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Déchéance : l’exécutif cherche « un compromis » pour éviter « la stigmatisation » affirme Didier Guillaume

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François Vignal
Le 14.01.2016 à 16:22

« Nous restons sur la déchéance pour les binationaux mais ni stigmatisation, ni apatridie » a affirmé le président du groupe PS, Didier Guillaume. « Il va y avoir du sport » croit-il, alors que Gérard Larcher pense que la droite sénatoriale ne votera pas conforme le texte.

Comment sortir du débat à gauche sur la déchéance de la nationalité, tout en s’assurant du soutien de la droite, indispensable pour l’adoption de la réforme de la Constitution par les 3/5 du Congrès ? C’est la « difficile » équation que doit résoudre l’exécutif. « Nous restons sur la déchéance pour le binationaux mais ni stigmatisation, ni apatridie, on travaille là-dessus » a expliqué jeudi lors de ses vœux à la presse Didier Guillaume, président du groupe PS du Sénat.

« Ce n’est pas dans notre ADN, mais après tout, pourquoi cela ne le deviendrait-il pas ? »

Ce « compromis » est en cours d’élaboration. « Nous avons essayé avec le chef de l’Etat, le premier ministre, le président de la commission des lois de l’Assemblée nationale (Jean-Jacques Urvoas, ndlr) de trouver une rédaction du texte constitutionnel qui ferait qu’à la fois, il n’y ait pas de stigmatisation » pour les « 3,5 millions de concitoyens binationaux », tout en permettant « que cette déchéance ait lieu, tout en aplanant les doutes et les craintes » a expliqué le sénateur de la Drôme dans les locaux de la questure du Sénat.

Il reconnaît la difficulté pour ses camarades socialistes d’accepter la déchéance. « Ce n’est pas dans notre ADN, ce n’est pas dans notre culture. (…) Mais je souhaite qu’on dépasse le dogmatisme pour être un peu plus pragmatique. Il y a des moments où il faut évoluer. Ce n’est pas dans notre ADN, ni dans les valeurs que nous avons défendues jusqu’à maintenant. Mais après tout, pourquoi cela ne le deviendrait-il pas ? A condition qu’on ne montre pas du doigt les binationaux. C’est là-dessus notre désaccord. Nous devons trouver une solution de rédaction » souligne Didier Guillaume.

« Il va y avoir du sport »

Si au groupe PS de l’Assemblée, la mesure passe vraiment mal, l’opposition serait moins forte chez ses collègues du Sénat. Ils ont en discuté mardi dernier en réunion de groupe. Un trait propre au groupe PS de la Haute assemblée, généralement moins frondeur que les députés, à l’exception du texte sur le non-cumul ou la réforme territoriale qui divisaient davantage. Le président de groupe pense qu’« une très large majorité du groupe votera le texte sur les binationaux. De l’ordre de 70% » affirme Didier Guillaume. Certains, comme Bariza Khiari, ne peuvent cependant accepter le principe.

Si les sénateurs socialistes pourraient être une majorité à voter le texte, les voix de la droite sénatoriale seront aussi nécessaires. A écouter hier le président du Sénat, Gérard Larcher, ce n’est pas complètement fait. Il a d’ores et déjà prévenu que le Sénat ne votera pas conforme le texte, ralentissant son adoption. « Il va y avoir du sport dans les jours et semaines qui viennent. Surtout comme j’ai entendu le président du Sénat qui disait que de toute façon il n’y aurait pas de vote conforme » a prévenu Didier Guillaume. « Et comme dans une loi constitutionnelle, il n’y a pas de CMP, il y a forcément des allers/retours. Ça peut durer. On a aimé le premier acte, on va peut-être en aimer d’autres. J’espère que ça ne durera pas trop quand même ». Les Français aussi peut-être.