Copé : « nous avons le devoir de coller au terrain et à la réalité »

+A -A
Par Public Sénat
Le 13.06.2012 à 11:41

Publicsenat.fr VOD

Le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé donnait ce matin une conférence de presse pour inciter les électeurs du Front National à se tourner vers l’UMP au second tour. « S’ils revotent FN au second tour, ils feront passer la gauche, c’est-à-dire exactement l’inverse de ce qu’ils veulent. »

« La ligne politique adoptée à l’unanimité a été appliquée », a t-il affirmé en préambule, soulignant que sa famille politique restait « unie (…) Nous nous adressons à tous les Français. »
Jean-François Copé maintient une certaine ambigüité vis-à-vis de l’électorat de l’extrême-droite. « Nous avons fait le choix de ne faire aucune alliance avec les extrêmes (…) Mais nous ne nous interdisons aucun des sujets (…) A partir du moment où nous ne faisons pas d’alliances, nous avons le devoir de coller au terrain et à la réalité », a-t-il affirmé pour justifier les appels du pied aux électeurs du FN.

« Beaucoup d’entre eux ressentent l’exaspération, l’inquiétude de voir qu’il puisse y avoir deux poids deux mesures et un sentiment diffus de perte d’identité et de perte de repère, d’où les thèmes récurrent liés à l’insécurité, à l’immigration. »

« Dans ce contexte,  je leur redis que s’ils revotent  FN au second tour, ils feront passer la gauche, c’est-à-dire exactement l’inverse de ce qu’ils veulent (…)  Dimanche soir, il sera trop tard si par malheur les lecteurs du FN ne se reportent pas sur l’UMP. »

Sur le cas spécifique de Roland Chassin qui s’est retiré au profit du candidat FN, le patron de l’UMP s’est dit favorable à son exclusion, rappelant que c’est « le bureau politique » qui décidera de son sort mercredi prochain.

Le plan de matraquage fiscal du gouvernement

« La gauche et la droite ce n’est pas pareil. Combien d’avertissements faudra t-il donner pour montrer que le programme de François Hollande nous envoie dans le mur ? »

Selon Jean-François Copé, le gouvernement propose aujourd’hui un « plan A » avec des « promesses électorales dans tous les sens » et un « plan B, dès lundi, qui s’appelle un matraquage fiscal, en particuliers des classes moyennes. »

 Le PS prépare « un retour au laxisme » en matière de sécurité avec notamment  la fin du tribunal pour mineurs, la distribution d’un récépissé pour les gardés à vue, la relance du débat sur le cannabis  et la suppression des jurys populaires.

Malgré toutes ces critiques, le secrétaire général de l’UMP a expliqué que son parti était « dans une logique constructive ». Il a souligné son soutien au vote d’une loi sur le harcèlement sexuel, actuellement à l’étude en Conseil des Ministres. « Je la voterai si la gauche est au pouvoir, a t-il insisté, précisant qu’il n’était « pas dans l’opposition systématique dans ce que propose M. Hollande ».

Eviter l’éclatement de l’UMP

Malgré les bons scores de la gauche au premier tour, le patron de l’UMP continue d’y croire. « Nous avons un projet politique qui nous permet, si les Français le décident, de prendre nos responsabilités. » Un programme basé sur « trois valeurs » : la solidité sur des sujets comme la sécurité ou la justice, la générosité « sans assistanat », le courage « pour faire les reformes nécessaires » précisant qu’il ne « comprend pas que Hollande puisse recevoir les opposants au gouvernement allemand » dans la situation actuelle de l’Europe.

Concernant la décision du gouvernement de limiter les salaires des grands patrons du public, présentée en Conseil des Ministres, Jean-François Copé a raillé « une promesse de campagne. On fait semblant de régler les problèmes (…) c’est extrêmement hypocrite et ça ne réduit en rien les injustices. Ce n’est pas ça qui incarne le courage politique. »

Sur l’avenir de l’UMP, il a expliqué qu’il existait plusieurs options dont « l’éclatement de l’UMP »  qu’il « ne préconise évidemment pas. »
« Au lendemain des législatives, je proposerai deux lignes stratégiques : pour celle qui concernent les hommes et les femmes, je vais lancer le plus grand plan de recrutement » pour reconquérir en 2014 les régions acquises par la gauche.

Sur la ligne politique, il souhaite « inclure les différents mouvements, sur la base d’un socle de valeurs communes  pour un grand parti de droite et centre droit. »