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Copé s'interroge sur la légalité des primaires socialistes
Le patron de l'UMP, Jean-François Copé, a interpellé mercredi le PS sur la "légalité" de la primaire qu'il prévoit d'organiser pour départager ses candidats à la présidentielle, jugeant "troublant" le recours à un "fichage" et à une contribution de un euro, requise pour pouvoir voter. Le dirigeant socialiste François Lamy a répondu que "toutes les procédures d'organisation des primaires" avaient été examinées avec les différentes instances légales.
"Je serais assez intéressé que le PS puisse nous dire ce qu'il pense de la légalité des primaires telles qu'il les imagine", a déclaré Jean-François Copé lors de son point-presse à l'issue du bureau politique hebdomadaire où cette question a été soulevée par plusieurs participants. "Nous allons nous pencher très très sérieusement sur la légalité de cette initiative qui va bien au-delà d'une élection interne à un parti par ses militants", a-t-il assuré. "Je ne voulais pas dire cela pour introduire la discorde au Parti socialiste, a-t-il ironisé, mais je souhaiterais quand même que les choses soient clarifiées sur ce point".
Et de pointer "quelques exemples concrets", en s'étonnant que le PS "souhaite pouvoir bénéficier du fichier électoral" auprès de chaque mairie "alors que le fichier des militants devrait suffire".
Le PS "souhaite par ailleurs utiliser ce fichier électoral pour solliciter les Françaises et les Français, moyennant paiement d'une cotisation (un euro, ndlr)", a expliqué M. Copé, en rappelant que le PS entend "sur la base de ce fichier électoral constituer un fichier tout court".
Evoquant le mot de "flicage", utilisé par un membre du bureau politique, M. Copé a ajouté : "En clair, nous nous inquiétons fortement de l'utilisation qui pourrait être faite par un grand parti politique de ces fichiers".
Par ailleurs, il a estimé que le fait d'imputer aux comptes de campagne le coût de cette primaire était "un vrai débat". Idem pour la mise à disposition d'établissements publics comme les écoles pour installer les bureaux de vote, a-t-il ajouté.
La députée Valérie Rosso-Debord est intervenue pour rappeler que dans la Constitution de 1958 "il est bien prévu que l'élection du président de la République est à deux tours". "A partir du moment où la République se dote de moyens (publics) pour organiser des primaires on passe à trois tours", autrement dit "le dispositif est parfaitement anti-constitutionnel", a ajouté la déléguée générale adjointe de l'UMP.
"Il y a deux choses qui nous troublent: c'est cette notion de fichage, extrêmement préoccupante qui, compte tenu de l'histoire de notre pays, est quand même une source d'interrogations", a insisté M. Copé. "Et puis il y a quelque chose de très troublant, c'est le côté censitaire puisqu'il faut payer", a-t-il dit. "Tout cela a un côté Monarchie de juillet"
Les députés Marc Philippe Daubresse, Catherine Vautrin, Sébastien Huygues, Lionel Luca ont été chargés de "se pencher très sérieusement sur cette question". Par ailleurs, le président du Sénat, Gérard Larcher, "a demandé qu'un certain nombre de sénateurs examine les conditions d'organisation de ces primaires", a précisé le secrétaire général de l'UMP.
En réponse, François Lamy a déclaré que "toutes les procédures d'organisation des primaires socialistes ont été examinées avec la Commission nationale informatique et liberté (CNIL), la Commission nationale des comptes de campagne et de financement des partis politiques (CNCCFP), le Conseil constitutionnel et même le ministère de l'Intérieur", écrit le conseiller de Martine Aubry dans un communiqué.
Il accuse Copé "de vouloir transformer son parti en officine d'investigation sur les autres partis politiques démocratiques", et assure que les socialistes feront en octobre prochain "la démonstration de la vitalité d'un grand parti politique". Les primaires socialistes pour désigner un candidat à la présidentielle doivent se tenir le 9 et 16 octobre (en cas de second tour). Elles sont ouvertes à tous les sympathisants de gauche qui devront s'acquitter d'un euro et signer une déclaration d'adhésion aux valeurs de la gauche.




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