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Contribution Aubry/Ayrault : «L’unité ne peut pas être l’alignement» affirme Lienemann

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Thomas Leroy (avec J.Rabier)
Le 11.07.2012 à 18:44
Contribution Aubry/Ayrault : «L’unité ne peut pas être l’alignement» affirme Lienemann
© afp
En présentant conjointement une contribution destinée aux cadres PS et aux ministres du gouvernement pour le prochain congrès, Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault espèrent bien bâillonner les voix dissonantes au sein du parti. Une décision qui agace certains élus, désormais priés de s’aligner.

« Peut-on invoquer la rénovation et débuter par un appel à rentrer dans le rang ? » Dans un communiqué lapidaire, le sénateur PS de la Nièvre Gaëtan Gorce et candidat à la tête du parti charge les instances dirigeantes socialistes. « Nous risquons de passer de la contribution exclusive  à la trop fameuse politique unique » écrit-il.  La raison du courroux est cette contribution commune de Jean-Marc Ayrault et Martine Aubry qui servira de base à une motion pour le prochain congrès socialiste qui aura lieu dans quatre mois à Toulouse. Un devoir de solidarité pour les cadres du PS et des ministres puisque la signature devra être exclusive bien que les statuts autorisent à soutenir plusieurs contributions (mais une seule motion). Une façon de verrouiller le parti en forçant les chefs des principaux courants à rentrer dans le rang. Toujours dans les esprits, le congrès de Reims en 2008, lors duquel aucune synthèse n’avait pu éclore en raison de dissensions entre les différents courants.

« Volonté d’un petit groupe, d’une cooptation »

« L’unité ne peut pas être l’alignement » prévient la sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann qui regrette « la manière un peu fermée, bloquée de cette démarche Aubry/Ayrault. » Elle-même pourrait proposer sa propre motion au congrès, à l’instar d’une autre sénatrice, Laurence Rossignol et de son nouveau club « la gauche durable ». « Le gouvernement a besoin des socialistes mais cette solidarité n’exclut pas les débats », affirme t-elle. Sur twitter, le député Pascal Cherki s’est fendu d’un peu d’ironie pour critiquer ce rassemblement forcé autour de la contribution.

« Il faut changer le système, ça ne doit plus fonctionner  comme ça (…) par la volonté d’un petit groupe, d’une cooptation, » insiste Gaëtan Gorce. Cette méthode fût d’ailleurs celle de Nicolas Sarkozy pour mettre au pas l’UMP avant que les différents mouvements internes ne mettent à mal l’unité du parti de droite ces dernières semaines.

Peillon et Montebourg visés

Car le risque serait de se retrouver avec plusieurs dizaines de motions émanant des élus ou même des ministres. Visée, la gauche de la gauche  est priée de rentrer dans le rang et la signature de cette unique contribution par ses leaders, aujourd’hui ministres, comme Benoit Hamon ou Arnaud Montebourg, permettrait d’éviter les accrocs dans la machine socialiste. « Ce n’est pas spécialement Hamon qui est visé mais plutôt ceux qui voudraient profiter de la victoire et du congrès pour prendre plus d’autonomie », affirme un sénateur socialiste. Plus clairement : « Peillon et Montebourg. » Ces deux là pourraient proposer chacun une motion et même en passant par des tiers, ce serait sans nul doute un véritable camouflet pour le gouvernement.
La paire Aubry/Ayrault joue quitte ou double. Si la manœuvre échoue, elle pourrait discréditer Martine Aubry dont le départ du fauteuil de dirigeante ne semble pas encore acté et faire replonger le PS dans ses travers. Si elle réussit, l’unité actuelle du parti sera maintenue, au risque de  brider les différents courants et mettre à dos les militants.