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Désir, nouveau patron du PS, doit imprimer sa marque au sein d'un parti revenu au pouvoir

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Le 19.10.2012 à 10:59
Désir, nouveau patron du PS, doit imprimer sa marque au sein d'un parti revenu au pouvoir
© AFP

Harlem Désir, élu jeudi nouveau patron du PS, succédant à Martine Aubry, doit désormais imprimer sa marque sur un parti socialiste au pouvoir après dix ans d'opposition, soutenir la majorité sans être taxé de « parti godillot» et préparer les prochaines échéances électorales.

 Sans surprise, Harlem Désir a été élu premier secrétaire avec 72,5% des suffrages, face à Emmanuel Maurel, représentant de l'aile gauche (27,5%), lors d'un scrutin où ont participé moins de la moitié du corps électoral, selon des chiffres partiels portant sur près de 96% du dépouillement, communiqués peu après 09H00 vendredi.

 Le congrès de Toulouse, du 26 au 28 octobre, l'intronisera officiellement.

 Après les félicitations de Martine Aubry, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, en déplacement à Singapour, a adressé « un message d'encouragement » au nouveau premier secrétaire, annonçant qu'il s'entretiendrait chaque semaine « en tête à tête » avec lui pour permettre une « bonne articulation » entre le gouvernement et le parti.

 Plusieurs défis attendent Harlem Désir. Il doit d'abord asseoir sa légitimité, après les critiques internes qui ont accompagné tout son processus de désignation depuis septembre: un processus jugé « opaque » et « verrouillé », lors duquel M. Désir a été choisi pour conduire la motion à vocation majoritaire, soutenue par tant de poids lourds du PS qu'elle était assurée de l'emporter lors des votes des militants des 11 et 18 octobre.

Lui-même en a convenu, proposant de revoir ce mode de désignation pour revenir à un suffrage direct.

 Autre défi: conduire le PS alors que les socialistes sont au pouvoir. « Pour les sympathisants, l'époque du parti +godillot+ a vécu. Les attentes sont fortes dans la société. Donc il faudra qu'il trouve un juste équilibre entre un soutien sans faille au gouvernement sans apparaître comme un parti +godillot+ », juge le politologue Frédéric Dabi (Ifop), interrogé par l'AFP.

Cette semaine déjà, M. Désir s'est fait entendre, plaidant pour l'inclusion de la question de la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes dans la loi sur le mariage homosexuel, alors que le Premier ministre venait de dire qu'il n'y était pas favorable.

 Le nouveau patron de Solférino est aussi très attendu sur deux thèmes chers aux militants: la rénovation du parti - parité, cumul des mandats - et l'ouverture du parti à la société. Il prône des « ateliers du changement », ouverts aux citoyens ayant participé à la primaire, destinés à « préparer de nouveaux projets qui alimenteront le gouvernement ».

Harlem Désir sera aussi jugé sur sa capacité à répondre à l'UMP. « Il s'agit de mener la bataille idéologique contre la droite qui est en train de faire symbiose avec l'extrême droite, de porter le drapeau républicain face à une droite prête à tout pour conquérir un électorat qu'elle perdu », observe le jeune député Eduardo Rihan-Cypel.

   A moyen terme, il « faudra aussi préparer les élections municipales » de 2014, un scrutin où « traditionnellement le pouvoir en place est sanctionné », souligne M. Dabi.

Enfin, Harlem Désir devra aussi composer, dans les instances dirigeantes, avec les différentes sensibilités de sa motion - les « hollandais », les « aubrystes », les « hamonistes », les « royalistes ».

Depuis août, toutes se livrent à une bataille interne, celle pour les postes au sein des instances dirigeantes.

 Les divers courants de la motion majoritaire réclament tous une part importante des 143 postes obtenus (sur 204, selon le score obtenu par leur motion) au conseil national, le parlement du parti.

Des négociations devraient commencer en début de semaine prochaine avec l'objectif de se clore au congrès, mais elles s'annoncent comme un « vrai casse-tête », selon l'un des négociateurs, qui résume: « Cela va revenir à mettre deux litres d'eau dans une bouteille de 75 cl ».

Alors que ses détracteurs affirment qu'il n'a pas de troupes au sein du PS, M. Désir devra aussi composer avec les promoteurs des quatre autres motions déposées pour le congrès, en premier lieu l'aile gauche, qui a fait un score honorable.

Harlem Désir assure qu'il veut le « rassemblement de tous les socialistes », espérant pouvoir « faire la synthèse » à Toulouse.