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Corse : Ayrault annonce 10 mesures et insiste sur la lutte anti-blanchiment

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AFP
Le 22.10.2012 à 12:54
Corse : Ayrault annonce 10 mesures et insiste sur la lutte anti-blanchiment
© AFP

Jean-Marc Ayrault a annoncé lundi 10 mesures pour renforcer la lutte contre le crime organisé en Corse six jours après l'assassinat de l'avocat Antoine Sollacaro, et qu' « une attention particulière » serait portée à la délinquance économique et au blanchiment d'argent.

« Les affaires économiques et financières sont à l'origine de la plupart des homicides » dans l'île, a déclaré le Premier ministre à l'issue d'une réunion à Matignon avec les ministres Manuel Valls (Intérieur), Christiane Taubira (Justice), Pierre Moscovici (Economie) et Jérôme Cahuzac (Budget).

« Une attention particulière sera portée à la lutte contre le blanchiment notamment dans le domaine de l'immobilier et y compris du sport ». Il faut veiller, a-t-il ajouté, « aux procédures de marchés publics, aux autorisations d'urbanisme et plus particulièrement au respect de la loi littoral ainsi qu'au trafic de drogue ».

Parmi les dix mesures, figurent « la création d'une cellule interministérielle de coordination ». Animée par le cabinet du Premier ministre, elle décidera notamment « de missions d'inspection et de soutien au préfet de Corse et aux services territoriaux de l'Etat pour l'exercice de leur mission de contrôle ». Elle « fixera aussi les axes du contrôle fiscal en Corse » et examinera « également la dimension internationale des réseaux ».

Autre axe : « Le renforcement des moyens d'enquête spécialisés » afin, a dit M. Ayrault, d' « identifier les circuits mafieux et enquêter sur les mouvements de patrimoine et les flux financiers irréguliers ».

Concrètement, selon le relevé de conclusions de la réunion transmis à la presse, la gendarmerie nationale de Corse sera renforcée de 14 fonctionnaires de police judiciaire spécialisés dans la lutte contre la délinquance économique et financière.

Le Groupement d'intervention régional (GIR) se verra renforcé de 4 personnes et la Coordination des services de sécurité intérieure en Corse (CSSI) d'un fonctionnaire spécialisé dans l'enquête financière.

Comme promis la semaine dernière, « une circulaire de politique pénale territoriale destinée spécifiquement à la Corse sera bientôt signée », comme cela a déjà été le cas pour Marseille, a poursuivi le Premier ministre.

Objectif: renforcer la coordination entre les parquets d'Ajaccio et Bastia, la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille et le parquet anti-terroriste de Paris, avec des « réunions de régulation » pour « accélérer » le traitement des affaires.

Le pôle économique et financier de Bastia « sera renforcé en juges d'instructions ».

Comme annoncé aussi la semaine dernière, M. Valls et Mme Taubira se rendront sur l'île de Beauté en novembre, mais le Premier ministre n'a pas précisé de date.

« Les actes graves qui se déroulent en Corse sont le fait d'une petite minorité qui ne respecte pas les règles de l'Etat de droit », a estimé le Premier ministre, pour qui « l'immense majorité des Corses aspire légitimement à la paix et à la sécurité ».

« Le gouvernement prend toutes ses responsabilités et est déterminé à mener une action de grande ampleur et dans la durée. La dérive actuelle doit être stoppée », a-t-il souligné.

La tenue de cette réunion avait été annoncée mercredi, au lendemain de l'assassinat à Ajaccio de Me Sollacaro, ancien avocat d'Yvan Colonna, quinzième homicide dans l'île depuis le début de l'année.