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Christophe Caresche : «Abandonner sans réflexion le droit de vote des étrangers ne serait pas bon»

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François Vignal
Le 17.09.2012 à 13:02

75 parlementaires PS signent un appel dans Le Monde intitulée « Le droit de vote des étrangers aux élections, c'est maintenant ». « C’est un texte qui vise à remettre à ordre du jour cette mesure », déjà votée par le Sénat, mais qui pourrait être enterrée, explique le député PS de Paris Christophe Caresche, l’un des signataires.

Vous signez l’appel de 75 députés PS pour le droit de vote des étrangers non-communautaires aux élections locales. Il s’agit de rappeler François Hollande à son engagement de campagne ?
C’est une tribune pour réaffirmer notre attachement au droit de vote des étrangers non-communautaires aux élections locales. Notre souhait est que cette question soit inscrite à l’ordre du jour de la mandature. Ce n’est pas le cas pour le moment. Et on a même eu des indications, officieuses, qui ne vont pas dans ce sens, d’après le Canard Enchaîné. On sait aussi que le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, n’est pas favorable à cette mesure. Donc c’est un texte qui vise à remettre à ordre du jour cette mesure.

Mais il y a problème de taille : la majorité ne dispose pas de la majorité des 3/5 au Parlement (sénateurs et députés) pour faire adopter ce qui serait une réforme constitutionnelle…
C’est vrai que la gauche ne dispose pas des 3/5. C’est le premier argument invoqué pour justifier les difficultés d’application. Sur 925 députés et sénateurs, la gauche stricto sensu en compte 523. Et les 3/5 sont à 555. Donc il faudrait trouver 32 parlementaires. Ce ne serait pas compréhensible que le gouvernement renonce sans s’assurer vraiment qu’il a la possibilité d’avoir cette majorité ou pas. Dans l’opposition, il y a certains parlementaires qui peuvent être favorables. Je souhaite que le gouvernement puisse aller jusqu’au bout de ses investigations pour avoir une majorité. Je ne considère pas que la bataille soit perdue d’emblée au Parlement.

Il y a un deuxième argument plus politique : l’idée que dans le contexte de crispation identitaire, qui est celui de la France, ce ne serait peut-être pas opportun. Certains diront que ce serait donner du grain à moudre aux partis les plus extrêmes. J’entends cet argument, mais il pose un problème : il intériorise à l’excès la pression que font peser les partis les plus extrémistes. On ne fait plus rien dans ce cas. On ne vote plus de mesures pour favoriser l’intégration des étrangers par exemple.

Ce serait une erreur si l’exécutif n’essayait pas d’obtenir cette majorité au Parlement ?
Le gouvernement doit pousser au maximum sa recherche d’un consentement, chez les parlementaires et dans l’opinion. L’abandonner d’emblé sans réflexion ne serait pas une bonne chose.

 
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