Back to Top
×En naviguant sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites.En savoir plus
Mode zen

Quitter le mode zen

Carvounas : « François Hollande devrait nous dire rapidement s’il est candidat »

+A -A
François Vignal (images : Jérôme Rabier)
Le 18.10.2016 à 19:05
Carvounas : « François Hollande devrait nous dire rapidement s’il est candidat »
Luc Carvounas, sénateur-maire PS du Val-de-Marne.
© AFP

Après la publication du livre de confidences de François Hollande, le doute touche aussi des sénateurs PS. Certains le pressent de se déclarer alors que l’appel des parlementaires est pour l’heure enterré. Le recours Valls est à nouveau évoqué, mais le premier ministre ne devrait rien faire contre le Président.

La sortie du livre de confidences de François Hollande à deux journalistes du Monde, Fabrice Lhomme et Gérard Davet, et ses conséquences, continuent encore d’agiter le landerneau socialiste. Il n’en fallait pas beaucoup plus pour que certains imaginent à nouveau Manuel Valls y aller à la place d’un François Hollande empêché. La mise au point depuis le Canada de Manuel Valls – « il faut de la hauteur de vue » – n’a fait que renforcer cette idée. « Si Hollande n’y va pas dans la minute, je suis candidat » a même affirmé le premier ministre, rapporte Le Monde…

« Si François Hollande n’est pas candidat, toutes les opportunités peuvent s’ouvrir et pourquoi pas Manuel Valls… » (un ministre)

Un ministre n’écarte pas l’hypothèse ce mardi : « Si François Hollande n’est pas candidat, naturellement, toutes les opportunités peuvent s’ouvrir et pourquoi pas Manuel Valls… » glisse ce membre du gouvernement. En réalité, la nature a horreur du vide. François Hollande multiplie les signaux depuis plusieurs mois, mais sans se déclarer candidat. Pendant ce temps, les difficultés continuent et le message présidentiel paraît inaudible. Face à un Président qui semble aux yeux de certains démonétisé, les scenarii s’ébauchent.

Lundi matin, des proches du premier ministre étaient réunis autour de lui. « Ce n’est pas pour préparer un plan B. On n’a jamais été dans le plan B » assure un de ses soutiens. Manuel Valls a en effet jusqu’ici montré sa loyauté au chef de l’Etat, tout en affirmant par moment une forme de liberté. « Il y a un type loyal dans l’affaire et qui tient la République, c’est le premier ministre. La boutique est tenue. Manuel Valls ne fait pas de petits calculs, il va être premier ministre jusqu’au bout. Il ne fera rien contre l’homme qui l’a désigné premier ministre » assure à publicsenat.frLuc Carvounas, sénateur socialiste qui soutient Manuel Valls.

« Toute la stratégie de communication vient d’être percutée par François Hollande lui-même »

Mais le sénateur PS peste encore contre les déclarations de François Hollande aux journalistes du Monde. « Ce n’est pas moi qui me suis mis dans une situation de délivrer autant de confidences dans un livre, au niveau du secret défense même » souligne-t-il. Selon Luc Carvounas, François Hollande se tire avant tout lui-même une balle dans le pied : « Toute la stratégie de communication montée vient d’être percutée par François Hollande lui-même ».

Et si Hollande n’y va pas ? « Si François Hollande, n’y va pas, tout est ouvert, mais pas seulement pour Manuel Valls » reconnaît Luc Carvounas. Outre les candidats déclarés à la primaire de gauche, on évoque aussi Ségolène Royal, sans parler d’Emmanuel Macron, qui a choisi d’avancer hors primaire. Mais le sénateur du Val-de-Marne ne croit pas que François Hollande renoncera. Dans ces conditions, il demande au chef de l’Etat d’avancer son calendrier : « Il serait opportun qu’il nous dise qu’il est candidat maintenant et qu’on se mette en ordre de marche maintenant, qu’on arrête ce flottement. Continuer à nourrir le doute ne fait à mon sens que le fragiliser. C’est une mauvaise stratégie ». Il insiste : « François Hollande devrait nous dire rapidement s’il est candidat, on n’a plus les moyens de se payer le luxe d’attendre deux mois ».

« Il n’y a pas de flottement, il y a beaucoup de désarroi »

Gaëtan Gorce, habitué à critiquer l’exécutif, presse aussi le locataire de l’Elysée à avancer. « Il n’y a pas de flottement, il y a beaucoup de désarroi. Il serait temps que des décisions soient prises, ou que des candidatures soient annoncées. Faire durer tout cela jusqu’en décembre est un facteur de déstabilisation majeure » pense le sénateur PS de la Nièvre (voir la vidéo ci-dessous). Reste que se déclarer tôt est toujours difficile pour un Président en exercice, qui sera forcément accusé d’utiliser les moyens de l’Etat pour son profit.

Le même ministre qui évoque l’hypothèse Valls, ne croit pas à une avancée du calendrier : « Le chef de l’Etat a son calendrier qu’il respecte. Ce sera début ou mi décembre. Il y a six semaines à attendre » explique ce membre du gouvernement. Il ajoute : « La meilleure chose à faire quand il y a des turbulences, parce qu’il y en a, c’est de garder le cap ».

« Le curé des socialistes est aujourd’hui un peu en perte de crédibilité »

En attendant, le doute gagne aussi des sénateurs pas spécialement connus pour être des frondeurs chez les socialistes. « Ça ballonne beaucoup. On peut dire qu’on va s’engager (derrière François Hollande) à condition qu’on sache s’il va s’engager. Il faut que ce soit clair » souligne Bernard Lalande, sénateur de Charente-Maritime. « Nous sommes dans un moment de surprise. Nous avons à digérer des choses qui sont arrivées, largement reprises par les médias. J’ai coutume de dire, ce n’est pas qu’on n’aime pas son curée qu’il faut changer de religion. Le curé des socialistes est aujourd’hui un peu en perte de crédibilité. Mais ce qui est important c’est la religion » lance Jean-Louis Tourenne, sénateur PS d’Ille-et-Vilaine. Regardez :

« Je ne peux pas dire qu’il n’y a pas de flottement, simplement il faut une organisation, que les choses soient claires, que nous ayons un programme que nous défendons, que nous défendions le bilan et ensuite designer quelqu’un qui portera tout ça » ajoute Jean-Louis Tourenne.

Appel des parlementaires PS enterré

Frédérique Espagnac, sénatrice PS et fidèle de François Hollande, ne « nie pas le trouble dû à ce livre, c’est une réalité » a-t-elle affirmé sur le plateau de Public Sénat. Mais elle pointe « la manipulation qui en est faite ». Un autre sénateur PS minimise à sa manière l’impact du livre : « Ce n’est pas le Sofitel (avec l’affaire Strauss-Kahn, ndlr), ce n’est pas mortel. C’est un mauvais coup mais la situation n’est pas dégradée par un bouquin. Elle l’était déjà… On peut toujours creuser la piscine mais ça ne touche pas la France profonde ».

Dans le contexte, difficile de mobiliser pour l’appel de parlementaires socialistes qui était dans les cartons. « Le livre crée des répercussions chez les militants et les élus. Si ce n’était pas le cas, l’appel des parlementaires serait déjà sorti » glisse un sénateur PS. L’appel est en réalité enterré pour le moment. Interrogé sur RFI mardi matin, le président du groupe PS, Didier Guillaume, affirme que « l'heure n'est plus à cela. Aujourd'hui, il faut que François Hollande s'exprime devant les Français ». « La réflexion sur l’appel des parlementaires avait été faite en août/septembre. (…) Ça faisait partie des sujets évoqués. (…) Ça n’a jamais été arbitré » selon Frédérique Espagnac (voir la vidéo ci-dessus). Certains parlementaires ont pourtant bien été contactés, ou du moins sondés… Mais en ce moment, les socialistes ne se battent pas pour soutenir François Hollande.