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EELV : « pas vocation à être des strapontins » affirme Noël Mamère

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Thomas Leroy
Le 18.06.2012 à 17:30
EELV : « pas vocation à être des strapontins » affirme Noël Mamère
© afp
Hormis les socialistes, ce sont les écologistes qui peuvent se réjouir des élections législatives. EELV est désormais capable de former un groupe à l’Assemblée. Et déjà, les députés réfléchissent à l’élection de leur chef de file. Mamère propose un binôme à tête du groupe.

Ce deuxième tour, les écologistes l’ont vécu comme un véritable soulagement. Désormais, capables de former un groupe à l’assemblée nationale, les députés Europe Ecologie – Les Verts ne cachent pas leur enthousiasme. « Joie, bonheur » pour Barbara Pompili, élue pour la première fois dans la Somme. « Fierté, émotion » pour Noël Mamère, élu dans la 3ème circonscription de Gironde « car c’est la 1ère fois dans l’histoire des Républiques qu’il y a un groupe écologiste à l’Assemblée. »

Ils seront 17 à siéger pour la prochaine législature, le minimum demandé étant de  15 députés pour pouvoir former un groupe. Un chiffre-plancher que les écologistes n’étaient pas assurés d’obtenir, en raison d’une campagne présidentielle ratée qui s’est soldée par un score faible (2,31%). Un échec qui aurait pu remettre en cause l’accord PS/Verts signé plusieurs mois plus tôt qui réservait une quarantaine de circonscription aux écolos. Arnaud Montebourg ou encore Gérard Collomb avaient entaillé, sans succès, le « contrat » entre les deux partis.  «J’étais plutôt confiant, explique le député vert François de Rugy. Il fallait apporter un démenti à tous ces cassandres. »

« Un aiguillon pour la majorité »

« Il ne faut pas se glorifier non plus » prévient Noël Mamère, conscient que ce bon résultat n’aurait pu être réalisé sans le parti socialiste. « Nous sommes en train de rééquilibrer petitement notre représentativité politique » indique t-il rappelant la nécessité « d’une part de proportionnelle » à l’Assemblée comme l’a promis François Hollande.

Enhardis par la formation de leur groupe parlementaire, les Verts n’ont pas vocation à être des strapontins, » insiste Noël Mamère, reproche qu’on leur faisait à l’époque de la gauche plurielle. Et tant pis si le parti socialiste a obtenu la majorité absolue. « Il faut être présent pour voter! » insiste François de Rugy. La droite s’est déjà faite avoir en se retrouvant en infériorité numérique, le temps d’une session. « Le PS n’a pas intérêt à  se mettre dans ce genre de situation », prévient le député vert.
 « Ce sera plus difficile pour nous d’exister » souligne Noël Mamère qui souhaite que le groupe soit « un aiguillon pour la majorité ».

Un binôme pour présider le groupe vert

Avant de picoter les socialistes, les Verts devront régler un problème de taille. Celui de nommer leur chef de file dans l’hémicycle. Ils sont déjà trois (tous des hommes) à proposer leurs services. Denis Baupin s’est dit ce matin « disponible pour prendre des responsabilités dans le groupe EELV » précisant qu’il n’avait « pas arrêté son choix. » Il en a profité pour prévenir toute  « annonce tonitruante d'une candidature par média interposé ».

Raté. Noël Mamère propose lui aussi de prendre les rênes du groupe. Avec une démarche différente. « A l’image de ce qui existe déjà au Bundestag (parlement allemand) ou au parlement européen (où le groupe écologiste est conjointement dirigé par Daniel Cohn-Bendit et Rebecca Harms), je propose un binôme homme-femme pour présider le groupe EELV à l’Assemblée Nationale » affirme t-il. « Ce serait un signe fort pour la parité et la gouvernance. » pour le moment, il n’a pas précisé quelle députée pourrait le rejoindre pour former ce duo. Peut-être Barbara Pompili, qui trouve l’idée d’un binôme« sympa » refusant pour le moment de prononcer sur cette possible alliance.

Cela impliquerait de modifier le règlement intérieur de l’Assemblée national qui n’autorise qu’un seul président pour les groupes politiques. « Sur le principe, c’est intéressant, » note François de Rugy. « Mais s’il faut modifier la loi, ce ne sera pas opérationnel tout de suite. » D’ailleurs, François de Rugy est lui-même  candidat, pour « transmettre (son) expérience à ses collègues nouvellement élus et veiller à ce que tout le monde puisse prendre ses marques. »

Dès demain, les députés EELV se retrouveront pour une première réunion. C’est une nouvelle élection qui commence, au sein même du groupe écologiste.