Document confidentiel du ministère de l'Education : « Du jamais vu ! »

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Audrey Pelé
Le 01.06.2010 à 12:12

Supprimer des postes dans l’Education nationale sans « dégrader les performances globales ». C’est le casse-tête que tente de résoudre le gouvernement, selon un document confidentiel que s’est procuré Le Monde, le ministère propose des pistes pour arriver à la suppression de 15000 à 17000 postes en 2011 : augmentation de la taille des classes, fermeture ou regroupement de petites écoles, diminution de la scolarisation des enfants de moins de 3 ans… Un cocktail explosif que dénonce Gilles Moindrot, secrétaire général du syndicat SNUipp-FSU. Entretien.

Quel est votre réaction suite à la révélation de ce document ?
Je suis à la fois stupéfait et très en colère. Le ministère a décidé de modifier la carte scolaire alors que jusqu’ici il y avait une concertation avec les organisations syndicales. Cette situation soulève la colère de nos collègues. On voit dans ce document les conséquences du non-remplacement d’un enseignant sur deux qui part à la retraite.

Ce document officialise donc la position du gouvernement ?
C’était un dogme répété mais là on découvre les conséquences concrètes pour chaque école. On s’aperçoit des conséquences néfastes car des hypothèses sont proposées aux recteurs d’académie. Par exemple il s’agit d’augmenter le nombre d’élèves par classes, ainsi ils gagnent 6000 à 7000 postes. 20%  des écoles vont perdre une classe. C’est inédit, c’est du jamais vu ! En maternelle le gouvernement veut également continuer de diminuer la capacité d’accueil des élèves et réduire le personnel chargé de remplacer les enseignants en congé maladie ou maternité. Ils seront ainsi remplacés par des vacataires qui ne sont pas les mieux formés. Enfin le document propose de regrouper les petites écoles. Cela créera un effet de structure pour fermer des classes. C’est toujours plus facile de fermer une classe dans une école qui compte 8 classes que de fermer une classe dans une école de 2-3 classes.

Avec ce document, pensez-vous que les jeux sont faits ?
Le ministère s’en tient aux exigences gouvernementales. Il les applique. Le document donne des orientations aux recteurs. Dans ce texte, le ministère d’ailleurs abandonne toute idée d’amélioration de la réussite des élèves puisqu’il précise dans le document de ne « pas diminuer la performance globale ». C’est donc le statu quo. C’est l’abandon du système du mieux faire.

Quelles sont donc vos attentes à présent ?
Nous voulons que le gouvernement rompe avec la règle du non-remplacement d’un enseignant fonctionnaire sur deux partants à la retraite ? Sans augmenter les moyens on peut faire des choses. Des contraintes pèsent mais le gouvernement est tendu vers un seul objectif : diminuer le nombre d’enseignants. Même dans une situation de crise, hypothéquer l’école c’est hypothéquer l’avenir des jeunes et les possibilités de croissance et de développement économique. Résultat, nous serons présents à la journée de mobilisation du 24 juin.

 
Martin
Je pense qu'ils se sont inspirés de l'article de Saul Cooperman intitulé "Increase Class Size— And Pay Teachers More"

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