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Des sénateurs PS veulent inclure le droit de vote des étrangers dans la révision constitutionnelle

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François Vignal (images : Marie Bremeau)
Le 14.03.2016 à 18:48

C’est l’une des promesses de campagne de François Hollande en 2012 : le droit de vote des étrangers non membres de l’Union européennes aux élections locales. Promesse qui n’a pas été tenue, faute de majorité requise, a expliqué jusqu’ici l’exécutif. Le droit de vote des étrangers aux élections locales nécessite une révision de la Constitution.

Certains socialistes veulent profiter du projet de loi de révision constitutionnelle, qui introduit la déchéance de nationalité et l’état d’urgence dans la loi fondamentale, pour rappeler le chef de l’Etat à ses promesses. Les sénateurs PS Bariza Khiari, Michèle Meunier, Samia Ghali, Jean-Yves Leconte et Annie Guillemot ont déposé un amendement en ce sens. L'examen du texte débute mercredi en séance au Sénat.

« On a démarré le quinquennat avec la promesse du vote et on le termine sur la déchéance »

« Peuvent également être électeurs aux scrutins locaux, dans les conditions déterminées par la loi, les étrangers majeurs des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques, non ressortissants de l’Union européenne et résidant régulièrement en France » selon le texte. L’objet de l’amendement ne manque pas de sel : « Honorer une promesse de trente ans »… A l’Assemblée, c’est l’ancien ministre Benoît Hamon qui avait déposé un amendement similaire.

« On fait applaudir des milliers de personnes dans les meetings sur la question du droit de vote et quand il faut y aller, on n’y va pas, on va au contraire sur la déchéance. Ce n’est pas possible. On a démarré le quinquennat avec la promesse du vote et on le termine sur la déchéance. Pour moi, ce n’est pas possible en termes de valeurs » explique Bariza Khiari à Public Sénat (voir la vidéo). Pour elle, « terminer sur la déchéance, c’est un échec sur nos engagements, nos valeurs et notre éthique de conviction », « c’est une grosse déception, comme pour beaucoup d’autres » regrette-elle, soulignant qu’elle n’est « pas une frondeuse, pas du tout ». Mais « la parole publique est importante. Quand il n’y a pas de respect de la parole publique, il ne faut pas s’attendre à ce qu’on soit respecté de nos électeurs »…

 
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