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Conflit d’intérêts à Compiègne ? La colère de Philippe Marini

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Etienne Baldit
Le 05.04.2013 à 12:49
Conflit d’intérêts à Compiègne ? La colère de Philippe Marini
© (cc) MEDEF via Flickr

Le Parisien révèle une utilisation controversée de la réserve parlementaire du sénateur-maire de Compiègne, Philippe Marini. Furieux, ce dernier nie avec véhémence tout conflit d’intérêts et accuse la « presse nationale » de se mettre « à la remorque de l’opposition communale ».

« Les gens de la presse ne connaissent rien à la vie communale ! », tonne Philippe Marini. Plus que remonté, le sénateur-maire UMP de Compiègne n’apprécie pas du tout l’évocation d’un éventuel conflit d’intérêts l’impliquant, après les révélations du Parisien sur l’utilisation de sa réserve parlementaire. Ce vendredi, le quotidien explique en effet que 340 750 euros de ce fonds - attribué à chaque parlementaire - ont été alloués à des travaux du stade équestre du Grand-Parc de Compiègne. Un chantier qui coûtera, au total, 800 000 euros selon le sénateur.

Jusque-là, rien de vraiment anormal. Problème : son épouse, Monique Marini, est la présidente de l’association Compiègne équestre, l’un des principaux usagers du stade hippique. « Madame Marini est sans doute dans une position qui lui permet de demander plus facilement au maire de réaliser des travaux sur une infrastructure qu’elle utilise », suggère donc au Parisien Michel Fumagalli, conseiller municipal PS de la ville. L’élu d’opposition estime par ailleurs que « cet argent aurait été bienvenu pour les écoles ».

Contacté par téléphone en fin de matinée, Philippe Marini  - par ailleurs président de la commission des finances - répond à notre première question calmement, avant laisser libre cours à sa colère. Interview musclée.

Une large part de votre réserve parlementaire va servir à financer les travaux d’un stade hippique…
(Il coupe) Non. Il s’agit d’un centre régional équestre qui a été créé en 1992 et étendu en 2000. Il est parmi les plus grands de France, à hauteur de celui de Saumur et de Fontainebleau, et organise de nombreux événements. Ces travaux vont servir à construire des box en dur pour les chevaux. C’est un investissement public de 800 000 euros, qui fait l’objet de beaucoup de subventions, notamment un part communale importante.

Mais l’association de votre épouse l’utilise largement.
C’est une association sportive sans but lucratif, qui est l’un des organisateurs, parmi d’autres, d’événements sur cette installation. Il s’agit d’argent public destiné à des installations communales utilisées par différentes associations sportives. (Le ton monte) Si vous construisez un stade de foot et que votre fils est président du club de foot qui s’occupe des jeunes du coin, pensez-vous qu’il y ait conflit d’intérêts ?

Peut-être ?
Mais les gens de la presse ne connaissent rien à la vie communale ! Ce sont des journalistes parisiens qui ne sont jamais sortis de la capitale !

Vous niez donc tout conflit d’intérêts ?
Mais comment voulez-vous qu’il y ait un conflit d’intérêts, s’agissant d’un équipement communal qui accueille des événements sportifs, organisés par des associations sportives. C’est sa vocation !

Dans ce cas précis, il y a quand même des questions qui se posent…
Ce que vous dites, c’est que la femme d’un maire doit être interdite de toute activité.

Absolument pas.
C’est ce que vous sous-entendez par la formulation de votre question !

Et sur le fond du problème, il n’y a rien d’anormal selon vous ?
Tout est transparent, les financements ont été répartis en conseil municipal. Tout cela a été voté publiquement. C’est un investissement important, qui vise à générer une activité importante. Nous avons besoin de faire aussi bien que Fontainebleau.

Et quand je pense à la chronique à vomir qui a été faite sur Europe 1 ce matin ! [Chronique de l’humoriste Jérôme Commandeur, ndlr]. Je suis curieux de savoir combien cette personne est payée pour faire ça ! C’est à vomir ! Qu’il rende sa rémunération publique, comme au Sénat ! Chez nous, tout est transparent !

M. Fumagalli estime que votre réserve parlementaire aurait pu être utilisée autrement. Que répondez-vous ?
Ce monsieur est un conseiller municipal d’opposition qui vote contre tout. Je ne vais pas me conformer systématiquement à l’appréciation d’un conseiller d’opposition. Il y a une majorité du conseil qui a voté, et qui assume le budget. Lui n’assume que la critique !

Dans ce même budget, d’autres fonds ont été votés pour les écoles, pour les cantines notamment. [M. Fumagalli explique au Parisien que « certains établissements n’ont toujours pas de cantines et rien n’a été prévu pour financer la réforme des rythmes scolaires », ndlr.] Si la presse nationale se met à la remorque de l’opposition communale, elle va pouvoir faire ça dans les 38 000 communes de France !

Ce sont des questions qui intéressent ma commune. Nous sommes assez grands pour savoir quelles sont nos priorités !

 
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