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Départ de Taubira : « C’est le dernier symbole de la gauche qui s’en va avec panache »

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François Vignal
Le 27.01.2016 à 12:53
Départ de Taubira : « C’est le dernier symbole de la gauche qui s’en va avec panache »
© AFP/LOIC VENANCE

Les frondeurs du PS dénoncent un « rétrécissement » de la majorité après la démission de Christiane Taubira. Un départ qui n’arrangera pas non plus les relations avec EELV. « C’est le dernier ministre vraiment de gauche » qui part, selon la sénatrice écologiste Esther Benbassa.

Le départ de Christiane Taubira bouscule l’équilibre politique du gouvernement et pourrait ne pas être sans conséquences pour 2017. Après les départs ou mise à la porte d’Arnaud Montebourg, Benoit Hamon et Aurélie Filippetti, c’est la dernière figure marquée clairement à gauche qui quitte le gouvernement. C’est aussi une victoire de la ligne Valls, qui s’est opposé à de nombreuses reprises à la garde des Sceaux.

« Rabougrissement de la majorité gouvernementale »

Les frondeurs du PS, volontiers critiques à l’égard de François Hollande et de Manuel Valls, se sentent un peu orphelins ce mercredi matin. Christiane Taubira était proche de leur ligne plus sociale. Elle avait fait une visite surprise et remarquée à une de leur réunion, lors de l’Université d’été du PS de 2014 (voir notre article).

Le député PS Laurent Baumel, l’un des frondeurs les plus actifs, a rendu « hommage à Christiane Taubira ». Tout en tirant cette conclusion : « Hollande rétrécit encore la majorité de 2012 » a-t-il pointé sur Twitter.

Même constat du député européen PS Emmanuel Maurel, l’un des responsables de l’aile gauche,  qui parle de « rétrécissement continu du périmètre de la majorité. #peaudechagrin ».

« Le Président voulait après les événements de novembre rassembler tous les Français. Et il fracasse son camp… » réagit Marie-Noëlle Lienemann, la sénatrice PS membre de l’aile gauche du parti ajoute, interrogée par publicsenat.fr. Entre « la déchéance et les conditions de mise en œuvre de la prolongation de l’état d’urgence, où elle n’a pas réussi à renforcer l’intervention de la justice au détriment du tribunal administratif, ce n’était plus tenable » souligne-t-elle. « Je pense que c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ». Conséquence de ce départ : « Une réduction de la voilure. La direction du PS n’a fait que 60% des votes au PS. Donc il manque 40% des socialistes, mais aussi les écologistes. Ça fait un rabougrissement de la majorité gouvernementale ».

« La gauche s’éloigne de plus en plus de François Hollande »

Chez Europe Ecologie-Les Verts, le départ de Christiane Taubira ne va pas favoriser un éventuel rapprochement ou retour des écologistes au gouvernement. « C’est le dernier ministre vraiment de gauche (qui part), ou tout au moins qui avait des idées de gauche. Les autres sont de braves petits soldats. C’est le dernier symbole de la gauche qui s’en va avec panache, avant que Valls ne l’ai mise à la porte. C’était une femme fidèle à ses convictions. Je l’ai bien connue, avant qu’elle soit ministre. C’est une personne qui a des convictions, un sens de l’honneur et de l’Etat », affirme à publicsenat.fr la sénatrice EELV Esther Benbassa.

Elle salue son opposition à la déchéance pour les binationaux, qui créerait « une France à deux vitesses ». La sénatrice dénonce l’attitude du premier ministre : « Manuel Valls a pris les choses en main en la traitant comme une petite fille. « Allez hop, au placard ! » Ce n’est pas une petite fille qu’on met au placard ». Esther Benbassa espère que Christiane Taubira, libérée de ses obligations gouvernementales, « va secouer un peu Valls et sa compagnie. La gauche s’éloigne de plus en plus de François Hollande. Et pourtant, Hollande aura besoin de sa gauche pour qu’on vote pour lui. Mais en perdant ce symbole, il y aura encore plus d’abstentionnistes ». Avec le départ de Christiane Taubira, c’est aussi peut-être l’ambition et l’espoir pour François Hollande de rassembler la gauche en 2017 qui s’évapore. Dans cette éventualité, les conséquences ne seront pas minces pour le chef de l’Etat.