Les centristes « roulés dans la farine » hypothèquent la réforme territoriale au Sénat

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Fabrice Cuney et François Vignal
Le 16.06.2010 à 11:55

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La commission des lois du Sénat a rejeté le mode de scrutin du conseiller territorial. Les centristes, qui demandent une dose de proportionnelle, ont voté avec la gauche et se disent « trahis » par le gouvernement. « La montagne n'a pas accouché d'une souris, mais d'un rat », selon le sénateur Hervé Maurey.

Ces derniers mois, c’est un peu l’arlésienne au Sénat. Les centristes se fâchent sur le mode de scrutin du futur conseiller territorial et mettent la pression sur le gouvernement. Leur arme ? La majorité relative dont dispose l’UMP au Sénat. Sans les centristes, aucun texte ne passe.

En première lecture, les sénateurs du groupe Union centriste avaient obtenu une dose de proportionnelle dans le mode de scrutin. Peine perdue, à l’Assemblée, le gouvernement revient sur cette décision. Les centristes crient à la trahison.

Nouveauté, les centristes passent à l’action

Nouveauté cette fois, ils passent à l’action. La commission des lois du Sénat a en effet rejeté ce mercredi le mode d'élection du conseiller territorial au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Conséquence, l’article 1a concerné n'existe plus.  Il a été rejeté par 27 voix contre 21. Les sénateurs Union Centriste ont joint leur voix aux sénateurs du PS, du groupe CRC-SPG (communistes et Parti de gauche) et du RDSE (à majorité radicaux de gauche). Si le gouvernement veut le réintroduire, il faudra qu'il le fasse par amendement.

Pour le président du groupe Union centriste, Nicolas About, « s'il n'y a pas d'avancées, je ne vois pas comment nous voterons non seulement le mode de scrutin, mais aussi l'ensemble du texte », prévient-il. Pour Hervé Maurey (Nouveau centre), « si le groupe avait voté en première lecture la création du conseiller territorial, c’est parce que le gouvernement nous avait donné des assurances sur son mode d'élection, scrutin majoritaire à deux tours avec dose de proportionnelle. La parole donnée au Sénat a été trahie ». Et d’ajouter : « On a été roulé dans la farine ».

« De compromis en renoncements, on mécontente tout le monde »

Selon les centristes, l’ensemble de la réforme a perdu de sa substance. Hervé Maurey : « La montagne n'a pas accouché d'une souris, mais d'un rat, tant le résultat est épouvantable »… Selon lui, il n'y plus rien de la grande réforme simplificatrice voulue par Nicolas Sarkozy. « On a été de compromis en renoncements, on mécontente tout le monde et on n’a plus rien », tacle le sénateur.

L’UMP devra trouver une solution d’ici l’examen du texte le 28 juin. Il devrait durer deux semaines. En cas de rejet par le Sénat, l’Assemblée aura le dernier mot. Nicolas About le sait bien : « Bien sûr que le gouvernement peut faire adopter le texte en dernière lecture à l’Assemblée. Mais je lui souhaite bon courage… »

A écouter dans le sujet, les sénateurs Jean-Pierre Sueur (PS), Jacqueline Gourault (Modem) et Jean-Patrick Courtois, rapporteur UMP de la commission des lois.

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