×En naviguant sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites.En savoir plus
Mode zen

Quitter le mode zen

Drame de Grenoble : quand Hollande fait du Sarkozy

+A -A
François Vignal
Le 02.10.2012 à 12:57

Publicsenat.fr VOD

La visite surprise de François Hollande lundi soir à Echirolles, en banlieue de Grenoble, où deux jeunes sans histoire ont été tués, rappelle les déplacements de terrain de l’ex-ministre de l’Intérieur et chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy : confrontation avec les habitants, le tout sous l’œil des caméras.

Un fait divers dramatique. Un déplacement. La formule rappelle quelque chose. Après que deux jeunes sans histoire ont été tués vendredi lors d’une rixe, François Hollande a fait lundi soir une visite surprise, en compagnie du ministre de l’Intérieur Manuel Valls, à Echirolles, en banlieue de Grenoble. Une visite suivie d’une dizaine d’interpellations.

Le chef de l’Etat, entouré de nombreuses caméras, micros et photographes, se fend un chemin au milieu des habitants. L’ambiance est tendue,  mais François Hollande semble plutôt accueilli favorablement (voir la vidéo ci-dessus). « M. le Président, nous sommes des Français normaux, on veut vivre dans la paix et la dignité ! » lance une personne. « J’ai voté pour vous. Tout ces gens-là ont voté pour vous », rappelle une autre. Sous l’œil des caméras, François Hollande répond directement : « On est venu pour ces familles et pour vous. (…) Justice sera faite ». « Merci à vous ! » lance une femme avant que le chef de l’Etat remonte dans sa voiture. « Je reviendrai vous voir », promet Hollande.

Se montrer en action et agir vite

Retour en arrière. 20 juin 2005. Un enfant de 12 ans vient d’être tué par balle à la Courneuve la veille, dans la cité sensible des 4000. Le ministre de l’Intérieur de l’époque s’empresse de se rendre sur place pour rencontrer directement les habitants. Les caméras sont là. Le ministre s’appelle Nicolas Sarkozy. Il promet de « nettoyer au propre comme au figuré » le quartier. Le contact est plus tendu que pour François Hollande aujourd’hui. Mais le principe est le même : se montrer en action devant les Français et agir vite dès qu’un drame marque l’actualité. Les socialistes, il n’y a pas si longtemps, n’avait pourtant de cesse de critiquer l’activisme communicationnel de Nicolas Sarkozy, en tant que ministre de l’Intérieur puis Président.

Cinq mois après son élection, les choses ont changé pour François Hollande. Le changement, c’est maintenant et depuis la rentrée. Accusé d’immobilisme depuis la rentrée, il se retrouve cette fois-ci contraint d’aller sur le terrain comme le faisait Nicolas Sarkozy. L’ex-chef de l’Etat a marqué de son empreinte l’exercice de la fonction. Les socialistes, confortés par l’anti-sarkozysme durant la campagne, l’avaient sous-estimé. Et s’il est difficile d’avoir des résultats à court terme sur l’emploi, il reste pour François Hollande un domaine d’action plus visible où la gauche, souvent accusée par le passé de laxisme, entend ne pas se louper : la sécurité. Si Manuel Valls, invité ce soir du 20 heures de France 2, annonce une nouvelle loi, la copie sera parfaite.