Décentralisation : Rebsamen et Baroin face à face

+A -A
Thomas Leroy
Le 10.04.2012 à 18:25
Décentralisation : Rebsamen et Baroin face à face
© AFP

Joute cordiale entre le ministre de l’Économie François Baroin et François Rebsamen, président du groupe socialiste au Sénat sur la décentralisation de l’État. Les deux élus (l’un est maire de Troyes, l’autre et maire de Dijon) se sont retrouvés à l’Institut de la décentralisation, un think tank « dédié à l’action publique ».

Le ministre était venu défendre le bilan de Nicolas Sarkozy et sa récente réforme des collectivités territoriales. « Il y a une tension sur la manière dont l’État et les collectivités locales agissent sur le déficit public, » a expliqué François Baroin, reprenant une thématique chère à Nicolas Sarkozy. « Même une collectivité locale doit mettre au rang 1, 2 ou 3 l’objectif de réduction de dépenses. »

Pour y arriver, le gouvernement a souhaité la réduction des fonctionnaires dans ces collectivités. « Le principe c’est de supprimer des postes et 50% des économies réalisées reviendront aux salaires de ces fonctionnaires,» souligne le ministre. Les conseillers territoriaux seront aussi une source d’économie. Instaurés par Nicolas Sarkozy pour  2014, ils mutualiseraient les conseillers généraux et les conseillers régionaux.

Un jugement rejeté par le sénateur socialiste. Pour François Rebsamen, « la confiance est rompue entre les collectivités locales et l’État. Elles sont stigmatisées, montrées du doigt », a-t-il accusé. 

« Les collectivités locales ne sont pas responsables du déficit ou de la dette a insisté François Rebsamen. Si l’on regarde sur 20 ans, l’État a augmenté de 1000 milliards d’euros ses dépenses alors que les collectivités  n’ont augmenté ses dépenses que de 66 milliards d’euros. »

Pour rétablir cette confiance perdue, le conseiller de François Hollande propose de renforcer les pouvoirs des régions. « Il faut donner un pouvoir normatif et règlementaire aux régions. Leur donner plus de pouvoir et plus de capacité d’initiative. »

Il a néanmoins précisé que les collectivités locales devaient « gérer au mieux possible leurs dépenses » précisant que les élus locaux avaient « tout à fait conscience de ça ».

« La décentralisation doit permettre la réforme de l’état. Par exemple, il y a des doublons entre les fonctionnaires de l’Etat et ceux des collectivités locales. Cela représente entre 50 000 et 60 000 personnes qu’il faut reclasser. »

Le 3 mars dernier, François Hollande avait promis une «loi sur les territoires de la République qui sera présentée au Parlement avant la fin de cette année». Il avait proposé la création d'un haut conseil des territoires, «instance de concertation qui s'appuiera sur le sénat qui doit demeurer le grand conseil des collectivités locales».