Back to Top
×En naviguant sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites.En savoir plus
Mode zen

Quitter le mode zen

La déforestation en Indonésie en débat au Sénat

+A -A
Zied Ounissi
Le 03.12.2012 à 19:52

La présidente du groupe d’amitié France-Indonésie du Sénat, la sénatrice UMP Catherine Proaccia, organisait ce lundi un colloque sur les forêts indonésiennes. Scientifiques, industriels et acteurs associatifs étaient réunis pour discuter des dangers qui menacent la forêt indonésienne.

Interview de la sénatrice du Val-de-Marne Catherine Procaccia.

Pourquoi un colloque sur l’Indonésie ?
L’Indonésie est un pays méconnu en France, avec 245 millions d’habitants, c’est un des pays les plus peuplés au monde, qui fait partie du G20, et pourtant c’est un pays méconnu. Nous avons décidé donc décidé d’organiser ce colloque pour parler de l’Indonésie et d’un des sujets dont on parle beaucoup à son propos, à savoir la disparition de la forêt.

Quels thèmes avez-vous choisi d’aborder ?
Les sujets que nous avons décidé de traiter sont la pâte à papier et les palmiers à huile. Depuis plus d’une dizaines d’années, l’Indonésie a décidé de développer l’industrie de la pâte à papier et les palmiers à huile. La plantation de palmiers à huile a entraîné la destruction d’un certain nombre de forêts primaires. Depuis une dizaine d’années, il y a un gouvernement démocratique qui s’est fixé des objectifs en matière de réduction de la déforestation, de capture de carbone et de dépollution. Nous avons souhaité savoir quelle est la réalité. C’est la raison pour laquelle j’ai essayé de faire venir les différents interlocuteurs, les industriels, les ONG qui critiquent le gouvernement Indonésien, des scientifiques, un scientifique spécialiste forêt et un ingénieur. J’ai eu beaucoup de mal à faire venir des industriels. Au début, il m’avait dit oui mais avec la polémique qu’il y a eu au Sénat sur l’huile de palme, les uns derrières les autres se sont désistés. Nestlé a toutefois accepté de venir, et Ferrero sera présent dans la salle mais n’a pas voulu intervenir.

Quels sont les objectifs de ce colloque ?
L’objectif c’est que les gens se parlent. Chacun dira ce qu’il veut, ce que je veux c’est qu’il y ait un dialogue : que le gouvernement Indonésie puisse expliquer ses choix, que les ONG disent ce qu’il en est, en matière de pâte à papier, comme sur l’huile de palme. D’autant qu’en matière de certification, certaines ONG refusent de certifier les forêts quand d’autres acceptent. Ce sera l’occasion, pour elles de discuter puisqu’elles seront présentes.

Qu’avez-vous pensé de l’amendement « huile de palme » ?
Quand j’ai découvert cet amendement, je m’y suis complètement opposé. Les arguments utilisés me paraissaient incomplets. Tout d’abord, il y a beaucoup d’acides gras saturés dans l’huile de palme, mais il y en a plus dans le beurre, idem dans le camembert et les fromages en génral. Ensuite, parce que le problème essentiel réside dans l’alimentation des pays occidentaux. Les pays d’Asie et d’Afrique ne se nourrissent qu’à l’huile de palme et n’ont pas de cholestérol. Ce n’est donc pas l’huile de palme qui provoque le cholestérol, c’est l’alimentation.

Mais la consommation d’huile de palme ne provoque-t-elle pas de la déforestation ?
Ça reste un danger pour les forêts, mais les communiqués de presse, publiés par la Malaisie et par les Africains, nous expliquent que c’est du « colonialisme ». Eux ne vivent que de ça et nous, sous prétexte qu’on est trop bien nourri, on voudrait supprimer l’huile de palme ! Les producteurs de céréales se sont dits, en 2009, que finalement, ils pourraient attaquer l’huile de palme pour pouvoir vendre un peu plus d’huile… Donc je ne sais pas si c’est un débat aussi simple. J’ai aussi lu un article de Greenpeace, dans lequel, eux expliquent qu’ils ont toujours travaillé sur la déforestation, mais qu’ils n’ont jamais parlé de la nutrition.

La production d’huile de palme n’est donc pas vraiment un danger du point de vue de la déforestation ?
C’est un danger pour les forêts. Mais, je pense que ce n’est pas un danger aussi simple pour l’écologie. On déforeste pour mettre un palmier à huile. Si on veut faire la même chose en tournesol ou en soja, il faut huit ou dix fois plus de surface, donc si on veut produire la même quantité d’huile pour le monde entier, il faut huit fois ou dix fois plus de surface.

Quelques mots pour conclure ?
L’Indonésie est le principal producteur d’huile palme avec la Malaisie et le deuxième producteur au monde, c’est un très grand pays, il y a 245 millions d’habitants, on dit qu’il y en aura 400 à 500 millions à la fin du siècle. Il faudra bien qu’il s’installe quelque part, donc dire, à l’heure actuelle, dire qu’il ne faut pas déforester pour sauver le tigre et l’oran-outan, à mon avis c’est une vison peut-être vraie sur 10 ans, mais dans 40 ans, il faudra placer les hommes, donc l’idée de ce colloque, c’est effectivement que le gouvernement indonésien nous dise quels sont ses objectifs. Est-ce qu’il a l’intention de fixer des limites à la déforestation? Ce que j’aimerais c’est que les gens se parlent. En général, soit on donne la parole aux ONG, soit on donne la parole aux industriels. Le fait de créer des espaces de discussion est nécessaire pour éviter que les uns et les autres développent des positions un peu trop binaires.