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Le Conseil économique et social : chambre des ex ?

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Emmanuel Kessler
Le 27.10.2010 à 20:04

Le Conseil économique et social, et maintenant environnemental, confirme sa vocation de chambre des ex. Anciens conseillers, anciens ministres, anciens dirigeants syndicaux, battus du suffrage universel. Il comprend 233 conseillers, désignés par les syndicats, les fédérations patronales, les grandes associations. Dont 40 personnalités qualifiées, choisies par l’Elysée et Matignon.

C’est la chambre où l’on recase, où l’on remercie les amis politiques, ceux qui ont rendu des services. La tradition est confirmée avec le contingent 2010. Avec l’arrivée de Raymond Soubie qui quitte l’Elysée ou de Jean-Paul Delevoye, le Médiateur de la République, soutenu par Nicolas Sarkozy pour prendre la présidence du CESE, ce qui dégagerait l’horizon pour la nomination du futur Défenseur des Droits. On notera aussi la désignation de Maud Fontenoy, la navigatrice estampillée UMP, qui rappelle, celle, il y a quelques années d’un autre navigateur, Gérard d’Aboville par Jacques Chirac.

Et souvenez-vous, à la fin des années 80, un choix qui avait fait grand bruit, par François Mitterrand : celle de la chanteuse Georgette Lemaire, pas vraiment spécialiste des questions sociales.

Il faut dire qu'un conseiller économique et social gagne 3 800 euros bruts par mois, frais compris. Pour quoi faire ? Produire des rapports et des avis qui, la plupart du temps, passent complètement inaperçus.

Le problème est le suivant : l’idée de rassembler des politiques, des syndicalistes, des représentants de la société civile, pour essayer de faire avancer des grandes questions sociales, c’est excellent. Le problème, c’est qu’il y a tellement de commissions diverses sur tous les sujets, de parlementaires en mission nommés par le gouvernement, que le CES est vidé de sa substance.  La 3ème chambre constitutionnelle, située place d’Iena, n’est souvent qu’un Palais désert. En période de disette budgétaire, on peut vraiment s’interroger sur les 37 millions d’euros annuels qu’ils coûtent au contribuable, dont les deux tiers servent à rémunérer des conseillers dont beaucoup ont  par ailleurs – ce sera le cas de Raymond Soubie – largement de quoi vivre !