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Contribution Ayrault-Aubry : la «crainte d’un désaveu» pour Gaëtan Gorce

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Florian Bourdier
Le 19.07.2012 à 15:43
Contribution Ayrault-Aubry : la «crainte d’un désaveu» pour Gaëtan Gorce
© AFP

La contribution générale exclusive présentée conjointement par le premier ministre et la première secrétaire du Parti socialiste a recueilli hier une large majorité d’adhésions. Pourtant, certains élus l’ont refusé et ont présenté leur propre contribution pour le Congrès de Toulouse fin octobre. C’est le cas de Gaëtan Gorce, sénateur de la Nièvre, qui nous livre son analyse.

Que signifie pour vous la démarche de Jean-Marc Ayrault et Martine Aubry en vue du Congrès de Toulouse ?

« Leur contribution commune est symptomatique de la préoccupation première du parti, à savoir soutenir le chef de l’Etat. Elle illustre la volonté de fermeture du PS qui se méfie d’une culture socialiste de l’affrontement. Mais on peut discuter sans se disputer ! Le problème c’est qu’aujourd’hui tout repose sur un appareil centralisé et vertical. Le Parti Socialiste n’est plus en mesure, dans son organisation actuelle, de mener un débat maîtrisé. Le système est fondé sur des courants différents et la négociation est permanente. Or le gouvernement craint d’être mis en difficulté sur le Traité de stabilité européen. Il ne veut pas d’un référendum interne et d’un désaveu qui ferait tâche ».

Que proposez-vous dans votre contribution pour modifier les règles du jeu ?

 « Il faut une rénovation démocratique du Parti socialiste. Le problème est simple : soit on veut rester entre nous, et on se contente de quelques dizaines de milliers d’adhérents, soit on veut combler la coupure avec les citoyens. Aujourd’hui, un parti de masse ne repose plus sur la propagande et l’autorité, mais sur l’ouverture et la participation la plus large possible. Observez le succès des primaires ! C’est pour cela que nous demandons que le premier secrétaire soit élu au suffrage direct ».

Vous étiez vous-même parmi les cadres du Parti socialiste, pourquoi avoir décidé de vous en éloigner ?

« Je ne supportais plus une certaine attitude. Les gens veulent conserver leur place à tout prix, que ce soit au sein même des courants ou plus haut dans la hiérarchie. Le conseil national est parfois à la limite du ridicule. Nous devons être à la hauteur des responsabilités qui nous sont confiées. La première expérience du pouvoir du Parti Socialiste dans les années 80 n’était pas concluante. Aujourd’hui, il nous faut nous ouvrir ».