repris ce mardi, avant le vote de la motion le lendemain.

Dès l’ouverture de la discussion générale, Didier Guillaume a accusé les sénateurs de la droite et du centre d’ « étouffer le bicamérisme », laissant l’Assemblée nationale voter seule le budget. « Monsieur le président du Sénat, vous resterez dans l’histoire le président qui aura bâillonné le Sénat à des fins pré-électorales » a déclaré le président du groupe à destination de Gérard Larcher, absent de l’hémicycle. Les sénateurs socialistes ont ensuite quitté la salle, saluant au passage le secrétaire d’Etat chargé du Budget Christian Eckert.

« Nous avons décidé de ne pas participer à ce que nous considérons comme une mascarade du travail parlementaire, en quittant la séance cet après-midi, et en ne participant pas demain au vote de la question préalable » a précisé Didier Guillaume lors d’un point presse.

Symboliquement, les sénateurs ont alors jeté à terre l’intégralité du projet de loi de finances dans la salle de conférence. Un budget « foulé aux pieds », qui « n’a servi à rien ».

Un budget « insincère »

A droite et au centre, on rejette la responsabilité sur le gouvernement et la présentation d’un budget « insincère ».

Le président du Sénat Gérard Larcher dit « regretter » dans un communiqué l'attitude des socialiste et la « violence des propos tenus par Didier Guillaume ».

« Dire la vérité aux Français, ce n'est pas affaiblir le bicamérisme. C'est au contraire lui donner toute sa légitimité » estime-t-il.

Pour Fabienne Keller, l’attitude des sénateurs socialistes est « paradoxale ». « Ils regrettent l’absence de débats et de discussions alors qu’eux-mêmes quittent la séance en amont du vote de la question préalable. (…) Nous sommes face à des hypothèses de recette surévaluées et des dépenses minorées. Il nous semble que ce n’est pas un budget sincère ».

La sénatrice UDI Catherine Morin-Desailly dénonce également la « méthode » des socialistes. « A partir du moment où une question préalable est posée et votée, il faut en accepter la réalité et s’inscrire dans une démarche positive qui s’inscrire à rester pour débattre. Je trouve que quitter ainsi l’hémicycle n’est pas une bonne solution ».


 

La discussion générale et la motion préalable sur le projet de loi de finances auront lieu sans les socialistes jusqu’à demain. L’Assemblée nationale votera donc seule ce budget contesté.