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Déficit : Marini «n’atteste pas» le dérapage de 20 milliards, mais «plus de 10 certainement»

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F.V.
Le 25.06.2013 à 12:45

Les députés UMP et UDI affirment que le déficit de l’Etat sera plus important de 20 milliards d’euros que prévu. Le président UMP de la commission des finances du Sénat, Philippe Marini, parle de «plus de 10 milliards certainement». «Mensonge», répond le ministre de l’Economie Pierre Moscovici.

C’est une bataille de chiffre. Et derrière une question : la France verra-t-elle son déficit baisser encore moins rapidement que prévu ? C’est ce qu’affirme les parlementaires UMP. Dans un rapport rendu public ce mardi, les députés UMP et UDI soutiennent que le déficit de l’Etat devrait dépasser les 80 milliards d’euros à la fin 2013, au lieu des 61,6 milliards prévus par la loi de finance. Gilles Carrez, président UMP de la commission des finances de l’Assemblée nationale, estime que « le déficit public pourrait dépasser 4% du PIB en 2013, au lieu des 3% prévus à l'origine » du fait de l'absence de « mesures d'économies » prises par le gouvernement.

« Il est clair qu’il y a une dérive, que les recettes fiscales ne rentrent pas comme il était prévu et que le freinage des dépenses de l’Etat ne se fait pas comme il était prévu. (…) Et ceci appellerait un correctif, un collectif budgétaire,  or pour le moment, le gouvernement feint de ne pas avoir les chiffres », affirme pour sa part le président de la commission des finances du Sénat, l’UMP Philippe Marini, invité du 22h de Public Sénat lundi soir (voir la vidéo).

Des députés « singulièrement gonflés »

Si Philippe Marini « n’atteste pas » le chiffre de 20 milliards donné par son collègue de l’Assemblée, parlant « plus de 10 milliards certainement », il ne l’exclut pas pour autant. « Quand je disais à Bernard Cazeneuve qu’il devait considérer le collectif budgétaire, et qu’il répondait  « en aucun cas, à aucun pris », je lui disais « Cher Ministre ne dites pas ‘Fontaine, je ne boirai jamais ton eau’ », ajoute-t-il, soulignant que « le budget était élaboré sur des hypothèses très optimistes, signalées comme telles par le Haut conseil des finances publiques ».

Les leçons de la droite ont pour le moins déplu à l’exécutif. Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a qualifié les députés de l'opposition de « singulièrement gonflés ». « Là où il y un énorme mensonge de la part de la droite, c'est sur le fait que contrairement à eux nous tenons les dépenses », a-t-il affirmé au micro de RTL. Il ajoute : « La dépense de l'Etat a été maîtrisée en 2012 et elle sera maîtrisée en 2013 ». « Nous n'avons pas besoin, contrairement à ce qu'ils disent, de collectif budgétaire, pour ne pas ajouter l'austérité aux difficultés du pays », assure Pierre Moscovici.

« En période de crise, il est normal que la TVA entre moins bien »

L’Etat veut continuer à se montrer vertueux, contrairement à ce que veut laisser croire la droite. Le premier ministre Jean-Marc Ayrault a confirmé mardi matin que les dépenses de l'Etat seraient en diminution de 1,5 milliard d'euros en 2014, après le bouclage par Matignon des lettres plafonds des ministères.

Le rapporteur PS du Budget à l'Assemblée nationale, Christian Eckert, est venu prêter main forte au locataire de Bercy pour répondre à l’UMP. 20 milliards supplémentaires, « c'est évidemment bien exagéré », a affirmé l'élu de Meurthe-et-Moselle. Mais il reconnaît cependant que « nous avons un certain nombre de recettes qui ne sont pas complètement assurées. En période de crise, il est normal que la TVA entre moins bien que cela a pu être le cas »… Mais, assure-t-il, « il n'y a pas d'impasse budgétaire ». Pour Paris, tenir la trajectoire de baisse du déficit est important. Bruxelles a laissé deux années de plus à la France pour ramener son déficit sous la barre des 3%.