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Convergences et divergences franco-allemandes
Depuis le début de la crise de la dette des pays de la zone euro, la France et l’Allemagne travaillent ensemble pour tenter de trouver une sortie de crise. Mais entre Paris et Berlin, les intérêts et choix divergent. Nicolas Sarkozy a pourtant insisté, jeudi lors de son discours à Toulon, sur l’importance de la convergence franco-allemande, alors que la chancelière allemande Angela Merkel a martelé le lendemain ses intentions.
Renforcement du contrôle budgétaire : accord
Nicolas Sarkozy veut une Europe avec « plus de discipline, plus de solidarité, (…) un véritable gouvernement économique ». « Nous ne parlons pas seulement d'une union budgétaire, nous sommes sur le point de la réaliser » a affirmé Angela Merkel, qui veut des « règles plus strictes ». Les deux pays sont ici d’accord. « Mais le discours de la France était moins marqué que celui de l’Allemagne », note Christophe Blot, économiste à l’OFCE. Il souligne « une sorte de balancier de la France et de l’Allemagne. En 2004, ils avaient poussé pour un assouplissement du Pacte de stabilité et de croissance (PSC). C’est une sorte de retour en arrière ». Mais la route est encore longue. Avant un nouveau Traité, les deux dirigeants reconnaissent qu’il faudra des mois, voire des années. Dans l’immédiat, il faudra passer par le sommet de Bruxelles les 8 et 9 décembre prochain.
Coopération renforcée : accord
Conséquence du contrôle budgétaire. « L’idée est de favoriser la convergence de certains pays de la zone qui y sont prêts. Par exemple en matière de fiscalité des entreprises », explique Christophe Blot. Il en découle « la création d’une Europe à 3 niveaux ». Le marché commun à 27, la zone euro à 17 et un groupe de pays « qui ont une plus forte convergence et une homogénéité budgétaire ». L’économiste de l’OFCE souligne que « ce n’est pas assumé en tant que tel, mais une coopération plus renforcée aboutirait de fait à cela ». Conséquence de la coopération renforcée, comme du contrôle budgétaire : une nouvelle perte de souveraineté nationale.
Le rôle de la BCE : désaccord
La France souhaite que la Banque centrale européenne (BCE) puisse jouer le rôle de prêteur en dernier ressort. Pas l’Allemagne. « Ça permettrait à la BCE d’acheter beaucoup plus massivement des titres d’obligations publiques sur les marchés pour garantir le financement de la dette des pays de la zone, notamment ceux en difficulté », explique Christophe Blot. La BCE l’a en réalité déjà fait cet été pour les pays du sud de l’Europe, mais en soulignant qu’il s’agissait d’une action temporaire et limitée. « L’idée serait que ce ne soit plus temporaire ». L’Allemagne y voit une remise en cause de l’indépendance de la BCE. Pour Berlin, selon la tradition de la Bundesbank, dont l’objectif a directement inspiré la BCE à sa création, la Banque centrale européenne doit n’avoir qu’un seul objectif : lutter contre l’inflation. Si elle se révèle trop élevée, elle peut être néfaste pour l’économie. Or en temps de crise, nous sommes loin d’être en hyperinflation. Face à l’intransigeance allemande sur ce point, Nicolas Sarkozy s’est rangé à la position allemande : « La BCE est indépendante, elle le restera ».
Les euro-obligations : désaccord
Berlin est opposé à l’introduction d’euro-obligations communes à tous les pays de la zone euro. Ce serait une mutualisation de la dette. Or les Allemands, qui bénéficient du meilleur taux lorsqu’ils empruntent sur les marchés, ne veulent pas payer pour les pays du sud, comme la Grèce. « S’il y avait des euro-bonds, ils paieraient plus cher leur endettement », selon Christophe Blot.




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