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Durement sanctionné, Sarkozy en position délicate face à Hollande

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Le 23.04.2012 à 00:01
Durement sanctionné, Sarkozy en position délicate face à Hollande
© AFP

Après cinq ans d'un mandat de crises, Nicolas Sarkozy a été sanctionné dimanche dès le premier tour de la présidentielle en n'obtenant que 26,90% des voix, score qui rend très délicate sa réélection face à François Hollande.

La « surprise » tant espérée n'a pas eu lieu. A l’issu du premier tour, François Hollande (28,10%) devance Nicolas Sarkozy (26,90%). L'équation électorale posée au Président et candidat UMP était difficile. Ses stratèges répétaient depuis des semaines qu'il lui fallait virer à tout prix en tête au soir du premier tour pour espérer créer une « dynamique » et inverser le rapport de forces avec son rival socialiste.

A la lecture des résultats de dimanche soir, c'est un échec. Nicolas Sarkozy se qualifie pour la finale du 6 mai avec un score nettement en retrait par rapport à celui qu'il avait obtenu il y a cinq ans (31,18%). Le président le plus impopulaire de la Ve République devient le premier président sortant à ne pas s'imposer à l'issue d'un premier tour.

Malgré le ton très à droite de son discours de campagne, le candidat UMP n'est pas parvenu à rééditer le « siphonnage » des voix du Front national réussi en 2007, qui lui avait permis de reléguer Jean-Marie Le Pen à 10,74% des voix. Sa fille Marine Le Pen en a obtenu dimanche près du double et atteint un score historique de 18,76%.

Les voix de gauche progressent

En outre, le total des voix de gauche a nettement progressé. A l'inverse du candidat du PS, assuré de bons reports de la part des électeurs de Jean-Luc Mélenchon (10,89%) et d'Eva Joly (2,19%), Nicolas Sarkozy doit maintenant rallier les suffrages de ceux de Marine Le Pen et François Bayrou (9,19%), alors même qu'ils n'ont pas ménagé leurs critiques contre lui.

Devant ses partisans, le chef de l'Etat a attribué ses résultats à « un vote de crise témoignant de leurs inquiétudes, de leurs souffrances et de leurs angoisses ». Et ses lieutenants de souligner que le combat n'était pas joué. « Ce qui s'est produit très régulièrement, c'est que le candidat qui est arrivé en tête ne gagne pas », a dit Brice Hortefeux.

Pendant les deux mois de sa campagne, Nicolas Sarkozy avait pourtant tout fait pour éviter le scénario d'un référendum pour ou contre lui et tenter de masquer son bilan plombé par les crises.

Grand écart

Dès son entrée en lice, Nicolas Sarkozy s'est présenté comme « le candidat du peuple » contre les élites et a adopté un ton très à droite, inspiré par son conseiller officieux et très influent Patrick Buisson. D'estrades en studios, il a agité les dangers de l'immigration, dénoncé les « corps intermédiaires », insisté sur les frontières de Schengen ou reparlé d'identité nationale.

Pour compléter ce discours, il a raillé « le manque d'expérience » de François Hollande et agité le chiffon rouge d'une victoire de la gauche.

Cette recette a permis à Nicolas Sarkozy de remonter son handicap sur François Hollande dans les sondages et même de le dépasser à la mi-mars. Mais sa progression s'est arrêtée début avril.

Pour inverser la tendance, il dispose de quinze jours pour attirer vers lui les électeurs du FN et ceux du MoDem dans un grand écart que ses proches ont voulu minimiser. « Le besoin d'ordre public s'adresse à la même personne que le besoin social », a assuré la secrétaire d'Etat aux solidarités Marie-Anne Montchamp.

« Un nouveau match qui commence »

Vu le très haut score obtenu par Marine Le Pen, le président-candidat a clairement affiché dès dimanche soir son intention de s'adresser d'abord aux électeurs du FN en maintenant le cap à droite. Même si sa stratégie destinée à assécher le score du FN a échoué au premier tour.

« Le souci de nos compatriotes de préserver leur mode de vie est la question centrale de cette élection », a-t-il fait valoir en citant « le respect de nos frontières, la lutte déterminée contre les délocalisations, la maîtrise de l'immigration, la valorisation du travail, la sécurité ».

Dans la foulée, Nicolas Sarkozy a fait un clin d'oeil aux électeurs de Marine Le Pen en appelant à le rejoindre « ceux qui mettent l'amour de la patrie au-dessus de toute considération partisane ».

Plus déterminé que jamais à engager le duel avec François Hollande, le candidat UMP a proposé, comme un défi, de tenir non plus un mais trois débats entre les deux tours. « Tout doit être débattu, sans hypocrisie, sans esquive, sans faux-fuyant », a-t-il lancé à son rival. « Les Français ont le droit à la vérité et à la clarté, nul ne pourra se dérober ! »

« Nous étions à neuf contre un, cette fois nous sommes à un contre un », a renchéri le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, pour qui « c'est un nouveau match qui commence. »