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Déficit, croissance, fonctionnaires : le ciel se gâte pour Hollande

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François Vignal
Le 15.06.2012 à 19:27
Déficit, croissance, fonctionnaires : le ciel se gâte pour Hollande
François Hollande, lors de la commémoration du débarquement allié du 6 juin 1944 en Normandie.
© AFP
Le gouvernement a pris soin d’annoncer des mesures populaires avant les législatives. Mais avec la baisse des prévisions de croissances, les choses se compliquent. L’UMP prédit un « coup de massue » fiscal. L’exécutif doit trouver 10 milliards de plus.

Jusqu’ici, tout va bien. Ou presque. Depuis son élection le 6 mai, François Hollande et son gouvernement s’est concentré sur les mesures symboliques ou a priori populaires chez son électorat : baisse de 30 % du salaire des ministres, retraite à 60 ans pour certaines carrières longues, augmentation de l’allocation de rentrée scolaire de 25 %, coup de pouce au smic à venir, 1.000 postes de plus pour la rentrée scolaire, le plafonnement du salaire des patron des entreprises publiques à 450.000 euros par an…

Voilà pour les tout premiers actes du quinquennat Hollande.  Les prochaines  réjouissances s’annoncent en revanche plus corsées. Du moins pour certaines d’entre elles, qui viendront après les législatives.

La droite appuie là où ça fait mal

L’équation se complique pour le gouvernement à cause de la croissance. Elle risque d’être moins bonne que prévu. Les prévisions vont certainement être revues à la baisse, ce qu’à reconnu le ministre de l’Economie Pierre Moscovici. Le projet du PS est concocté sur une prévision de 0,5 % en 2012 et 1,7 % en 2013. Or après un premier trimestre de croissance nulle, la Banque de France table maintenant sur un recul de 0,1 % au deuxième trimestre. Le gouvernement pourra-t-il dans ces conditions tenir ses promesses tout en gardant le cap de la réduction du déficit public, qu’il s’est fixé ?

Dans ces conditions dégradées, les rentrées fiscales seront moindres. La droite le sait, et appuie là où ça fait mal. Le président UMP de la commission des finances du Sénat, Philippe Marini, affirme que « le gouvernement nous cache qu’il sera dans l’obligation, pour être crédible, de prendre en 2012 et 2013 environ 30 milliards d’euros de mesures de plus que celles annoncées ». Et de prédire –argument classique de la droite – un « coup de massue » fiscal pour revenir à la barre des 3 % de déficits publics en 2013, comme s’y est engagé François Hollande. Pour Marini, il manque « environ 10 milliards de mesures » pour 2012. En réaction, le premier ministre Jean-Marc Ayrault accuse l’UMP de « tromper les Français » en affirmant que les mesures décidées par son gouvernement aboutiraient à « 20 milliards de dépenses publiques supplémentaires d’ici cinq ans ».

Mais Pierre Moscovici a bien reconnu indirectement qu’il manquait 10 milliards, comme le souligne Les Echos vendredi. « Si rien n’est fait », a expliqué le ministre de l’Economie, le déficit sera cette année de 5% et non 4,5%, comme prévu. Le différentiel représente ces 10 milliards.

Plus loin que le « un sur deux » dans certaines administrations

Après les léislatives, le gouvernement prévoit sa réforme fiscale. Le candidat Hollande l’avait promise pendant la campagne. Selon Jean-Marc Ayrault, le barème de l’impôt sur le solidarité sur la fortune (ISF) sera relevé en juillet. C’était prévu. La TVA sociale de Sarkozy sera abrogée. Mais pas la hausse de 2 points de la CSG sur les revenus du capital décidée par le gouvernement Fillon, selon Les Echos. Autre piste sérieuse : la réduction de 159.000 à 100.000 euros lors d’une succession (par parent et par héritier) pouvant être transmis en franchise d’impôt. Les heures supplémentaires défiscalisées seraient aussi stoppées, sauf pour les entreprises de moins de 20 salariés.

Pour rester dans les clous, François Hollande va aussi réduire le nombre de fonctionnaire dans certaines administrations. Le sujet est sensible à gauche, si bien que le socialiste est resté dans un certain flou durant toute la campagne. S’il compte créer 65.000 postes de fonctionnaires dans l’éducation et la police sur 5 ans, le chef de l’Etat a promis de le faire à effectif constant. Autrement dit, il faut supprimer 65.000 postes ailleurs. Où ? Fin janvier lors de la présentation de son projet, il avait évoqué le budget de la défense. Durant la campagne, Jérôme Cahuzac, aujourd’hui ministre du Budget, avait reconnu que l’effort de non-remplacement des fonctionnaires partant à la retraite irait plus loin que le « un sur deux » dans certaines administrations. Hollande avait pourtant promis de mettre fin à la mesure de Nicolas Sarkozy. Durant la campagne, l’une des pistes évoquées par certains membres de l’équipe, comme Alain Rousset, portait sur les doublons qui existent entre l’Etat et certaines directions des collectivités territoriales, comme sur la culture ou la jeunesse. L’exécutif pourra-t-il tailler dans les effectifs de la fonction publique sans heurs ? Pour François Hollande, les difficultés, c’est (presque) maintenant.