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Coup de filet dans les milieux islamistes radicaux

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Le 30.03.2012 à 11:40

La police a procédé vendredi matin à une vingtaine d'interpellations dans les milieux islamistes radicaux en France, notamment à Toulouse, plus d'une semaine après la mort de Mohamed Merah, le tueur au scooter, a-t-on appris de sources proches de l'enquête.

Egalement mené à Nantes, en Ile-de-France, à Marseille, à Lyon, ou à Nice, ce vaste coup de filet n'est "pas directement lié" à l'enquête sur les crimes de Merah, a expliqué une des sources.

Il a pour but de "démanteler des filières", a-t-on ajouté sans plus de précision. "Des armes ont été saisies, dont au moins une kalachnikov", a précisé une des sources, tandis que les perquisitions étaient toujours en cours à 07H30.

Cette vaste opération était menée par les enquêteurs de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et de la section antiterroriste (SAT) de la police judiciaire parisienne avec, pour certaines cibles, l'appui de l'unité d'élite de la police nationale, le Raid.

Elle était notamment en cours à Toulouse, dans le quartier populaire du Mirail, selon une des sources. La police est également intervenue dans l'agglomération nantaise, notamment dans un pavillon de la commune de Couëron, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les dirigeants du groupe Forsane Alizza sont installés dans la région nantaise, a-t-on relevé de source proche de l'enquête. Ce groupe avait été dissous en janvier par Claude Guéant, qui l'avait accusé de vouloir former ses sympathisants à la lutte armée. Ce "groupe armé porte atteinte aux principes républicains" et "veut le règne de l'islam" en France, avait expliqué le ministre de l'Intérieur. Son leader Mohammed Achamlane avait démenti toute dimension violente de son mouvement.

Sur son site, depuis fermé, le groupuscule affirmait : "Notre organisation prend de l'ampleur et nous avons besoin de main d'oeuvre fissabililah (ndlr: "sur le chemin d'Allah"). Nous recherchons toutes sortes de compétences mais surtout des soldats!", pouvait-on lire.

Quatre personnes ont été interpellées à Marseille et à Nice, a-t-on ajouté. Après la mort de Merah le 22 mars, Nicolas Sarkozy avait demandé à la police de procéder à l'"évaluation" de la dangerosité des personnes connues pour entretenir des sympathies avec l'islam radical.

Le procureur de Paris François Molins avait de son côté indiqué que les investigations allaient "porter désormais sur la recherche de tout complice" du tueur au scooter.

Ces interpellations interviennent au lendemain de l'inhumation de Merah au cimetière de Cornebarrieu, en banlieue toulousaine, en présence d'une trentaine de jeunes de son quartier et en l'absence de membres de la famille du tueur au scooter.

Selon Abdallah Zekri, conseiller du recteur de la Grande mosquée de Paris, qui organisait les obsèques, parmi les jeunes participant à la cérémonie, "il y en avait quelques-uns de corrects, d'autres, quatre ou cinq, qui voulaient crier +Allah Akbar+, des salafistes".

Merah avait été tué le 22 mars au terme de 32 heures de siège par le Raid de l'appartement toulousain où il s'était retranché. Lors de trois tueries commises les 11, 15 et 19 mars, il avait assassiné trois parachutistes, trois enfants et un père juif, des crimes qu'il avait expliqué avoir commis au nom d'Al-Qaïda.

Son frère aîné, Abdelkader Merah, 29 ans, a été mis en examen et écroué, soupçonné de complicité dans ces assassinats. Il est connu depuis des années comme un tenant de l'islamiste salafiste radical de la région de Toulouse.

Sans qu'il soit mis en examen, son nom était apparu dans l'enquête qui avait conduit au démantèlement en 2007 d'une filière d'acheminement de jihadistes en Irak.