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Charlie Hebdo : Soutenu par Fillon, pourfendu par Copé, renvoyé au tribunal par Ayrault

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Thomas Leroy
Le 19.09.2012 à 18:23
Charlie Hebdo : Soutenu par Fillon, pourfendu par Copé, renvoyé au tribunal par Ayrault
© AFP
Entre volonté d’apaisement et défense de la liberté d’expression, les politiques cherchent la bonne réponse à la nouvelle polémique lancée par le magazine satirique Charlie Hebdo. Si la droite se divise sur le sujet, le gouvernement incite les personnes « heurtées dans leurs convictions » à saisir la justice.

Charlie Hebdo ne s’attendait peut-être pas à un tel soutien. Dans une avalanche de critiques, le magazine, réputé proche de la gauche, a reçu le soutien de l’ancien Premier ministre de droite François Fillon. « Je défends Charlie Hebdo, je défends la liberté d'expression et je pense qu'on ne doit pas céder un pouce de terrain dans ces domaines-là », a-t-il insisté sur Canal+. « Ce qui est en train de se passer avec cette espèce d’intolérance qui monte dans une grande partie du mondeet qui est instrumentalisée par des extrémistes (…) est une sorte de régression par rapport à l'état de la civilisation. »

Son rival pour la présidence de l’UMP, Jean-François Copé a opté pour une réponse toute aussi ferme mais beaucoup plus critique envers Charlie Hebdo. L’actuel secrétaire général de l'UMP a « regretté » la publication « dans un contexte de très grosses tensions » de ces caricatures de Mahomet, estimant qu'il s'agissait « d'une provocation qui peut conduire à des violences inexcusables ».

« Je suis très attaché à la liberté d'expression, » a-t-il affirmé. « Je dis juste que nous sommes dans une période où l'irrationnel dans certains pays conduit à des comportements d'une très grande violence et que si cela doit mettre en jeu la vie de tel ou tel de nos ressortissants, je m'en inquiète. »

Pour l’ancienne ministre Rama Yade, Charlie Hebdo a sorti « la une de trop ». «Le moment choisi est tel qu’on ne peut pas s’empêcher de dire que c’est peut-être à des fins des provocation, souligne t-elle. Charlie Hebdo n’a pas besoin de ça pour être apprécié et pour incarner la liberté de la presse. »

Autre soutien surprenant dont Charlie Hebdo se passerait bien, celui de Marine Le Pen. « Nous avons des principes en France, nous avons des lois, nous avons des valeurs, et la première d'entre elles, c'est la liberté d'expression », a t-elle déclaré sur France 2. « Ces principes-là ne sont pas négociables (…) Ceux qui sont en désaccord peuvent éventuellement aller ailleurs. »

Première plainte au parquet de Paris

A l’extrême-gauche, les soutiens vont naturellement à l’hebdomadaire. Pierre Laurent, secrétaire national du parti communiste, a tenu à rappeler que « Charlie Hebdo fait partie d'une certaine tradition. A ce que je sache, le délit de blasphème n'existe pas dans notre pays. Après, il y a des gens qui aiment et des gens qui n'aiment pas. »

De son côté, le gouvernement renvoie les parties dans leurs cordes. Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls rappelle que la liberté d’expression reste « un droit fondamental.» Il refuse toute remise en cause du « droit d'expression, celui de l'information, de l'opinion, de la caricature dans le cadre évidemment de la loi. »

Le discours est tout aussi ferme pour le premier Ministre.  « Nous sommes dans un pays où la liberté d'expression est garantie, la liberté de caricature aussi » a rappelé Jean-Marc Ayrault. « Si vraiment des personnes se sentent heurtées dans leurs convictions, elles peuvent saisir les tribunaux », a-t-il ajouté. « Nous sommes dans un État laïc, un État républicain, un État de droit, je tiens à le rappeler. »

Un conseil pris au mot puisque une première plainte a été déposée par l’Association syrienne pour la liberté au parquet de Paris pour provocation à la haine selon l’AFP. Une plainte qui pourrait en appeler d’autres. A moins que les différentes associations ne souhaitent pas rééditer le procès intenté pour les mêmes faits en 2005. Charlie Hebdo avait alors été relaxé par le tribunal de Paris.