Back to Top
×En naviguant sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites.En savoir plus
Mode zen

Quitter le mode zen

Déchéance de nationalité : « Une erreur » de Valls et Hollande, selon David Assouline

+A -A
François Vignal
Le 17.03.2016 à 16:40

La liste des opposants à l’article 2 sur la déchéance augmente chez les sénateurs PS. De 28, ils sont maintenant 33 sénateurs à signer l’amendement de suppression dans le cadre de l’examen de la révision constitutionnelle. Même Frédérique Espagnac, sénatrice PS proche de François Hollande, a un temps apporté sa signature, avant de la retirer… Le message aurait été peut-être trop fort de la part d’un soutien fidèle du chef de l’Etat. Au total, se sont environ 70 sénateurs qui pourraient voter contre l’article 2, en comptant les communistes, les écologistes, 6 UDI voire quelques Républicains.

Reste que l’opposition des sénateurs PS compte pour du beurre : la majorité sénatoriale est à droite. Elle devrait voter sa version de l’article 2, modifiée afin de viser les binationaux et ne pas créer d’apatrides. Mais comme à l’Assemblée, on voit que la mesure divise clairement les socialistes. Près d’un tiers du groupe est maintenant contre la mesure. Certains ne sont pas des va-t-en-guerres, comme François Patriat ou Jean-Pierre Sueur. Bariza Khiari, première signataire, en espère encore d’autres lors du vote en séance. « On a envoyé cet amendement à environ un tiers du groupe. Je pense qu’il y en aura plus qui seront contre la déchéance. C’est au-delà du cercle des frondeurs » confirme la sénatrice de Paris.

« Je pense qu’ils se sont trompés »

David Assouline, lui, a signé l’amendement. L’ancien porte-parole du PS pointe « l’erreur » de l’exécutif, avec une réforme « qui n’est pas conforme à ce qu’on a toujours fait avec la Constitution » (voir la vidéo). « Il y a une espèce de mise en scène du thème de la déchéance de nationalité par une droite extrême ou une extrême droite, comme symbole d’une société qui exclurait ou montrerait du doigt une partie de la population », souligne-t-il, à la différence de la gauche qui met en avant « l’égalité », comme « valeur de rassemblement ».

François Hollande et Manuel Valls « veulent envoyer un autre symbole d’adhésion à la Nation », reconnaît David Assouline, mais « je pense qu’ils se sont trompés », soutient-il. « Si les choses sont si confuses depuis, c’est bien qu’il y a une erreur à l’origine. Je ne leur en veux en rien sur leur intentions, mais à un moment donné, quand on voit que ce n’est pas ce qu’on voulait, on dit qu’on arrête là ». Que David Assouline se rassure : la perspective d’un accord entre Sénat et Assemblée semblant impossible sur ce point, c’est bien ce qui devrait arriver.