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« Cohn-Bendit peut gagner un match à lui tout seul comme faire perdre son équipe »

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François Vignal
Le 16.04.2010 à 13:20

Europe Ecologie connaît sa première crise. Daniel Cohn-Bendit et Cécile Duflot s’opposent sur la ligne à suivre – avoir un candidat en 2012 ou un accord avec le PS dès le premier tour en échange de circonscriptions – et le font savoir par lettres et médias interposés. Les deux leaders se rencontrent cet après-midi pour dénouer les tensions. Jean-Vincent Placé, numéro deux des Verts, y sera. Comparant Daniel Cohn-Bendit à Eric Cantona, il estime qu’il « doit rationaliser sa parole ». Et souhaite que le choix d’un candidat à la présidentiel soit tranché pour « l’été 2011 ». Entretien.

Vous allez vous entretenir avec Daniel Cohn-Bendit cet après-midi. Qu’allez-vous  lui dire ?

On va lui dire que c’est aujourd’hui le temps du débat et pas des invectives. Il faut se rassembler. On ne peut pas cacher les choses, on peut montrer les points de vue divergents, les nuances. Mais il faut reparler des sujets qui touchent les Français, plutôt que des questions internes.

J’ai beaucoup d’estime et de respect pour Daniel Cohn-Bendit. Il a les défauts de ses grandes qualités. De l’enthousiasme et le propos facile. Il doit rationaliser sa parole. Lui qui aime les comparaisons footballistiques, je dirais qu’il est pour nous comme Eric Cantona : il peut gagner un match à lui tout seul comme faire perdre son équipe à lui tout seul. Mais je pense qu’il se rend compte lui-même des excès de ses propos de la semaine.

Les Verts ont souvent reproché au PS son attitude hégémonique au sein de la gauche. Mais les Verts ne sont-ils pas hégémonique au sein d’Europe Ecologie ?

Non. Au conseil régional d’Ile-de-France par exemple, le nombre d’élus Verts est passé de 29 à 26. Nous sommes attachés à renforcer les Verts et à renforcer le réseau Europe Ecologie. C’est sur ces deux piliers que la suite doit se construire. On va discuter et s’entendre collectivement.

Europe Ecologie est-il en en crise de croissance ?

Je préfère gérer la croissance que la pénurie, même si ce n’est pas très écologique ! A partir du moment où il n’y a pas de divergences sur les questions de fond, sur le climat, les retraites, c’est l’essentiel. Sur la stratégie, on doit trouver les moyens de trancher les options. La mienne est qu’on ait un candidat à l’élection présidentielle, car la démocratie, c’est le vote. C’est aux électeurs de trancher la part d’écologie qu’ils veulent. Pas aux discussions d’antichambre à Solférino ou ailleurs.

Vous parlez de choix de stratégie. N’est-ce pas aussi une question de leadership ?

Non, nous n’avons pas de problème de leadership. Nous ne sommes pas dans une logique de chef. Plus il y aura d’identités fortes, comme Eva Joly ou Cécile Duflot, mieux ce sera.

Vous êtes pour une candidature à l’élection présidentielle. Avec Cécile Duflot ?

Je suis pour la meilleure des candidatures. Il faut trancher ce choix à l’été 2011. Je n’ai pas d’apriori sur la question.

Daniel Cohn-Bendit peut-il être un bon candidat également ?

Tout à fait. Il y a trois bons candidats : Cohn-Bendit, Nicolas Hulot et Cécile Duflot.