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Congrès: «Rien n’est impossible» selon Larcher, mais «difficile de bouger» sur l’apatridie

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F.V.
Le 24.03.2016 à 11:33

Après sa rencontre avec François Hollande sur la révision constitutionnelle, le président LR du Sénat, Gérard Larcher, souhaite « que le délai (des débats) soit raisonnable car les Français ne comprendraient pas des débats surréalistes ». Il juge « utile » l’article 1 du projet de loi, celui sur la constitutionnalisation de l’état d’urgence.

Le tête à tête a-t-il permis d’avancer ? A écouter Gérard Larcher ce jeudi matin, difficile de voir de nouvelles avancées sur la question de la révision constitutionnelle. Le président Les Républicains du Sénat s’est entretenu à l’Elysée mercredi soir, et à sa demande, avec François Hollande sur ce sujet. Le Sénat a voté mardi un texte différent de celui de l’Assemblée, notamment sur la déchéance de nationalité pour les terroristes, que la majorité sénatoriale veut réserver aux binationaux. C’est le gros point de blocage avec les députés qui veulent l’appliquer à tous les Français, sans distinction. Or les deux chambres doivent voter le texte dans les mêmes termes pour une révision constitutionnelle.

Et l’heure ne semble toujours pas au compromis, du moins sur la déchéance, après la rencontre Hollande/Larcher. Mais le président de la Haute assemblée explique qu’il est favorable à l’article 1 sur la constitutionnalisation de l’état d’urgence. Certains imaginent que le Congrès pourrait au moins se rassembler sur ce point. Le président PS de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, devait à son tour rencontrer le chef de l’Etat aujourd’hui à 9h30.

« Conversation très franche »

« Hier, avec le président de la République, nous avons eu un tête à tête et une conversation très franche et à la hauteur » a expliqué ce matin Gérard Larcher, invité de Territoires d’Infos sur Public Sénat et Sud Radio. « Il faut que nous voyons si nous pouvons avancer et conclure sur les deux articles » de la révision constitutionnelle, a-t-il dit. « Je lui ai rappelé que le texte qui sortait des travaux du Sénat était très proche de ce qu’il avait proposé (en Conseil ministre) le 23 décembre, très proche du pacte de Versailles et il me semblait  que sur un dossier comme l’apatridie, il était difficile au Sénat de bouger parce que c’était un principe très fort ». Autrement dit, rien de nouveau sur la déchéance, où chacun garde sa ligne.

Mais Gérard Larcher n’exclut cependant pas que les parlementaires se retrouvent à nouveau à Versailles pour un Congrès. « Rien n’est impossible » selon le sénateur des Yvelines. « Nous nous sommes fixés quelques principes : que le délais soit raisonnable. Car je pense que les Français ne comprendraient pas des débats surréalistes » souligne le président du Sénat, qui parle des « délais pour engager ou non la navette. (…) Ça appartient au gouvernement et au président de la République ».

« La formule ne peut pas être une espèce de Yalta dans un arrière bureau entre quatre personnes »

Et si accord – même à minima – il y a, il doit être partagé. « La formule ne peut pas être une espèce de Yalta dans un arrière bureau entre quatre personnes. Il faut que les présidents de groupe, les présidents de commissions des lois y soient clairement associés », dit-il, après avoir pourtant fait un tête à tête avec François Hollande.  Gérard Larcher ne se prononce pas sur l’éventualité d’un Congrès réuni uniquement sur l’article 1. « On verra. Laissons au délai raisonnable, à la consultation que je vais entamer, pour ce qui me concerne, auprès des présidents de groupe et du président de la commission des lois » insiste-t-il.

« Personnellement, j’étais assez réservé » sur l’article 1, rappelle Gérard Larcher, mais « après avoir beaucoup consulté de constitutionnalistes, je pense qu’il est utile, pour le sécuriser, de constitutionnaliser l’état d’urgence ». Il se dit d’ailleurs favorable à une nouvelle prolongation de trois mois de l’état d’urgence, « si c’est nécessaire ». « Le 26 mai, nous sortirons de l’état d’urgence et nous avons un rendez-vous avec l’Euro de football »… L’urgence semble bien partie pour durer.